Pride de Matthew Warchus: critique

Publié par CineChronicle le 17 septembre 2014

Synopsis : Eté 1984 – Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de la Gay Pride à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs en grève. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

 

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Pride de Matthew Warchus - affiche

Pride de Matthew Warchus – affiche

Présenté en clôture de la Quinzaine des Réalisateurs au dernier Festival de Cannes, Pride a rapidement conquis la Croisette. Le second long métrage de Matthew Warchus n’est d’ailleurs pas reparti bredouille puisqu’elle a été auréolé de la Queer Palm. Une récompense qui coulait de source pour son fondateur Franck Finance-Madureira estimant que le film soulève la « question de la militance queer » tout en l’intégrant à la « question de la militance sociale ». Et pour cause, on y suit l’aventure authentique et pourtant méconnue de jeunes militants gays londoniens qui sont venus en aide aux mineurs en grève depuis des mois, au milieu des années 80 sous le gouvernement Thatcher. Si Matthew Warchus ne propose rien de nouveau côté mise en scène, on lui pardonne rapidement son manque d’audace esthétique. Car Pride galvanise. L’oeuvre doit sa réussite à l’écriture de ses personnages, touchants et justes, et aux beaux messages fédérateurs qui le traversent, tels que l’amitié, l’entraide, la solidarité. Il s’ouvre d’ailleurs sur une manifestation LGBT où les activistes entonnent gaiement en cœur : « Solidarity For Ever ». Plus qu’un simple film sur la communauté gay, Pride transcende son sujet en mettant la lutte pour des intérêts communs au centre de son intrigue. De modestes collectes au coin de la rue à des événements de plus grandes envergures (concert avec Bronski Beat), cette comédie se concentre sur la rencontre de deux groupes que tout semble opposer.

 

George Mackay dans Pride de Matthew Warchus - Pathe Distribution

George Mackay dans Pride de Matthew Warchus – Pathe Distribution

 

Et c’est dans ce choc des cultures, qu’il trouve son principal ressort comique. Le scénariste Stephen Beresford n’a d’ailleurs pas hésité à jouer avec les clichés affiliés à chacune des deux communautés : machos bourrus et peu loquaces pour les uns, libérés, excentriques et bons danseurs pour les autres. Mais certains personnages plus atypiques viennent nuancer le tableau. C’est le cas de Dai, personnage interprété par Paddy Considine parfait en pacificateur, de Cliff (le génial Bill Nighy) un Gallois réservé qui finit par s’accepter, ou encore de Joe (George MacKay), jeune homme introverti qui trouve dans la lutte politique un moyen de s’affranchir du carcan familial. Certains jugeront le sujet un peu facile et le film un peu trop dégoulinant de bons sentiments, sans doute à raison. Mais la comédie se révèle efficace. Si elle est drôle et certaines répliques hilarantes (« Les lesbiennes et les gays ça ne nous pose aucun problème, mais ne nous ramène surtout pas un Gallois du Nord » ou encore « Les lesbiennes sont-elles toutes vraiment végétariennes ? »), elle ne fait pas l’impasse sur les problèmes que traverse la communauté homosexuelle, du rejet parental aux provocations physiques et orales dont elle fait l’objet. En cela, Pride s’inscrit ouvertement dans la lignée des feel-good movies britanniques populaires et engagés, à l’image de Billy Elliot ou du plus récent We Want Sex Equality. Le défi est donc pleinement relevé.

 

Charlène Salomé

 

 

  • PRIDE réalisé par Matthew Warchus en salles le 17 septembre 2014.
  • Avec : Bill Nighy, Andrew Scott, Dominic West, Imelda Staunton, Joseph Gilgun, George Mackay, Paddy Considine, Freddie Fox, Ben Schnetzer, Jessie Cave et Sophie Evans
  • Sénario : Stephen Beresford
  • Production : David Livingstone
  • Photographie : Tat Radcliffe
  • Montage : Melanie Oliver
  • Décors : Simon Bowles
  • Costumes : Charlotte Walter
  • Musique : Christopher Nightingale
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Durée : 1h57

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