Inception : la claque !

Publié par Nathalie Dassa le 9 juillet 2010

Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait.

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Deux ans après le succès critique et public retentissant de The Dark Knight, le cinéaste anglais Christopher Nolan revient avec Inception, au budget de 200 millions de dollars. Ce thriller d’action SF est à voir autant de fois qu’il y a de strates dans le film et c’est encore peu dire. Avec un scénario ambitieux, non-chronologique, complexe, intelligent et abyssal – écrit sur une dizaine d’années – Nolan parvient à dégager une énergie folle et une tension soutenue pendant 2h30.

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Dans ce récit narratif à plusieurs niveaux d’analyses, qui dépasse le simple braquage en équipe où chacun a sa spécialité, le cinéaste construit une excellente interaction dans la composition psychologique et stratégique des personnages. Grâce à un casting atypique et percutant, à la hauteur de ses ambitions, Nolan arrive à combiner l’intellect et l’émotion. Au delà, de l’excellent Leonardo DiCaprio (Cobb), un plus pour les interprétations de Joseph Gordon-Levitt (l’organisateur), Ellen Page (l’architecte) et Marion Cotillard, dans un rôle qui lui va bien pour la première fois dans un film américain.

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Avec le recul, suite à la projo presse le 8 juillet, Nolan va même plus loin. Il met en lumière le travail fondamental et talentueux de chaque corps de métier derrière la caméra : les décors, le montage, le son, la photographie, la musique, les effets spéciaux et visuels… Tout est optimisé et mis en valeur. En cela, Nolan livre une véritable orchestration maîtrisée et réfléchie.

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Tourné dans plus plusieurs pays (Tokyo, Angleterre, Paris, Tanger, Los Angeles et Canada), Inception offre au spectateur des images sublimes et léchées dans des espaces gigantesques, structurels et architecturaux entre scènes intérieures/extérieures, plongées dans un cocktail climatique (pluie, vent, neige, soleil…). S’ajoute à cette matérialité propre à la démesure de notre activité onirique, la bande originale de Hans Zimmer (The Dark Knight, Batman Begins) qui signe ici un score atmosphérique, dont le plein volume percute les tympans.

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Inception établit ses fondements dans les mondes factices à conception labyrinthique et puise sa force dans les états psychiques du rêve avec son potentiel imaginaire infini. Le film appelle à de nombreuses références tant dans le cinéma tels Matrix, Dark City, Memento, 2001 l’Odyssée de l’Espace ou encore Blade Runner que dans la littérature de K. Dick, de Kafka… L’être humain n’utilise que 10% de son cerveau et Nolan se nourrit de la source intarissable du rêve, sujet universel. Il propose une entrée nouvelle en projetant sa vision stylisée et architecturale de ses thèmes de prédilection, dans sa dimension humaine : la manipulation, les faux-semblants, la trahison, le paradoxe…

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Après Memento, Insomnia et Le Prestige, Nolan poursuit sa quête dans l’exploration mentale et inextricable. Inception offre la possibilité à l’être humain de faire partager ses rêves, plateforme idéale pour pénétrer les secrets les plus enfouis. Les idées – indestructibles dans le disque dur de notre subconscient – peuvent être alors ubtilisées. Nolan approfondit son analyse sur la capacité même d’implanter une idée dans l’esprit d’un individu. Tout ce qui est autour avec ses effets de miroir ne représente alors que la partie immergée de l’iceberg. Dans ce scénario à tiroirs, truffé de rebondissements, l’un des meilleurs cinéastes de sa génération – tel un enfant – s’amuse à emboîter les rêves les uns sur les autres et à entraîner le spectateur à y participer…

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Sortie en salles le 21 juillet (et non le 16 comme l’indique le trailer)

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  1. Inception : BO de Hans Zimmer

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