
Anthony Ippolito stars as Sylvester Stallone in I PLAY ROCKY, from Amazon MGM Studios.
Photo credit: Claire Folger
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Ovationnée lors de sa projection en avant-première au Festival International du Film de Toronto (TIFF), la success story entreprend son ascension de la volée de marches qui jalonnent la route pour les Oscars, dans les pas de Green Book.
C’est une posture iconique que dessine la silhouette athlétique sur fond noir au premier plan de l’affiche d’I Play Rocky : celle de Rocky Balboa levant les bras au ciel en un V de la victoire, au sommet des marches du Philadelphia Museum of Art qu’il vient de gravir.
En son centre, un jeune homme, dont la carrure évoque à s’y méprendre celle de Sylvester Stallone à ses débuts, nous toise avec détermination comme on entre sur un ring, tournant le dos à ce décor de cinéma culte qu’est le monumental Benjamin Franklin Parkway.
Triplement oscarisé pour Green Book, l’aîné des Frères Farrelly poursuit son aventure solo dans le cinéma de prestige, à mille lieues des comédies potaches qui ont fait la carrière de la fratrie (Dumb and Dumber, Mary à tout prix, Fous d’Irène, etc.). En convoitant le People’s Choice Award du TIFF, Amazon/MGM déploie la même stratégie festivalière qui avait mené le road trip à travers une Amérique ségrégationniste jusqu’au tapis rouge des Oscars.
I Play Rocky revient sur la prodigieuse histoire vraie d’un aspirant acteur en galère, au physique atypique, faisant le pari le plus désespéré et intrépide de sa carrière. Au mitan des seventies, alors inconnu au bataillon, Sylvester Stallone écrit à la sueur de son front un scénario inspiré du combat mythique opposant Chuck Wepner à Mohamed Ali. Gonflé, le trentenaire joue son va tout en s’imposant dans le rôle principal de ce qui deviendra le film de boxe le plus culte de tous les temps. Encaissant refus sur refus des studios, comme autant de coups sur le ring, Stallone triomphera de l’industrie par KO, arborant l’Oscar du Meilleur film à sa ceinture.
Véritable caméléon, Anthony Ippolito n’en est pas à sa première métamorphose en icône d’ascendance italienne à l’aube de sa consécration. Dans la mini-série The Offer de Paramount+, il se glissait déjà dans la peau d’Al Pacino sur le tournage du Parrain de Francis Ford Coppola. Aussi troublant que l’est son récit miroir d’un outsider challengeant les tenants du titre, Ippolito s’adonne pour I Play Rocky à une performance physique et vocale bluffante, qui pourrait bien propulser sa carrière.
Ambitieusement datée sur le créneau très concurrentiel du week-end de Thanksgiving, en pleine saison des récompenses, la sortie d’I Play Rocky célèbrera les cinquante ans du film iconique, qui mit lui même tous ses adversaires au tapis pour le bicentenaire des États-Unis.
En France, I Play Rocky viendra en découdre sur nos écrans le 23 décembre 2026.
Justine Autissier
