Synopsis : Nathan Caine est atteint d’une maladie hors du commun : il ne ressent pas la douleur physique. Lorsque la banque où il travaille est un jour braquée, et sa petite amie prise en otage, il s’engage dans une course sanglante pour la retrouver.
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Pourtant sans grande prétention à l’origine, la nouvelle comédie d’action du duo de réalisateurs Dan Berk et Robert Olsen a démarré fort au box-office américain et fait désormais de l’ombre à la production de Bong Joon-ho Mickey 17. S’il ne révolutionne pas le genre, et ne cherche pas à le faire, Novocaine réussit à s’imposer comme un divertissement efficace et plutôt bien rythmé. Berk et Olsen ont déjà prouvé leur talent avec leurs premiers projets comme Villains (2019), un film mêlant comédie noire et suspense, qui leur a valu une certaine percée dans le milieu du cinéma indépendant. Pas encore présents dans le milieu des grosses productions hollywoodiennes, les deux amis cinéastes se distinguent par une direction artistique soignée, où l’humour et la violence se côtoient sans jamais tomber dans l’excès. Une ligne de conduite qu’ils poursuivent dans Novocaine. Si ce nouveau long-métrage n’a pas la profondeur de certaines grandes œuvres du genre, il réussit à séduire par son ton décalé et son sens du rythme, une qualité souvent négligée dans des productions de plus grande envergure. L’histoire repose sur une idée originale : Nathan Caine, banquier introverti, est atteint d’une maladie rare qui l’empêche de ressentir la douleur. Il se voit alors contraint de repousser ses limites lorsqu’il entreprend de sauver sa petite amie prise en otage par des malfaiteurs. Si l’intrigue suit un schéma narratif relativement classique autour des thèmes de braquage, amour et vengeance, elle demeure bien menée et propose un bon équilibre entre tension et moments plus légers. Le rythme soutenu ne laisse que peu de place aux temps morts, bien que certains rebondissements restent prévisibles. Les scènes d’action sont maîtrisées, soutenues par une violence particulièrement brutale et sanglante, et par une mise en scène simple mais bien orchestrée. L’utilisation répétée de cet effet ralenti, censé accentuer l’intensité des combats, devient toutefois vite pénible et redondante. Un effet de style tout à fait dispensable.
Jack Quaid The Boys, Scream) confirme ici son ascension à Hollywood avec une performance convaincante, apportant à son personnage une dualité intéressante. Il est à la fois vulnérable de par sa maladie, et redoutable en traqueur sanguinaire malgré lui. Son jeu oscille habilement entre naïveté et détermination, rendant Nate attachant en dépit de la spirale de violence dans laquelle il plonge. Amber Midthunder (Prey, Ice Road), bien que d’abord cantonnée à un rôle de demoiselle en détresse, parvient tant bien que mal à donner quelque peu de relief à son personnage. Le reste du casting, composé notamment de Ray Nicholson (Smile 2, Désir Fatal) et Jacob Batalon (Spider-Man), offre une dynamique plaisante mais reste tout aussi sous-exploité.
Sans surprise, Novocaine suit les codes du genre jusqu’à son dénouement, restant fidèle à son ton initial. La fin reste tout à fait convenue, mais elle conclut l’histoire avec une montée en intensité bien dosée. Le film remplit son contrat, sans essayer d’être plus que ce qu’il n’est réellement : une aventure alliant suspense, action et une dose d’humour bien placée, sans jamais se prendre trop au sérieux. Il saura très bien satisfaire les amateurs d’action en quête d’un bon moment.
Norane Chiali
- NOVOCAINE
- Sortie salles : 26 mars 2025
- Réalisation : Dan Berk et Robert Olsen
- Avec : Jack Quaid, Amber Midthunder, Jacob Batalon, Ray Nicholson, Betty Gabriel, Evan Hengst, Matt Walsh, Lou Beatty Jr…
- Scénario : Lars Jacobson
- Production : Joby Harold, Tory Tunnell, Drew Simon, Julian Rosenberg et Matt Schwartz
- Photographie : Jacques Jouffret
- Montage : Christian Wagner
- Décors : Kara Lindstrom
- Costumes : Jodi Bowers
- Musique : Lorne Balfe et Andrew Kawczynski
- Distribution : Paramount Pictures France
- Durée : 1 h 50

