Enfin du cul-te !

Publié par Nathalie Dassa le 7 juin 2010

Entre déferlement et banalisation des images, entre marketing et ostracisme, entre scènes mal filmées, mal éclairées, mal montées et/ou mal mises en musique, l’art du langage corporel et de la nudité dans les séquences torrides, pourtant si consubstantiel au cinéma, reste une affaire difficile à réaliser.

Dans la longue liste des films aux ébats sulfureux, maintes fois cités dans les top ten (9 semaines ½, Basic Instinct, Proposition Indécente, Ghost, Fatale ou encore L’Empire des Sens, Un dernier tango à Paris), la sélection ci-dessous a plutôt le désir d’en extraire une singularité – comme un penchant, un instant furtif, une mise en scène, une ambigüité, un lieu, un fantasme, une atmosphère ou encore une pratique de la sexualité – dans ce paysage qui censure et se conforme de plus en plus au politiquement correct. Heureusement, des exceptions naissent de ces règles établies et grâce à elles, certains films sont devenus cultes…

CinéChronicle transgresse les interdits en abordant les quelques scènes de sexe marquantes sur grand écran – des plus récentes aux plus anciennes – qui mettent également en exergue l’intérêt réel et précieux de certains cinéastes à s’interroger sur le sens et les limites de l’érotisme au cinéma.

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Enter the Void - Paz de la HuertaEnter the void de Gaspar Noé (2010)

Le concept unique inédit d’Enter the void, au milieu de la production française actuelle, fait de ce long-métrage un véritable ovni psychédélique, une performance artistique, une expérience sensorielle.

Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes en 2009, ce film – au budget extravagant et rarissime de 10 millions d’euros dans ce type de registre – a enfin vu le jour après 8 longues années de préparation. Le réalisateur controversé d’Irréversible s’est inspiré du Livre tibétain des morts, qui décrit «  les états de conscience et les perceptions se succédant pendant la période qui s’étend de la mort à la renaissance ».

C’est l’histoire d’un frère, Oscar – petit dealer de drogue – et d’une sœur, Linda – strip-teaseuse dans une boîte de nuit – qui se sont jurés de ne jamais s’abandonner. Mais un soir, Oscar est touché par une balle lors d’une descente de police. Tandis qu’il agonise, son esprit refuse de quitter le monde des vivants.

Tout en caméra subjective, Noé filme son personnage central de dos dans ses déambulations jusqu’à sa mort. Puis il déplace la caméra. La mise en scène se fait alors plus aérienne et tout prend de la hauteur. Vue du ciel – à la manière d’un Yann Arthus Bertrand sous acide – il plonge le spectateur dans l’âme de ce mort, qui erre au-dessus de Tokyo, ville éclairée de lumières de couleurs clignotantes, et dans son agonie hallucinatoire, chaotique et cauchemardesque.

Le chapitre sur le fameux Love Hotel, entièrement créé en studio, met en scène, de chambres en chambres, d’hallucinantes copulations lumineuses non simulées…

Fish TankFish Tank d’Andrea Arnold (2009)

Prix du Jury au Festival de Cannes en 2009 après celui de Red Road en 2006, Bafta 2010 du Meilleur Film, Fish Tank continue dans la lignée des récompenses de la scénariste et réalisatrice britannique, Andrea Arnold, également oscarisée Meilleur Court-Métrage pour Wasp en 2005.

Dans Fish Tank, elle évoque les premiers émois d’une jeune rebelle de 15 ans, Mia, interprétée par Katie Jarvis, envers le nouvel amant de sa mère, campé par Michael Fassbender (Hunger, Inglourious Basterds).

La cinéaste – caméra à l’épaule filmant de manière subjective du point de vue de Mia – joue tout en poésie sur l’ambigüité des relations entre adultes et adolescents.

Après la danse hip hop – à laquelle Mia voue sa vie – sur une reprise de California Dreamin’ des Beach Boys, tout le monde retient son souffle lors de la scène d’amour qui sonne l’interdit…

Brokeback MountainLe secret de Brokeback Mountain de Ang Lee (2006)

Adapté de la nouvelle d’Annie Proulx, récompensée par le Prix Pulitzer, qui est parue pour la première fois dans Le New Yorker en 1997, Brokeback Mountain est une superbe histoire d’amour épique entre deux cow-boys (dont l’un s’est marié des années après leur rencontre), qui vécurent une véritable passion secrète pendant 20 ans.

Dans ce western, Ang Lee marque un tournant décisif en parvenant à neutraliser les clichés et préjugés sur l’homosexualité – avec deux comédiens phares du moment (feu Heath Ledger et Jake Gyllenhaal). Dans le même type d’approche, le cinéaste israélien Haim Tabakman brise les conventions dans Tu n’aimeras point en 2009. Sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes, ce film plonge  ses personnages – dont l’un est marié avec enfants – en plein cœur de l’orthodoxie religieuse juive.

Le secret de Brokeback Mountain a reçu une pluie de récompenses, dont 3 Oscars (Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario Adapté et Meilleure Musique de Film), 4 Golden Globes (Meilleur Film Dramatique, Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario, Meilleur Chanson), 4 Baftas (Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Second Rôle Masculin pour Jake Gylenhaal et Meilleure Adaptation), le Lion d’Or à la Mostra de Venise…

ShortbusShortbus de John Cameron Mitchell (2006)

D’abord intitulé The Sex Film Project sur lequel les acteurs ont collaboré à l’écriture avec le réalisateur, ce film prend  finalement le nom de Shortbus, en référence au car scolaire réservé aux enfants dits « handicapés, caractériels ou surdoués ». Il suit le fameux schoolbus jaune avec tous les enfants normaux.

Présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2006, cet ovni du cinéma underground indépendant est une ode à l’amour et au sexe, montrés d’une manière déculpabilisée, décomplexée et dédramatisée. Il suit plusieurs personnages new-yorkais dans leurs relations amoureuses et sexuelles.

Nonobstant la scène d’ouverture mémorable de l’auto-fellation non simulée, Shortbus – interdit aux moins de 16 ans en France (avec avertissement) – n’a pas subi le couperet de la censure, aux motivations que «  le climat général de cette comédie met en scène des adultes à la recherche de leur épanouissement sexuel sans jamais être placés dans des situations de contrainte et d’un ton globalement amusé qui permet au spectateur de prendre de la distance par rapport aux images proposées ».

L’actrice canadienne Soon-Yin Lee – qui campe Sofia, une sexologue qui va enfin atteindre l’orgasme (photo ci-contre) – a reçu des menaces de licenciement de son employeur pour avoir accepté de s’adonner à des scènes de sexe explicites, mais ce dernier s’est ravisé grâce au succès du film et au soutien de personnalités tels Francis Ford Coppola.

A History of ViolenceA history of violence de David Cronenberg (2005)

Un des chefs d’œuvre de David Cronenberg ! A history of violence – basé sur le roman graphique de John Wagner et de Vince Locke – est son troisième film présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, après Crash en 1996 (Prix Spécial du Jury) et Spider en 2002.

Tourné à Toronto – la ville natale du cinéaste – ce film puise sa force dans les faux-semblants et dans l’histoire d’un personnage, marié avec enfants, menant une existence normal basée sur des valeurs importantes de vie, qui ne peut échapper à son destin, se révélant un autre homme au passé violent. Le trio Ed Harris (un gangster avec un œil mort), Maria Bello (ex reine de promo) et Viggo Mortensen composent leurs rôles de manière saisissante, violente et sans concession.

Cronenberg filme le couple Mortensen/Bello dans deux scènes terriblement excitantes, accomplissant notamment un court mais superbe 69 dans l’histoire du cinéma – pour lequel l’actrice revêt une tenue de pom pom girl (photo ci-contre) – et un acte sexuel, brutal et sensuel, dans les escaliers.

Le cinéaste a l’art et la manière de savoir filmer les scènes torrides. Neuf années avant A history of violence, Crash, adapté du roman éponyme de James Graham Ballard, mettait en scène Holly Hunter, James Spader, Deborah Hunger, Rosanna Arquette et Elias Koteas dans un enchaînement de scènes érotiques, fondées sur les traumatismes émotionnels et les blessures intérieures provoqués par des accidents de voitures. Le tout, rythmé par une musique lancinante.

Ken Park 2002Ken Park de Larry Clark (2003)

Avec une dizaine de films à son actif, le réalisateur américain Larry Clark s’intéresse principalement à l’adolescence avec ses utopies, ses conflits intrafamiliaux et ses questionnements sur les relations amoureuses et sexuelles. Son cinéma est percutant, tant sur les messages qu’il véhicule que sur les scènes chocs.

Tout comme Kids, censuré aux Etats-Unis, Ken Park suscite la controverse en posant un regard peu flatteur sur la famille américaine. Ce long-métrage aux scènes de sexe non simulées – avait initialement reçu une interdiction aux moins de 16 ans en France. Il fut réévalué – tout en faisant déjà une bonne carrière sur grand écran – pour obtenir le sceau 18, qui l’a privé de diffusion en télévision.

Larry Clark fait sauter tous les verrous dans une dernière scène (photo ci-contre), au cours de laquelle les trois adolescents s’abandonnent au plaisir de la chair et de l’interdit, afin de se libérer du monde adulte et du carcan du politiquement correct.

La secrétaireLa Secrétaire de Steven Shainberg (2003)

Elle est la soeur de Jake Gyllenhaal (Jarhead, Brokeback Mountain) avec lequel elle a joué dans l’excellent thriller psychologique SF, Donnie Darko de Richard Kelly en 2002, où elle y interprétait le rôle de sa sœur.

Maggy Gyllenhaal est révélée par son interprétation – sexy, mutine, soumise, maladroite et adepte de l’automutilation – dans La Secrétaire qui aborde un sujet délicat : la relation sado-masochiste d’une secrétaire avec son patron.

Le réalisateur de Fur donne au récit, basé sur une nouvelle écrite par Mary Gaitskill dans le recueil Bad Behavior, un ton décalé et jubilatoire rendant la pratique pleine d’amour et de sensualité. Le film récolte de nombreux prix dans les festivals, dont le Prix spécial du Jury au Festival de Sundance et Maggy est citée aux Golden Globes de la Meilleure actrice. Quant à James Spader, après Sexe, mensonge et vidéo, Bad Influence et Crash, il reprend le genre de rôle qu’il manipule avec brio.

Si vous souhaitez savoir comment taper à la machine, faire le café, remettre le courrier et/ou classer les dossiers… Dans La Secrétaire, vous apprendrez à quatre pattes à assurer votre position !

In the cutIn the Cut de Jane Campion (2003)

La cinéaste néo-zélandaise Jane Campion dresse le plus souvent des portraits de femmes atypiques. Elle a remporté de nombreuses récompenses, dont la Palme d’Or pour La leçon de piano en 1993, révélant l’actrice Holly Hunter, oscarisée Meilleure Actrice.

D’après le roman A vif de Susanne Moore, In the Cut, thriller érotique à tonalité policière – fortement inspiré de Klute d’Alan J. Pakula – propulse Meg Ryan dans un registre plus sombre et plus intense que ses comédies mélos habituelles, aux côtés de Jennifer Jason Leigh et du sexy Mark Ruffalo.

Témoin dans un bar d’une scène intime entre un homme – dont le visage est caché dans l’ombre – et une femme à genoux à l’allure de prostituée, Frannie – une professeure de lettres new-yorkaise – les observe fascinée et remarque un tatouage sur le poignet de l’homme. Le lendemain, elle apprend que le meurtre de cette femme a été commis tout près de chez elle et rencontre le détective Malloy, chargé de l’enquête et tatoué au poignet.

Par l’intensité de cette scène d’ouverture, Campion aborde l’idée du voyeurisme, plaçant son personnage sous l’œil de la caméra afin de voir sans être vu. Elle installe le spectateur dans une atmosphère moite et trouble de laquelle émane un désir qui ne diminue pas jusqu’au dénouement. Quant à Meg Ryan, elle révèle une sensualité et une sexualité charnelles à l’écran, qui la mettent totalement à nue (au sens propre comme au sens figuré), notamment dans une scène pour un plaisir solitaire.

Mulholland DriveMulholland Drive de David Lynch (2001)

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2001 (ex æquo avec The Barber de Joel Coen), César 2002 du Meilleur Film Étranger ainsi qu’une nomination à l’Oscar du Meilleur Réalisateur pour David Lynch, Mulholland Drive révèle Naomi Watts et Laura Elena Harring.

A sa sortie, le film a fasciné, rebuté, dérangé, réveillé et surtout suscité de nombreuses questions et interprétations.

Lynch signe une œuvre à multiples faces, placé dans les coulisses du cinéma à Hollywood, où tout n’est qu’illusion et dont la clé des songes en est à la fois la réponse, la solution et l’assouvissement des désirs intérieurs.

Entre jeux de miroir, superpositions et permutations, le cinéaste joue avec la relation amoureuse de ses deux personnages féminins, où se mêlent rêve et réalité : de Betty, la blonde assurée/perdue (Naomi Watts) à Rita, la brune amnésique/accomplie (Laura Elena Harring) et vice versa.

Sous l’oeil de la caméra du maître de l’étrange, la scène d’amour lesbienne est l’une des plus excitantes dans l’histoire du cinéma. Elle succède à celle de Bound première réalisation des frères Wachowski (Matrix) – avec Jennifer Tilly et Gina Gershon, fondée sur la relation d’une complicité criminelle.

Inimité de Patrice ChereauIntimité de Patrice Chéreau (2001)

Patrice Chéreau et sa coscénariste Anne-Louise Trividic (Persécution, Gabrielle, Son frère) signent un film à fleur de peau, en toute intimité.

C’est l’histoire de deux amants – Jay (Mark Rylance) et Claire (Kerry Fox) – qui se retrouvent dans le sous-sol d’une petite maison londonienne chaque mercredi pour y faire l’amour. Ils ne savent rien de leur vie respective jusqu’au jour où Jay veut en savoir plus sur sa maîtresse.

Le cinéaste de La Reine Margot centre la première partie du film – du point de vue unique du personnage masculin – sur le pacte entre ces deux êtres, qui ne se connaissent pas, qui ne se parlent pas, qui ne se promettent rien et qui se donnent l’un à l’autre sans contrainte. Tout est alors pulsionnel et sensitif. La chair est aux commandes. D’une main de maître, il filme ces scènes intimistes successives de manière frontale, urgente et moite comme un aveu de dernier instant. Mais cette osmose se brise dans la seconde partie lorsque Jay décide d’en savoir plus et de la suivre. La réalité et la parole s’immiscent alors et viennent envenimer la situation dans laquelle chacun se découvre une vie, un(e) conjoint(e), des enfants…

Ce film a été récompensé par l’Ours d’Or du Meilleur Film et l’Ours d’Argent de la Meilleure Actrice pour Kerry Fox au Festival de Berlin en 2001. On peut aussi y découvrir Marianne Faithfull, chanteuse et ex-compagne de Mick Jagger. Le film s’octroie également une bande originale excellente (David Bowie, The Clash, Iggy Pop et The Stooges, Nick Cave, The Chemical Brothers…).

Tourné à Londres et en anglais, Intimité est librement inspiré de l’un des ouvrages de l’écrivain anglo-pakistanais, Hanif Kureichi, dont le plus connu My beautiful laundrette a été également porté à l’écran par Stephen Frears et cité à l’Oscar du Meilleur Scénario, écrit par Kureichi. L’écrivain place son personnage principal, un garçon homosexuel d’origine anglo-pakistanaise, en plein cœur de Londres dans les années 1980.

Boys don't cryBoys don’t cry de Kimberly Peirce (2000)

Premier grand rôle dans la carrière d’Hilary Swank, qui obtient le Golden Globes et l’Oscar de la Meilleure Actrice pour son incroyable interprétation.

Elle incarne Teena Brandon, une jeune adolescente du Nebraska – dont l’actrice est également originaire – qui a du mal à supporter sa condition de femme. Elle devient alors Brandon, un garçon aux cheveux courts, et fait la rencontre de Lana (Chloé Sévigny), la petite amie de John (Peter Sarsgaard) dont elle tombe amoureuse.

Basé sur des faits réels de la vie de Teena Brendon qui ont eu lieu en 1993, Boys don’t cry a permis d’ouvrir les yeux des américains sur la transsexualité et les personnes qui en souffre. Kimberly Peirce – connue comme étant une réalisatrice lesbienne – s’est intéressée à ce sujet durant ses études. Après avoir lu un papier dans The Village Voice, elle rédige d’abord un article, puis se lance dans des recherches et assiste au procès des deux suspects. Un court-métrage en ressort en 1995, puis Boys don’t cry quatre ans plus tard. La scène érotique intense entre ces deux femmes devient troublante lorsque Lana entraperçoit la poitrine de Brandon…

On retrouvera trois ans plus tard, Chloé Sévigny dans le film culte qui fit scandale aux États-Unis et au Festival de Cannes en compétition officielle, The Brown Bunny de Vincent Gallo (Buffalo 66) dans lequel elle accomplit avec dextérité une fellation – soi-disant non simulée – sur l’acteur-réalisateur. Rumeur apparemment démentie par la réalisatrice Claire Denis qui affirme avoir reconnu la prothèse pour simuler l’acte dans Trouble every day et dans lequel Gallo joue également.

Risky BusinessRisky Business de Paul Brickman (1984)

Risky Business – « satire sociale dans sa description des rites de passage auxquels les adolescents américains sont soumis » – marque le début de carrière de Tom Cruise en acteur de premier plan.

Ce rôle, de jeune lycéen qui profite d’un départ en congés de ses parents pour amener chez lui une sulfureuse call-girl qui va faire basculer sa vie, lui vaut une citation aux Golden Globes du Meilleur Acteur. Mais c’est avec Top Gun qu’il trouve, deux ans plus tard, la reconnaissance internationale.

La séquence Faire l’amour dans un vrai train, avec le couple Tom Cruise/Rebecca de Mornay (La main sur le berceau), sur la musique envoûtante de Tangerine Dream, reste pour tous les trentenaires nostalgiques une des scènes les plus intenses des teen movies.

Les predateurs - Susan Sarandon et Catherine DeneuveLes prédateurs de Tony Scott (1983)

Adapté de l’un des romans d’horreur de Withley Strieber (Wolfen, Le jour d’après), Tony Scott – frère cadet de Ridley Scott – signe un film bien ancré dans son époque, aux allures clipesques, où se mêlent atmosphère gothique, vampirisme et amour saphique, dont les effets spéciaux (prothèses de vieillissement) ont été conçus par le grand Dick Smith (Little big man, L’exorciste, Scanners).

Miriam (Catherine Deneuve) – une femme-vampire née en Egypte il y a 4000 ans – possède le don de l’immortalité et de la jeunesse. Depuis 300 ans, elle vit à New York avec John (David Bowie), qui est soudainement frappé d’un processus accéléré de vieillissement. Pour le sauver, Miriam rencontre Sarah (Susan Sarandon) – docteur spécialiste des mécanismes du vieillissement – sur laquelle elle jette son dévolu…

La scène d’amour lesbienne entre Susan Sarandon et Catherine Deneuve, ponctuée d’inserts de sang, ainsi que leur nudité à l’écran, restent l’une des plus ensorcelantes, érotiques, luxurieuses, charnelles et sensuelles. La séquence de séduction sur le duo des Fleurs extrait de Lakmé de Léo Delibes est quant à elle, tout simplement hypnotique (extrait).

Sorti au moment de la vague sida qui frappa en premier la communauté homosexuelle, Les prédateurs fut très mal accueilli et mal perçu aux Etats-Unis. Avec le temps, c’est devenu un film culte du cinéma fantastique.

Le facteur sonne toujours deux foisLe facteur sonne toujours deux fois de Bob Rafelson (1981)

Bob Rafelson signe le remake du même titre de Tay Garnett de 1946 avec Lana Turner, John Garfield et Cecil Kellaway, basé sur un des classiques du roman noir américain de James M. Caine (Mildred Pierce, Assurance sur la mort, également adaptés à l’écran).

Le réalisateur de Cinq pièces faciles – avec déjà dans le rôle-titre Jack Nicholson  – réunit deux monstres sacrés en pleine apogée de leur carrière. Le film des années 1980 donne une version moins aboutie mais plus extravertie que l’originale, régie à l’époque par le code Hays (comité de censure cinématographique  de 1930 à la fin des années 1960), qui use essentiellement de la suggestion et de l’ellipse.

Résultat : cette fameuse scène de sexe soutenue, âpre et brutale  – magnifiée par l’admirable Jessica Lange – avec le gros plan sur l’arrachage de petite culotte sur la table de la cuisine trouve sa place au panthéon cul-inaire.

Quant à la question sur la signification du titre Le facteur sonne toujours deux fois, elle reste sans réponse et donne matière à interprétation. L’auteur du livre avoue l’avoir nommé spontanément sans corrélation avec l’histoire, avant la signature du contrat avec l’éditeur.

Bad Timing - Theresa RusselBad Timing de Nicolas Roeg (1980)

Le réalisateur (Ne vous retournez pas) et directeur de la photographie britannique (Fahrenheit 451) signe un thriller psychologique (ou drame sentimental) efficace sur les ravages de la passion, qui fit scandale lors de sa sortie au Royaume-Uni, en mettant en scène plusieurs ébats sulfureux entre Theresa Russell et Art Garfunkel. Le film de Roeg a souffert de son titre dès le départ. Ironie du sort, pourrait-on dire !

Bad Timing est l’histoire d’une rencontre amoureuse passionnelle au mauvais moment (comme son titre l’indique) et qui n’aurait jamais dû se produire, entre une jeune américaine Milena – provocatrice, excentrique et fantasque – et un psychanalyste Alex – introverti, possessif, calculateur et jaloux maladif. Cette relation, basée sur le jeu de la provocation et de la domination, va se terminer par la tentative de suicide de cette femme. Alors qu’elle est emmenée à l’hôpital, Alex reconstitue leur histoire avec l’inspecteur Netusil (Harvey Keitel), chargé de l’enquête.

Dans une atmosphère érotico-destructrice, Roeg structure son film dans un flash-back en puzzle, captive le spectateur par cette relation passionnelle, intime et complexe, puis abat les cartes dans une scène ultime, franchissant outrageusement les barrières du politiquement correct. La force du film réside également dans le jeu froid et rigide d’Art Garfunkel, qui ne représente en rien l’archétype même du passionné.

Bad Timing est le premier de la liste de films (Une nuit de réflexion, Cold Heaven…) tournés avec l’actrice avec laquelle il fut marié.

Zabriskie PointZabriskie Point de Michelangelo Antonioni (1970)

Ce road-movie italo-américain, produit par la MGM, surfe sur la vague du mouvement de la période Woodstock pendant les contestations étudiantes et la guerre du Vietnam.

Sur une bande originale psychédélique contenant des morceaux de Pink Floyd, Antonioni expose sa vision sur la révolution mentale, esthétique et sexuelle de l’Amérique.

C’est l’histoire de la révolte d’une étudiante idéaliste contre la société américaine et son tout confort et d’un militant radical qui s’enfuit après avoir été témoin d’une fusillade au cours de laquelle un étudiant noir est abattu par un policier. Ces deux personnages se rencontrent tout près de la vallée de la Mort, appelée Zabriskie Point

Ce film culte – bien ancré dans son époque – atteint son paroxysme dans deux séquences célèbres, totalement fantasmées : la scène d’amour dans le désert, qui se multiplie à l’envi jusqu’à devenir une gigantesque orgie dans les dunes et la séquence finale des explosions, filmée au ralenti, à consonance terroriste avec le désir inassouvi de faire sauter toute cette société consumériste.

More de Barbet SchroederMore de Barbet Schroeder (1969)

Dans ce premier long-métrage, le cinéaste Barbet Schroeder (Barfly, JF partagerait appartement) – cofondateur des Films du Losange avec Eric Rohmer – signe un film culte emblématique pour toute une génération, avec la collaboration pour la bande originale, du groupe britannique le plus influent et psychédélique des années 1960/1970, Pink Floyd.

Placé dans le décor paradisiaque et rocailleux, inondé de soleil, de l’île d’Ibiza – qui deviendra le lieu de rencontre du mouvement hippie – le film raconte l’histoire tragique éternelle d’un couple impossible – Stefan, un jeune allemand (Klaus Grünberg) et Estelle, une jeune américaine (Mimsy Farmer) – pris au piège dans l’enfer de la drogue.

More symbolise toute la culture hippie avec ses libertés, ses envies de nouvelles perceptions sensorielles et sa volonté de vivre d’amour et d’eau fraîche, dénuées de tout aspect matériel et de tout tabou. Schroeder s’attache plus particulièrement à dresser le portrait d’une femme fatale en tshirt, caressée par le soleil, sous les traits enfantins de Mimsy Farmer, alors star de quelques films de Roger Corman. On la retrouvera plus tard aux côtés de réalisateurs tels Visconti, Lautner, Argento ou encore Ferreri.

Sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes en 1969, More a fait scandale lors de sa sortie, tout en rencontrant un succès immédiat ; Schroeder en effet, n’a pas hésité à mettre en scène de manière frontale la nudité masculine et à explorer de nouvelles sensations à trois.


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