Synopsis : Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être…

 

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Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn - affiche

Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn – affiche

Tout commence sur une note dramatique. L’année de ses 9 ans, notre héros central Peter Quill, perd sa mère sur son lit d’hôpital avant de se faire enlever par des extraterrestres pour devenir à jamais un marginal. Voici en ouverture un intense clin d’œil nostalgique au cinéma de Spielberg. Plus rien ne sera comme avant dans la vie de cet humain que l’on retrouve 26 ans plus tard, avec un masque et des abdos en béton, en train de faire la fête à de drôles de bestioles sur la planète Morag. Le décor y est infernal et ténébreux, teinté de couleurs froides, et la menace déjà palpable autour de notre héros. Autoproclamé Star-Lord, Peter y récupère un globe – l’une des six pierres importantes dans les films Marvel -, dont il ignore encore les pouvoirs destructeurs. L’ambiance se veut dès lors plus légère grâce à la désinvolture et la nonchalance de ce hors-la-loi, toujours réfugié dans les tubes cultes des années 70 qu’il écoute dans son walkman. Allier l’humour à la gravité surfant sur les enjeux à venir est l’un des atouts charmes des Gardiens de la Galaxie. Après Horribilis (2006) et Super (2010), James Gunn continue de conjuguer avec exaltation les genres et les tonalités. Ainsi pendant 2h sans temps mort, le réalisateur parvient à générer l’empathie et l’émotion en présentant un nouveau groupe intergalactique quasiment inconnu du grand public. Si c’était l’une des gageures de cet opus très attendu, il nous livre en prime un space opéra à la fois old-school et moderne par ses décors spectaculaires, aux influences évidentes de Star Wars et d’Avengers. Tout est parfaitement renforcé par son casting impeccablement choisi pour camper cette seconde équipe de gardiens créée dans les bandes dessinées en 2008 par Dan Abnett et Andy Lanning.

 

Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn / Photo Walt Disney Pictures

Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn / Photo Walt Disney Pictures

 

Chris Pratt, parfait de fausse candeur et charismatique, incarne un anti-héros espiègle, qui nous renvoie à Han Solo, ici nourrit par l’obsession pour son walkman, pur objet vintage culte avec lequel il continue à improviser ses danses en plein chaos. Dave Bautista, ancien champion du monde de catch, casse de son côté son image stéréotypée dans la peau de Drax, ce destructeur bodybuildé aveuglé par son désir de vengeance envers Ronan qui a tué sa famille. Quant à Zoé Saldana, elle campe une Gamora redoutable à la peau verte, qui rejoint ces super héroïnes dures à cuire, intelligentes et puissantes, après avoir été une Na’vi à la peau bleue dans Avatar. Mais c’est sans doute les créatures numérisées Rocket, le raton laveur génétiquement modifié et adepte de blagues, et son acolyte Groot, l’arbre humanoïde communiquant avec seulement trois mots, qui génèrent le plus d’empathie grâce aux performances vocales respectives de Bradley Cooper et de Vin Diesel. Le parcours collectif de ces rebuts de la galaxie, d’abord semé d’embuches et de divergences qui fragilisent leur union, fait ainsi écho à celui d’Avengers. Pourtant, les nombreux points communs montrent en même temps un désir de se détacher de l’œuvre de Joss Whedon et de ses prédécesseurs. Car si ce dernier a relevé le défi de faire coexister nos super héros iconiques, James Gunn explore ici davantage les notions d’amitié et de solidarité inexistantes chez ces criminels fantasques. Le spectateur est d’autre part autant convié à un retour au space opera – avec entre autres ces courses poursuites aériennes en mode Star Wars – qu’à une véritable ouverture du champ d’action.

 

Thanos dans les Gardiens de la Galaxie : Photo Walt Disney Pictures

Thanos dans les Gardiens de la Galaxie : Photo Walt Disney Pictures

 

La mise en scène de James Gunn peut alors prendre forme sans multiplier les déjà-vu, comme le prouve cette très belle scène où Peter/Star-Lord sauve Gamora au risque de se désagréger dans les airs, et bien sûr la présence enfin à l’écran du Titan Thanos, dont la voix est emmenée par Josh Brolin, qui vient opérer l’amorce de la séquence post-générique dans Avengers. Ce point démontre plus que jamais la volonté de Marvel d’aller plus loin, étape par étape, dans les pérégrinations de ses super héros. Si le studio affiche sa volonté de s’ouvrir à d’autres voies, cela n’empêche pas Les Gardiens de la Galaxie de convoquer aussi les souvenirs à travers les clins d’oeil aux années 1970 et 1980, au rythme d’une puissante bande originale avec Hooked on a feeling, Cherry Bomb ou encore Go all the Way. Et derrière ces réminiscences et cette autodérision palpable, Gunn se montre également capable de garder les pieds de ses gardiens sur Terre. Xandar, territoire couvert d’océans et menacé par les forces de Ronan, ressemble justement à notre planète bleue, et l’ombre immense de son vaisseau avançant sur le sol n’a plus rien d’amusant. Au travers de cette nouvelle dimension et ses perspectives, le réalisateur réussit donc à porter son oeuvre plus loin et à rendre le climax à la fois haletant et émouvant. Tout en faisant décoller son équipe, il lui octroie une profondeur par les épreuves et les enjeux qu’ils connaissent. Si ces quelques particularités ne révolutionnent pas en soi l’univers cinématographique Marvel, elles contribuent fortement au vent nouveau qui souffle sur la prochaine et troisième phase, laissant deviner que le second volet des Gardiens de la Galaxie, toujours sous la direction de James Gunn, va davantage animer cette bande de hors-la-loi désormais conquis par le public…

 

 

  • LES GARDIENS DE LA GALAXIE (The Guardians of the Galaxy) de James Gunn en salles le 13 août 2014.
  • Casting : Chris Pratt, Zoé Zaldana, Dave Bautista, Vin Diesel (voix de Groot), Bradley Cooper (voix de Rocket), Dave Bautista.
  • Scénario : James Gunn, Nicole Perlman.
  • Production : Kevin Feige.
  • Photographie : Ben Davis.
  • Décors: Charles Wood.
  • Montage: Fred Raskin, Craig Wood, Hughes Winborne.
  • Costumes : Alexandra Byrne.
  • Compositeur : Tyler Bates.
  • Distribution : Walt Disney.
  • Durée : 2h01.

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