Lou Ford a un tas de problèmes, avec les femmes et avec la loi. Trop de meurtres commencent à s’accumuler dans la juridiction de sa petite ville du Texas. Et surtout, Lou est un tueur sadique et psychopathe. Lorsque les soupçons commencent à peser sur lui, il ne lui reste pas beaucoup de temps avant d’être démasqué…

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Prolifique et éclectique, Michael Winterbottom ne pratique pas la langue de bois et sa filmographie – entre fictions et documentaires liés aux problèmes géopolitiques actuels – est souvent sans concession. Après son premier long-métrage Butterfly Kiss (road movie sur la rencontre et l’amour entre deux femmes, dont l’une est une tueuse patentée), 9 Songs sur fond de sexe et de rock’n’roll (interdit aux -18 ans en France), Code 46 (drame d’anticipation poétique et dérangeant, jamais sorti sur les écrans français) ou encore The Road to Guantanamo (docu-fiction coup de poing sur l’histoire vraie de 4 jeunes Anglais qui décident de partir au Pakistan pour un mariage juste après le 11 septembre), le cinéaste anglais suscite aujourd’hui la controverse avec The killer inside me.

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Après une première version de Burt Kennedy en 1976, cette seconde adaptation est tirée de l’un des romans réputé le plus noir, sorti en 1952, de Jim Thompson, dont les œuvres ont été souvent portées à l’écran : Guet-apens de Sam Peckinpah (Le lien conjugal), Série Noire d’Alain Corneau (Des cliques et des cloaques) ou encore Coup de Torchon de Bertrand Tavernier (1275 Âmes). The killer inside me a provoqué un tollé lors de sa projection aux derniers festivals de Sundance et de Berlin, particulièrement en raison des images chocs sur la violence faite aux femmes et certains ont crié à la misogynie. Le récit, situé dans les années 50, nous plonge dans la psyché d’un shérif tueur psychopathe et impassible, incarné par Casey Affleck. La rencontre avec une prostituée (Jessica Alba), dont il tombe amoureux, va raviver des souvenirs d’enfance enfouis.

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The killer inside me de Michael Winterbottom

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Winterbottom suit le point de vue de ce personnage double en débutant son récit avec les codes des polars noirs des années 50 (voix-off, rythme lent, musiques jazz qui émaillent la BO, flashbacks…). Progressivement, il se réapproprie le genre en lui donnant le style country propre à l’Amérique profonde, dans lequel il distille un humour aigre sur un morceau swing Shame on you de Spade Cooley, sorte de leitmotiv dans le film. Par cette approche, Winterbottom à la fois dérange et déstabilise, tout en faisant prendre du recul face à l’ultra-violence des scènes.

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La reproduction du schéma de la figure paternelle castratrice, est l’un des thèmes fondateurs du film. Toutefois, le cinéaste repousse les frontières en consolidant ce comportement par l’attitude de la mère (elle-même épouse maltraitée) qui approuve et encourage son fils avec une expression presque exaltée. Pourtant, on ressent une certaine neutralité dans ce qu’il filme. Sans parti pris, il laisse le spectateur s’interroger sur le sens des images qu’il reçoit. L’autre thème abordé, tout aussi fort et déstabilisant, concerne la passion de ces deux femmes amoureuses du même homme. Face à l’éternel bourreau repenti après chaque acte de violence, Winterbottom place l’amour à des sommets vertigineux dans le regard de ses personnages féminins, dont l’une est consentante (Jessica Alba) et l’autre, incapable de voir une once de méchanceté en lui (Kate Hudson).

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The Killer inside me de Michael Winterbottom

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Au delà des scènes malsaines d’une brutalité extrême, poussées à leur paroxysme (Jessica Alba passée à tabac), qui viennent rompre le rythme lent du récit aux accents traînants de cette « charmante » bourgade du Texas, The killer inside me tire son épingle du jeu grâce à l’interprétation radicale de Casey Affleck. Charmant et calme à l’extérieur, ce personnage double autodestructeur, pervers, froid, calculateur et persuasif, enferré dans une spirale infernale, reste parfaitement conscient de ses pulsions meurtrières et finit par accepter sa pathologie comme une fatalité. Winterbottom nous fait découvrir son passé trouble par des flashbacks, sans tomber dans l’explicatif et lui donner des circonstances atténuantes.

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Le cinéaste livre un thriller psychologique sans concession, dont le récit narratif a tendance à s’étirer en longueur, porté essentiellement par le talentueux Casey Affleck, frère cadet de Ben qui le dirigea dans Gone baby Gone. Ce trentenaire au visage froid et avenant avec un accent traînant allié à son timbre de voix cassé à la fois doux et monocorde, confirme ses talents d’acteur dans des rôles d’antisociaux et/ou bordelines (L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford).

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Sortie en salles le 11 août

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