Synopsis : Dans le New-York des années 50, Frank Costello et Vito Genovese sont deux barons de la mafia italo-américaine locale. Amis depuis l’enfance, leur relation se dégrade et finit par atteindre son paroxysme en 1957 et la tentative d’assassinat du second contre le premier.
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Les vétérans ne sont pas prêts à raccrocher ! Derrière le projet The Alto Knights, se trouve une équipe d’octogénaires avec Robert De Niro devant la caméra, Barry Levinson (Good Morning Vietnam, Rain Man) à la réalisation, Nicholas Pileggi (Les Affranchis, Casino) au scénario, et Irwin Winkler (Saga Rocky et Creed, Raging Bull, Le Loup de Wall Street) à la production. Il faut rappeler également que ce projet puise sa source dans les années 70, au moment où le film de mafia est en plein essor, et un biopic sur Frank Costello est alors envisagé chez la Fox. Il aura fallu attendre un demi-siècle pour que ce film voie enfin le jour. D’abord intitulé Wise Guys, il est ensuite rebaptisé The Alto Knights, en référence au véritable club new-yorkais fréquenté par la pègre italienne. Mais loin d’être un simple récit sur Frank Costello, le long-métrage s’attarde aussi sur sa relation complexe avec Vito Genovese. Amis d’enfance devenus partenaires, ils bâtissent un empire durant la Prohibition aux États-Unis (1920-1933). Mais lorsque Vito s’exile en Europe pour échapper à une condamnation, il laisse Frank seul aux commandes. À son retour, alors que la mafia s’est embourgeoisée et infiltrée dans les sphères politiques, Vito, plus ambitieux que jamais, veut récupérer son dû et étendre les affaires de l’organisation au trafic de stupéfiants. Frank, stratège et réfléchi, voit cette évolution d’un mauvais œil. Là où il privilégie la discrétion et le pouvoir en coulisses, Vito est un homme d’action, impulsif et avide de contrôle. Leur amitié s’effrite, laissant place à une rivalité qui culminera lorsque Vito commanditera l’assassinat de Frank. Une guerre fratricide qui marquera aussi le début du déclin de la mafia italienne.
Pour incarner ces deux figures opposées, Robert De Niro relève un défi de taille en jouant à la fois Frank Costello et Vito Genovese. Habitué aux rôles du genre (Le Parrain 2, Il était une fois en Amérique, Les Incorruptibles, Les Affranchis), l’acteur se donne cette fois la réplique à lui-même. Mais contrairement à un Mickey 17, où les interactions d’un même comédien fonctionnent, ici, l’usage de prothèses pour le transformer en Genovese s’avère moins efficace. L’effet, censé effacer les traits de l’acteur pour les distinguer, lui confère un aspect artificiel. Malgré tout, il s’en sort avec brio, son talent d’interprétation faisant oublier sur certaines séquences au spectateur que le même comédien se cache derrière ces deux chefs de mafia.
Si le film explore ce duel entre deux figures du crime, The Alto Knights reste avant tout centré sur Frank Costello. Son point de vue et sa vision de l’histoire guident le récit, avec une mise en scène qui rappelle le documentaire. Barry Levinson opte pour une narration en voix off et des séquences où un Frank vieillissant s’adresse directement à la caméra. l’ensemble est ponctué d’images d’archives qui prennent parfois vie et s’animent devant nos yeux pour renforcer l’immersion. Ces procédés de mise en scène rendent le film facile et agréable à suivre.
Si The Alto Knights ambitionne d’être une fresque nostalgique sur l’âge d’or du film de mafia, il manque parfois un peu d’ampleur. Le rythme a tendance à se relâcher dans sa dernière partie. Néanmoins, la dualité entre le côté brutal des règlements de compte et celui, plus feutré, des coulisses du pouvoir est bien mise en avant et illustrée de manière métaphorique par l’utilisation de l’acteur dans les deux rôles. La performance remarquée de De Niro et la photographie sombre nous plongent parfaitement dans l’ambiance des années 50.
The Alto Knights résonne comme un bel hommage au cinéma de gangsters des années 70 à 90. La musique mélancolique souligne cette atmosphère, renforçant le sentiment d’une époque qui s’efface. Sa dimension quasi testamentaire pour le genre et De Niro lui-même, accentue la nostalgie globale dans le film. Après The Irishman (2019) de Martin Scorsese, Barry Levinson prouve ainsi une nouvelle fois que les vétérans ont encore des histoires à raconter.
Florian Rouaud
- THE ALTO KNIGHTS
- Sortie : depuis le 19 mars 2025
- Réalisation : Barry Levinson
- Avec : Robert De Niro, Cosmo Jarvis, Debra Messing, Kathrine Narducci, Michael Rispoli, Wallace Langham, Matt Servitto, Louis Mustillo, Carrie Lazar, Belmont Cameli, James Ciccone, Bob Glouberman, Ed Amatrudo, Sydney Miles, Jeffrey Grover…
- Scénario : Nicholas Pileggi
- Production : Barry Levinson, Jason Sosnoff, Charles Winkler, Irwin Winkler
- Photographie : Dante Spinotti
- Montage : Douglas Crise
- Décors : Neil Spisak
- Costumes : Jeffrey Kurland
- Musique : David Fleming
- Distribution : Warner Bros Pictures
- Durée : 2 h


