Coffret Sergio Leone le maître du western

Coffret Sergio Leone : le maître du western

Dans le cadre cette année du 50e anniversaire du western spaghetti, les événements cinématographiques autour de Sergio Leone se sont naturellement succédé, du festival de Cannes à la Cinémathèque Française. L’hommage se poursuit avec la sortie le 19 novembre de deux coffrets en DVD/Blu-ray de ‘Sergio Leone : le maître du western’ en édition limitée. L’occasion de poser un regard sur le cinéma de cette figure légendaire, qui aurait fêté ses 85 ans en Janvier dernier.

 

 

 

Pour une poignée de dollars (1964)

Pour une poignée de dollars (1964)

Replaçons brièvement l’évolution du cinéma de Sergio Leone dans son contexte historique, entre le western hollywoodien et le cinéma italien de l’époque. A la fin de L’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford (1962), un journaliste lance la phrase restée célèbre à Ransom Stoddard (James Stewart) : « When the legend becomes fact, print the legend » Brève mais profonde, la citation résume à merveille l’esprit du western hollywoodien. Ce rapport duel entretenu par le réel et la légende illustre les partis pris esthétiques des plus grands réalisateurs de westerns : John Ford, Howard Hawks, Anthony Mann, Raoul Walsh, Delmer Daves. Magnifier les paysages ou sublimer les héros permet la représentation d’un monde plein et complet, images d’une illusion accomplie. Pourtant la légende peut revêtir plusieurs formes. C’est ce que vient nous rappeler la sortie le 19 novembre du coffret Sergio Leone : le maître du western, contenant 7 œuvres phares, pour nous raconter l’une des plus formidables épopées du western international. À la tête du convoi, un homme : Sergio Leone, nom qui à lui seul suscité un nombre improbable d’anecdotes devenues légendaires. Assistant réalisateur pour Vittorio De Sica, Carmine Gallone, Mario Camerini ou Mario Bonnard, Leone apprend la manière des maîtres italiens du néoréalisme ou du cinéma de genre. Sa formation se complète aux côtés des géants d’Hollywood tels William Wyler, Robert Wise, Robert Aldrich, venus relancer dans les studios de Cinecittà la mode des fresques en tuniques. C’est d’ailleurs à l’intérieur du péplum que Leone fait ses premières armes.

 

Clint Eastwood, Eli Wallach et Lee Van Cleef dans Le Bon, la Brute et le Truand (1966)

Clint Eastwood, Eli Wallach et Lee Van Cleef dans Le Bon, la Brute et le Truand (1966)

Difficile de trouver un style à ce cinéaste alors âgé de 30 ans qui réalise en 1959 une énième version des Derniers Jours de Pompei. Son art, Leone le forgera grâce à un autre genre. En 1964, Pour une poignée de dollars, projeté en version restaurée 4K en clôture du dernier festival de Cannes, inaugure sa fameuse trilogie qui révolutionna le western dans l’Histoire du septième art. Il est suivi successivement par Et Pour quelques dollars de plus (1965) et Le Bon, la Brute et le Truand (1966), lequel a aussi bénéficié d’une restauration dans le cadre des 90 ans de la MGM. Filon parmi d’autres, le western made in Italie est surnommé « western Spaghetti » par ses détracteurs. Que pouvait-il advenir du « cinéma américain par excellence » en Italie ? Alors qu’à Hollywood le genre s’épuise, l’Europe trouve dans les mythes du grand Ouest, matière à prolonger le légendaire… mais d’une toute autre manière.

 

La dualité exprimée par James Stewart dans le film précité de Ford, se condense chez Leone. La legend ne s’oppose plus à la citation, mais se ressource dans l’atroce beauté du réel. Du romantisme hollywoodien, le western leonien propose la synthèse naturaliste. Chez lui se concentrent toutes les qualités du cinéma transalpin des années soixante : la dimension baroque de Luchino Visconti, l’humour noir de Dino Risi, l’angoisse existentielle de Michelangelo Antonioni. Au trésor de la Sierra Madre se substituent les butins enfouis dans les paysages espagnols et italiens. Délocalisé, le mythe de l’Ouest en acquiert plus de puissance. Évocateur, car inaccessible, le désert américain filmé par Leone révèle tout son artifice mystificateur. À l’intérieur du cadre, ce sont des corps fatigués qui parcourent l’espace, entrainés par une quête sans raisons ni buts. Les visages, salis par la poussière du temps, fixent en silence le lointain.

 

Charles Bronson et Henry Fonda dans Il etait une fois dans l'Ouest (1968)

Charles Bronson et Henry Fonda dans Il etait une fois dans l’Ouest (1968)

Brutes et truands entretiennent une ambiguïté qui fonde l’essence de leur bonté : Charles Bronson, James Coburn, Henry Fonda, Eli Wallach – qui nous a quitté en juin dernier -, et bien sûr Clint Eastwood, sont les (anti-)héros peuplant l’imaginaire leonien. Constellation de stars américaines débarquées dans l’étrange familiarité du western italien. Car ce qui rattache Leone à Hollywood est aussi ce qui l’en éloigne. Archétypes, codes, conventions sont employés, puis violentés par la syntaxe audacieuse du cinéaste. Les très gros plans rompent avec la tranquillité toute relative du plan large, l’ombre et le reflet, métonymies du spectre, hantent l’espace de leur présence mortuaire. Dans Il était une fois dans l’Ouest (1968), l’océan espéré devient flaque d’eau croupie. Le rêve, toujours, prend sa source dans l’inatteignable. Le cinéma de Leone défie les catégories : la poésie, l’humour et l’horreur dialoguent sans cesse, un rapport troublant particulièrement sensible dans l’inclassable Un génie, deux associés, une cloche (1975).

 

James Coburn dans Il etait une fois la Revolution (1971)

James Coburn dans Il était une fois la Révolution (1971)

Rappelons l’importance des collaborateurs de Leone et en premier lieu celle du compositeur génial et surdoué, Ennio Morricone. La collaboration des deux hommes rappellent celle de Herrmann et Hitchcock, tant leurs personnalités artistiques entraient en adéquation l’une de l’autre. Parmi les scénaristes, certains connurent une carrière prolifique derrière la caméra comme Bernardo Bertolucci, Sergio Donati ou encore Dario Argento, preuve s’il en est de l’influence que sut exercer Sergio Leone sur ses contemporains. Quant à la photographie, saluons l’éminent travail de Tonino Delli Colli sur les tournages de Le Bon, la Brute et le Truand et Il était une fois dans l’Ouest. Alors, « When the legend becomes fact, print the legend » ? Impossible chez Leone puisque chez lui la légende est indissociable du réel qui l’inspire. Ces magnifiques coffrets, dont l’un contient également Il était une fois la Révolution (1971) pour la première fois en Blu-ray, aura en outre l’intérêt de faire (re)découvrir ces classiques aux initiés mais aussi d’ouvrir l’esprit du jeune cinéphile à un autre pan du western cinématographique. Car aux côtés de Sergio Leone, il y eut aussi Solilma ou Corbucci. D’autres coffrets, espérons-le, en perspective…

 

Jacques Demange

 

 

Sergio Leone

SERGIO LEONE : LE MAÎTRE DU WESTERN

Deux coffrets disponibles en éditions limitées à partir du 19 novembre 2014

6 Blu-ray + 1 DVD (49,17€)

7 DVD (40,98€)

 

 

POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS

 

Spécificités techniques Blu-ray :

Blu-Ray double couche – Ecran 16/9ème Compatible 4/3 –  Format 2.35 – Couleur – Durée Film : 1h39

Sons : Français 5.1 Dts, Anglais Dts – HD – MA  5.1

Sous-titres : Français, Anglais

 

Spécificités techniques DVD :

DVD 9 – Ecran 16/9ème Compatible 4/3 –  Format 2.35 –  Couleur – Durée Film : 1h36

Sons : Français, Anglais, 5.1 DD

Sous-titres : Français, Anglais

 

ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS

 

Spécificités techniques Blu-ray :

Blu-Ray double couche – Ecran 16/9ème Compatible 4/3 –  Format 2.35 –  Couleur – Durée Film : 2h11

Sons : Français 5.1 Dts, Anglais Dts – HD – MA  5.1

Sous-titres : Français, Anglais

 

Spécificités techniques DVD :

DVD 9 – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.35 –  Couleur – Durée Film : 2h05

Sons : Français, Anglais, 5.1 DD

Sous-titres : Français, Anglais

 

LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND

 

Spécificités techniques Blu-ray :

Blu-Ray double couche – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.35 – Couleur – Durée Film : 2h41

Sons : Français 5.1 Dts, Anglais Dts – HD – MA  5.1

Sous-titres : Français, Anglais

 

Spécificités techniques DVD :

DVD 9 – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.35 –  Couleur – Durée Film : 2h36

Sons : Français, Anglais, 5.1 DD

Sous-titres : Français, Anglais

 

IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST

 

Spécificités techniques Blu-ray :

Blu-Ray double couche – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.35 – Couleur – Durée Film : 2h45

Sons : Français Mono, Anglais 5.1 DTS-HD Master Audio, Mono restauré

Sous-titres : Français, Anglais

 

Spécificités techniques DVD :

DVD 9 – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.35 –  Couleur – Durée Film : 2h39

Sons : Français Mono, Anglais 5.1 DD

Sous-titres : Français, Anglais

 

MON NOM EST PERSONNE

 

Spécificités techniques Blu-ray :

Blu-Ray double couche – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.35 – Couleur – Durée Film : 1h51

Sons : Français 2.0 Mono, Anglais 2.0 Mono

Sous-titres : Français

 

Spécificités techniques DVD :

DVD 9 – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.35 –  Couleur – Durée Film : 1h57 env.

Sons : Français, Anglais, mono d’origine

Sous-titres : Français

 

IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION

 

Spécificités techniques Blu-ray :

Blu-Ray double couche – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.35 – Couleur – Durée Film : 2h37

Sons : Français 5.1 Dts, Anglais Dts – HD – MA  5.1

Sous-titres : Français, Anglais pour sourds et malentendants

 

Spécificités techniques DVD :

DVD 9 – Ecran 16/9e Compatible 4/3 –  Format 2.31 –  Couleur – Durée Film : 2h30 env.

Sons : Français, Anglais, 5.1 DD

Sous-titres : Français, Anglais

 

UN GENIE, DEUX ASSOCIES, UNE CLOCHE (uniquement en DVD)

 

Spécificités techniques DVD :

DVD 9 – Ecran 4/3 – Format 1.85 –  Couleur – Durée Film : 2h05

Sons : Français 5.1 DD

Sous-titres : Français pour sourds et malentendants

 

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Source: CBO Box office

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