De nouveau rentré bredouille du dernier Festival de Cannes malgré une standing ovation de dix minutes, le neuvième long-métrage du cinéaste américain de l’indépendance renoue avec le polar new-yorkais des origines.
Éternel candidat malheureux à la Palme d’Or, James Gray a présenté pas moins de six de ses réalisations en compétition au Festival de Cannes en l’espace d’un quart de siècle, sans jamais en sortir primé. Ajouté tardivement à une sélection 2026 particulièrement avare en cinéma américain, Paper Tiger n’a pas fait exception.
Librement adapté de la propre histoire familiale du metteur en scène, le thriller d’époque ancre son action dans les cinq à dix années suivant les événements de l’autobiographique Armageddon Time. À ce titre, il devait initialement réunir le même couple de parents de cinéma formé par Jeremy Strong et Anne Hathaway. À la faveur de conflits d’agenda, ce sont finalement Scarlett Johansson et Miles Teller qui rejoignent Adam Driver à l’affiche de Paper Tiger.
Dans le Queens du mitan des années 1980, deux frères que tout oppose s’associent à la mafia russe dans une combine trop belle pour être vraie. Mais la quête éperdue du rêve américain tourne au cauchemar éveillé, mettant leur lien fraternel à rude épreuve, et menaçant la sécurité de leur famille jusqu’au palier de leur porte.
Après une vingtaine d’années passée à explorer des genres aussi variés que la romance de Two Lovers, l’époque de The Immigrant, l’aventure de The Lost City of Z, ou encore l’odyssée spatiale d’Ad Astra, Paper Tiger signe le retour de James Gray à un territoire de prédilection déjà largement sillonné dans The Yards et La Nuit nous appartient : le crime new-yorkais.
Suite à l’infidélité à l’argentique commise à regret sur Armageddon Time, Paper Tiger marque les retrouvailles entre James Gray et le chef-opérateur Joaquin Baca-Asay, qui avait déjà officié sur La Nuit nous appartient et Two Lovers. Ensemble, ils ont de nouveau tourné en pellicule, et opté pour un éclairage au tungstène qui se fait de plus en plus rare.
Daté au cœur de la saison des récompenses, au terme d’un circuit festivalier automnal qui culminera avec le New York Film Festival, Paper Tiger sortira dans les salles françaises dès le 25 novembre 2026.
Justine Autissier
