À l’origine, il y a Les portes de la perception, le livre d’Aldous Huxley sur son expérience de la mescaline et autres drogues hallucinogènes. La citation de William Blake, qui lui a fourni le titre de ce livre, inspira également Jim Morrison et Ray Manzarek pour le nom du groupe – The Doors – qu’ils fondèrent en 1965 à Venice Beach avec John Densmore et Robby Krieger. Ils allaient devenir l’un des groupes les plus importants et les plus influents du rock américain.

Adepte de la mise en abyme décalée dans Ca tourne à Manhattan, Une vraie blonde ou encore dans Delirious, souvent accompagné de ses acteurs fétiches Steve Buscemi et Catherine Keener, Tom DiCillo pénètre cette fois les portes de la perception dans ce premier – et unique – documentaire sur les Doors. Avec des images d’archives inédites de 1966 à 1971 et basées sur un film expérimental HWY – An american pastoral réalisé en 1969 par Jim Morrison & Friends, DiCillo reconstitue une véritable œuvre de documentaire envoûtante, narrée par Johnny Depp, dont la voix est tout aussi captivante que celle de Morrison.

Le cinéaste réussit à s’approprier le genre en tissant un magnifique portrait visuel sans complaisance d’un des groupes les plus influents, poétiques et dark dans l’histoire du rock, avec en toile de fond une Amérique borderline. Ici, l’important n’est pas ce que l’on apprend sur les Doors – car il n’y a rien de nouveau depuis The Doors d’Oliver Stone en 1991 – mais plutôt le concept du film. DiCillo nous offre une sorte de road trip en frayant les terres psychédéliques à tendances chamaniques, dont Morrison est le protagoniste.

Les extraits sélectionnés nous dévoilent des paysages panoramiques incroyables, verdoyants et désertiques, inondés de soleil, ainsi que des gros plans de l’artiste qui subliment sa beauté, de laquelle émane une attachante féminité. On suit alors comme un aimant la trajectoire personnelle de cette figure charismatique aux cheveux longs, barbue et cigarette au bec, surnommée le Roi Lézard, rythmée par une bande sonore excellente. La machine à remonter le temps est en marche. Jim est de retour parmi nous. Mais nous a-t-il seulement quitté ?

Au travers du parcours des Doors, DiCillo nous présente les deux faces de cette icône rebelle, intimement liée à une Amérique en effervescence : le Morrison du star-system et le Jim solitaire en quête de lui-même, sorte de guide spirituel du spectateur. Le cinéaste rend compte ainsi de cette jeunesse en attente de changement dans une société américaine, gouvernée par une politique nixonienne hermétique. Ce poète maudit sans limite et sans compromis, qui a toujours refusé l’esclavagisme moral, devient alors le reflet de toute une génération contestataire, dont les excès et les frasques alcooliques ont conduit le groupe à entrer dans la légende et à devenir un symbole de la contre-culture américaine.

So… WAKE UP !

Sortie en salles le 9 juin 2010

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