The Finest Hours de Craig Gillespie: critique

Publié par Eric Delbecque le 1 février 2016

Synopsis : Le 18 février 1952, l’une des pires tempêtes qu’ait jamais connue la côte Est des États-Unis s’abat sur la Nouvelle-Angleterre. Elle ravage les villes du littoral et détruit tout sur son passage, y compris deux pétroliers de 150 mètres, le SS Pendleton et le SS Fort Mercer. Le chef mécanicien Raymond Sybert, officier à la poupe du Pendleton, littéralement brisé en deux, réalise très vite qu’il lui appartient de prendre en charge les marins terrifiés et de maintenir le navire à flot le plus longtemps possible. Alors que les garde-côtes de Chatham font de leur mieux pour aider les pêcheurs locaux à protéger leurs bateaux de la tempête, ils apprennent que le Fort Mercer est en détresse au large. Le premier maître Daniel Cluff, récemment nommé à la tête du poste de secours, envoie immédiatement ses meilleurs hommes aider au sauvetage déjà en cours. Lorsque Cluff apprend qu’un second navire, le Pendleton, est aussi en difficulté, il ordonne au timonier Bernie Webber de rassembler rapidement un équipage et de prendre le bateau de sauvetage CG 36500 pour tenter de trouver des survivants.

 

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The Finest Hours de Craig Gillespie - affiche

The Finest Hours de Craig Gillespie – affiche

Le délicieux parfum des années cinquante embaume The Finest Hours. S’y mêle une sorte de nostalgie pour le « temps de vivre », aujourd’hui évanoui, une sincérité rafraîchissante des caractères, et une robustesse des âmes désormais difficilement envisageable… Sans doute mythifions-nous cette époque. Il n’en reste pas moins que ce climat psychologique particulier – la mode rétro – nous submerge et nous attire dans les histoires sur grand écran se situant dans les années 1950. Le réalisateur Craig Gillespi, derrière le remake de Fright Night, nous offre donc ici une histoire forte dans une séquence historique suscitant l’attirance mais sans tomber dans le piège de la répétition des scènes angoissantes sur un océan déchaîné. Formidable sauvetage en mer, le plus incroyable de l’histoire des garde-côtes américains, The Finest Hours combine en 3D les scènes d’action aux instants d’intimité riche de sens. Ceux qui adorent, par principe, les récits de naufrages les plus variés y trouvent leur compte. Les effets spéciaux, particulièrement soignés, apportent la dose d’émotion réglementaire que l’on attend de ce type de blockbuster maritime. Les autres peuvent déceler dans le récit – tiré d’une histoire vraie survenue en 1952, qui fit l’objet d’un livre de Casey Sherman et Michael J. Tougias – une ode à la volonté, à la patiente ingéniosité, à l’audace, à l’intuition également, et au courage, bien entendu. Décors et musique offrent un écrin adéquat à l’intrigue. Chris Pine, dans le rôle de Bernie Webber, habite le film de manière magistrale. Il sait conserver le juste équilibre entre la sobriété d’un garde-côte affirmant simplement faire son devoir, et la puissance des sentiments et des instincts éprouvés tour-à-tour au cœur d’événements impressionnants ou de moments privilégiés. Mission difficile dans un film où l’essentiel de sa prestation se passe à la barre d’une embarcation fragile.

 

The Finest HoursThe Finest Hours

The Finest HoursThe Finest Hours

 

Il est épaulé par un fantastique Casey Affleck, qui incarne Raymond Sybert, le membre de l’équipage du Pendleton, émergeant au fur et à mesure des heures comme un leader discret et efficace. Sorte de prince élégant et désinvolte, il apporte une touche d’ironie profondément humaine et qui porte une éthique hautement exigeante. On saisit rapidement que les personnages se dessinent dans l’économie et la précision des dialogues, mais encore plus en creux, lorsque les silences laissent exploser des émotions et des pensées que les mots masqueraient. À cet égard, il convient de préciser l’importance de Miriam, joué par Holliday Grainger, la fiancée de Webber, même si son rôle apparaît d’abord secondaire. On comprend en quelques minutes qu’elle manifeste cette forme subtile et puissante de volonté féminine toute entière, portée par l’ambition d’exalter la vie. L’intelligence de son jeu saute aux yeux, et se mêle à sa beauté si onirique pour façonner une stature de femme de tête que les usages masculins et le conformisme social n’intimident pas. Alors qu’elle cultive ostensiblement ses particularités, elle tente parallèlement de s’inscrire dans un univers dont elle ne maîtrise pas les codes, par amour pour Bernie.

 

Notons par ailleurs l’intéressante évocation de l’archétype du vétéran bougon par Richard Foster, dans la peau de Richard Livesey, et celle du novice courageux par John Magaro, alias le matelot Ervin Maske. On réfléchit aussi sur quelques débats capitaux. À commencer par la nécessité d’envoyer potentiellement à la mort certains hommes pour en sauver d’autres. C’est la décision que doit prendre Eric Bana, qui incarne le premier maître Daniel Cluff, le commandant du poste des garde-côtes de Chatham lors de la tempête. On peut d’ailleurs retenir cet unique reproche : ne pas avoir suffisamment exploité ce personnage de Cluff, alors même que la qualité de l’acteur et l’importance de son ordre de sauvetage dans le cours des événements permettaient de mettre décisivement en relief cette figure complexe. Au final, Craig Gillespie offre une histoire qui enchante et donne un poids, toujours réconfortant de nos jours, à quelques termes majeurs qui nous font humains : courage, confiance et espérance…

 

 

 

  • THE FINEST HOURS (Cape Code) réalisé par Craig Gillespie en salles le 24 février 2016.
  • Avec : Chris Pine, Casey Affleck, Eric Bana, Ben Foster, Kyle Gallner, Graham McTavish, Holliday Grainger, Josh Stewart, Abraham Benrubi
  • Scénario : Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson, d’après le livre de Casey Sherman et Michael J. Tougias.
  • Production : Dorothy Aufiero, James Whitaker
  • Photographie : Javier Aguirresarobe
  • Montage : Tatiana S. Riegel
  • Décors : Michael Corenblith
  • Costumes : Louise Frogley
  • Musique : Carter Burwell
  • Distribution : Walt Disney Pictures
  • Durée : 1h56

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