Roman / Victime 2117 de Jussi Adler-Olsen : critique

Publié par Jacques Demange le 26 janvier 2020

Résumé : Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe. Mais pour Assad, qui oeuvre dans l’ombre du Département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs. Il est temps pour lui d’en finir avec les secrets et de révéler à Carl Mørck et à son équipe d’où il vient et qui il est. Au risque d’entraîner le Département V dans l’oeil du cyclone. Qui est Assad ? Victime 2117 est la réponse. Cette enquête est son histoire.

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Victime 2117 - livre

Victime 2117 – livre

Le nom de Jussi Adler-Olsen est bien connu des amateurs de polars. Avec sa série des Enquêtes du département V, dont le présent ouvrage constitue le huitième volume, le romancier s’est rapidement imposé comme l’une des figures centrales du récit policier à la sauce danoise. L’immense succès de ces différents ouvrages n’a pas tardé à interpeller l’industrie cinématographique qui depuis 2013 a déjà proposé quatre adaptations de la saga littéraire d’Adler Olsen (Miséricorde, Profanation, Délivrance, Dossier 64). Ces films, made in Denmark, ont de leur côté rapidement consolidé un réseau de fans, ce qui laisse présager que les aventures du département V sur grand écran sont loin d’être terminées. Mais que vaut cet ultime opus littéraire ? L’écrivain reprend ici la recette de ses précédentes parutions. Un séquençage marqué, alternant différents points de vue, une enquête haletante marquée par un contexte contemporain aux consonances politiques et sociales (les attentats terroristes et la tragédie des immigrants), le basculement constant entre les petites et la grande Histoire travaillant l’axe narratif principal d’une mosaïque de micro-récits intimistes. L’amateur évolue donc en terrain connu, tandis que le nouveau lecteur n’aura aucun mal à être pris par l’histoire, même s’il n’a pas lu les autres volumes de la série. Il faut donc reconnaître à Adler-Olsen une certaine efficacité dans sa narration, ainsi que sa maîtrise d’un univers cohérent et à la mécanique parfaitement huilée.

 

Les indices sont disséminés de façon intelligente, les portraits des personnages sont précis et profitent d’une touche d’ambiguïté qui permet d’éviter habilement la caricature (et lorsqu’on choisit de s’intéresser au terrorisme, la chose est importante). Et pourtant, au fil des pages, une absence se fait progressivement sentir. Car si l’écriture ne manque pas de souffle, emportée par un rythme allegro dont la constance force le respect et risque de vous faire passer des nuits blanches, il faut bien remarquer la disparition d’une réelle atmosphère apte à enflammer l’imagination du lecteur.

 

Différentes raisons plausibles à cela. D’abord la longévité de la série dont la parution du premier volume remonte à 2007, ensuite la perte d’un esprit national qui a longtemps fait le succès de la littérature de genre scandinave. Entre l’Espagne, le Danemark, l’Allemagne, l’Irak et la Syrie, le romancier entraîne ses personnages dans une enquête cosmopolite qui, sans jamais prendre le risque de perdre son lecteur, s’oublie parfois dans une limpidité de surface. Le style s’efface donc et se donne tout entier aux exigences du divertissement. On ne peut réellement le reprocher à Adler-Olsen, l’efficacité en littérature comme en cinéma s’acquiert souvent au prix de pertes collatérales. Reste encore la qualité éminemment audio-visuelle de l’écriture du romancier. On imagine ainsi sans peine une adaptation des Enquêtes du département V sur le petit écran, la structure sérielle du roman s’y prêtant naturellement.

 

 

 

  • VICTIME 2117 (Offer 2117)
  • Auteur : Jussi Adler-Olsen
  • Traduction : Carline Berg
  • Éditions : Albin Michel
  • Collection : Littérature étrangère
  • Date de parution : 2 janvier 2020
  • Langues: Français, Danois (Politikens Forlag, 2019)
  • Format : 576 pages
  • Tarif : 22,90 € (print) – 15,99 € (numérique)

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