Synopsis : La jeune Parthénope naît en 1950 à Naples. D’une beauté dévastatrice, elle passe sa jeunesse en quête d’amour et de sens, à travers diverses rencontres au fil des décennies, jusqu’à sa retraite.
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Paolo Sorrentino n’a plus tourné pour le cinéma depuis 2021 et La Main de Dieu, lauréat du prix du jury à la Mostra de Venise et s’inspirant de la biographie de Diego Maradona. En 2014, le réalisateur italien remportait l’Oscar du meilleur film étranger pour La Grande Bellezza, une œuvre qui rendait hommage à la splendeur de l’Italie et à la ville de Rome. Sorrentino se trouve être très attaché à son pays et à sa culture, les honorant à travers ses créations, jusqu’à s’intéresser aux grandes icônes italiennes comme le Pape avec la série The Young Pope sortie en 2016. Cette année, il marque son retour en choisissant cette fois pour décor et contexte sa ville natale, Naples. Il façonne à sa manière les aventures d’une jeune femme personnifiant un personnage bien connu dans la mythologie grecque, éponyme même de la ville actuelle de Naples : Parthénope. Avec Parthénope, Paolo Sorrentino nous livre une œuvre d’une splendeur hypnotique, un poème visuel qui exalte la beauté sous toutes ses formes : humaine, philosophique, paysagère et musicale. Chaque plan est un tableau soigneusement composé, où la lumière napolitaine caresse les visages, où les couleurs explosent sans toutefois paraître artificielles, où le bleu intense de la mer accompagne les états d’âme de Parthénope. Dès les premières minutes, le film enveloppe dans une atmosphère de douceur et de sensualité, comme si la brise estivale de Naples parvenait à transpercer l’écran. L’air marin, la chaleur lourde, la langueur des journées sont retranscrits avec une précision sensorielle saisissante, notamment grâce à un travail sur la photographie sublime.
L’actrice principale et mannequin italienne, Celeste Dalla Porta, trouve ici son premier grand rôle au cinéma, et brille par son naturel. Elle incarne cette sirène au charme fatal avec une aisance et une présence déconcertantes. Parthénope est un être lumineux mais aussi solitaire, dont la beauté semble à la fois une bénédiction et une malédiction. Le film trace son histoire au fil des décennies, depuis sa naissance en 1950, entre Naples et Capri, dans une forme d’errance existentielle teintée de mélancolie. Celle-ci ne fait que s’accentuer après le drame qui frappe sa famille à la fin de son adolescence.
Le traumatisme renforce son rapport distant au monde, son regard presque absent, sa difficulté à s’ancrer dans la réalité. Sorrentino offre un voyage au cœur de la vie de cette jeune femme, de ses premières brûlures de l’amour, de la découverte d’un désir à la fois candide et dangereux, de la carrière universitaire qui la passionne autant qu’elle la dépasse, de son rapport conflictuel à la maternité, ou encore des différentes relations qu’elle noue, notamment avec l’un de ses professeurs devenu son mentor.
Parthénope est surtout une œuvre contemplative. Sans suivre de trame narrative traditionnelle, elle enchaîne des scènes presque anecdotiques, des fragments de vie saisis au vol, des rencontres insolites, sans nécessairement créer de connexion entre eux. Certaines scènes suscitent d’ailleurs malaise et incompréhension. Il y a une forme de voyeurisme assumé, que le film met en scène avec ironie : Parthénope est-elle réellement actrice de sa propre histoire, ou est-elle condamnée à son statut de muse figée dans le regard des autres ? Cette question trouve écho dans d’autres moments déroutants, comme certains échanges avec des personnages excentriques qui surgissent et disparaissent sans prévenir, ajoutant une touche presque onirique à l’ensemble.
Parthénope ne cherche à pas à séduire par une progression dramatique, mais se concentre sur les émotions, la beauté des images et de sa musique. L’héroïne suscite admiration et frustration tant elle est mystérieuse et insaisissable. C’est un voyage sensoriel, à la fois éblouissant et mélancolique.
Norane Chiali
- PARTHENOPE
- Sortie salles : depuis le 12 mars 2025
- Réalisation et Scénario : Paolo Sorrentino
- Avec : Celeste Dalla Porta, Stefania Sandrelli, Gary Oldman, Silvio Orlando, Luisa Ranieri, Peppe Lanzetta, Isabella Ferrari, Silvia Degrandi, Lorenzo Gleijeses, Daniele Rienzo…
- Production : Lorenzo Mieli, Ardavan Safaee, Paolo Sorrentino, Anthony Vaccarello
- Photographie : Daria D’Antonio
- Montage : Cristiano Travaglioli
- Décors : Iole Autero
- Costumes : Carlo Poggioli
- Musique : Lele Marchitelli
- Distribution : Pathé Films
- Durée : 2 h 16


