Dans un monde où nous sommes bombardés de messages publicitaires qui envahissent l’espace public, les oeuvres de Banksy offrent un regard différent – un regard à la fois drôle et incisif, sans être dogmatique pour autant. Banksy a fini par convaincre l’Anglais moyen que les véritables vandales de notre société sont ceux qui construisent des immeubles plus hideux les uns que les autres et non ceux qui dessinent sur leurs murs.

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Depuis les années 90, Banksy sévit sur les murs du quartier portuaire de Bristol au Royaume-Uni et à travers le monde en pratiquant l’art du pochoir avec des messages anticapitalistes et antiestablishment. Subversif et engagé, ce célèbre graffeur anglais – devenu aujourd’hui une icône incontournable du Street Art (voir site officiel) – s’est fait un nom avec ingéniosité, nourri par l’adrénaline de l’illégalité, sans jamais révélé ni son identité ni son visage. Grâce à son aplomb sans cesse repoussé et en déjouant les règles de sécurité, il est notamment parvenu à placer à la Tate Britain, au MoMa ou encore au Met, des tableaux factices au milieu de chefs d’oeuvre classiques. Ainsi cette toile champêtre, chinée aux puces, qu’il a customisée la barrant d’un bandeau « Police Line / Do not cross », et accrochée à la Tate Britain. Il a également mis en circulation des faux billets de 10£ avec le visage de Lady Di à la place d’Elizabeth II, et la mention « Banksy of England » remplaçant « Bank of England ».
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Cet artiste inventif à l’humour corrosif, qui détourne les codes avec talent et facilité, passe pour la première fois derrière la caméra et livre un documentaire bouillonnant, cinglant et hilarant sur le Street Art, qui prend peu à peu des allures de mockumentary. ‘Faites le mur’ (Exit through the Gift Shop) a été présenté dans de nombreux festivals tels Berlin, Sundance ou encore Deauville et figure en présélection dans la liste du Meilleur Documentaire des Oscars 2011 (réponse le 25 janvier). Narré par l’acteur gallois Rhys Ifans (Notting Hill), cet objet filmique non identifié (OFNI) plonge le spectateur sur le terrain des plus célèbres street artists en pleine action : Banksy, Space Invader, Shepard Fairey et Obey. L’histoire suit l’ascension improbable dans le milieu artistique bobo d’un français prénommé Thierry Guetta alias Mr Brainwash ou MBW, un lascar excentrique, gérant de fripes exilé à Los Angeles  et fana de caméra vidéo, de contre-culture, d’Andy Wharol et de Street Art.

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"J'utilise l'art pour contester l'ordre établi, mais peut-être que j'utilise simplement la contestation pour promouvoir mes oeuvres..." - Banksy (Interview Le Pacte)

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Pendant plusieurs années, cet énergumène a filmé de manière compulsive ces artistes de l’illégalité en les suivant nuit et jour dans les endroits les plus risqués, jusqu’à réussir à pénétrer la sphère ultra confidentielle du graffeur légendaire de renommée internationale, avec l’ambition de vouloir réaliser lui-même ce documentaire. Mais Banksy va très vite s’apercevoir que Guetta est un piètre réalisateur et l’encourage à se lancer comme street artist. Il va alors s’emparer de ces kilomètres de pellicules enregistrées et empilées dans des milliers de boîtes et retourner l’action sur Guetta, devenant le personnage principal du film. Bansky met ainsi en lumière des images inédites, insolites et drôles sur ces maîtres de l’art éphémère, se filmant face caméra, visage toujours caché sous sa capuche avec la voix modifiée.

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Avec humour, Banksy – qualifié de « vrai peintre populaire » par le Times – informe sur un univers artistique méconnu et provoque la confusion, en mettant au pied du mur le spectateur sur la question fondamentale de l’évolution et de la valeur de l’art dans la société contemporaine. A travers ce soi-disant personnage de Guetta/Mr Brainwash qui monte une exposition monumentale autour de ses « créations » réalisées par ses équipes, qu’il « photocopie » à tour de bras les vendant à des prix exorbitants, le réputé vandale Banksy – dont les œuvres sont devenues ‘vendables’ – dépeint de manière cinglante toute cette effervescence autour de la réussite de cet individu atypique, passé de loser en star adulée en un temps record. Il pose également un regard désabusé sur la représentation de l’art contemporain, avec son recyclage et ses reproductions à l’envi sur la toile et ailleurs, dénonçant l’imposture d’un marché de l’art, aujourd’hui mort-né au détriment de « l’expressivité de la création artistique ». Il place ainsi son film à la critique acerbe, entre fiction et réalité, vrai et faux, comédie et constat sociétal. ‘Faites le mur’ (Exit through the Gift Shop) prend des airs de vaste fumisterie donnant une nouvelle occasion à Banksy de signer ici l’une de ses plus belles œuvres !

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Pour information, l’ouvrage Guerre et Spray (Walls and Piece) des Editions Alternatives, qui rend compte de sa production artistique hors normes, accompagne le film et sortira en librairie le 16 décembre 2010.

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‘Faites le mur’ (Exit through the Gift Shop) de Banksy en salles le 15 décembre

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