Cars 2 : critique

Publié par Nathalie Dassa le 6 juillet 2011

Flash McQueen et son fidèle compagnon Martin la dépanneuse reprennent la route pour de nouvelles aventures. Les voilà partis pour courir le tout premier Grand Prix Mondial, qui sacrera la voiture la plus rapide du monde ! Mais la route du championnat est pleine d’imprévus et Martin se retrouve entraîné dans une affaire d’espionnage international et dans une course-poursuite explosive sur les routes du Japon et de l’Europe, regardé par le monde entier…

 

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Il fallait bien que cela arrive un jour… Même si les chiffres box office du week-end de sortie de Cars 2 ont dépassé les estimations de Pixar en récoltant 66M$ de recettes internes, par rapport au 60M$ de Cars en 2006, il faut avouer que John Lasseter signe ici une assez décevante suite. C’est d’autant plus navrant que cela vient au détriment d’une animation pourtant exceptionnelle, de décors pharaoniques et vertigineux et d’un souci du détail ahurissant. L’origine de ce mal provient essentiellement d’un scénario trop bavard, avec une intrigue trop longue à se mettre en place, qui forme dans son ensemble un curieux mélange entre James Bond, L’inspecteur Gadget et un zeste de Scoubidou. Si Cars 2 fait la part belle à son fidèle compagnon Martin la dépanneuse (Gilles Lellouche en VF/Larry the cable guy en VO), pris dans les mailles de l’espionnage international, cette suite le présente cependant comme un cul-terreux idiot et trop nature, faisant honte à son meilleur ami Flash McQueen (Guillaume Canet/Owen Wilson) qui lui, se voit littéralement rétrogradé en arrière plan, devenant un personnage secondaire. John Lasseter et son coréalisateur Brad Lewis – qui vient de quitter Pixar pour rejoindre Digital Domain – ainsi que le scénariste Ben Queen – en charge de l’écriture de son premier long-métrage d’animation – s’adjoignent les talents des plus grandes industries de jouets tels Mattel, Légo, Majorette et Hasbro et multiplient les nouveaux personnages bolides à l’écran, battant un record phénoménal pour un film Pixar, mais pour lesquels on ne s’identifie pas ou rarement.

 

 

Cars 2 s’ouvre la nuit en plein thriller d’espionnage au milieu de l’océan, sur une plateforme pétrolière et présente l’espion britannique Finn McMissile en mission secrète (Lambert Wilson/Michael Caine). Cette Aston Martin imperturbable, qui subodore une conspiration liée aux futures courses de rallye, est pourchassée par le professeur Z, un allemand à monocle (Bernard Alane), et ses sbires automobiles déglinguées et méprisées depuis leur lancement sur le marché. Grâce à ses multiples gadgets de défense (capacité sous-marine, lance-missiles, caméra espions…), le bolide insaisissable parvient à réaliser son évasion nocturne. Après cette longue séquence d’action bondienne, le film retrouve la fraîcheur et la simplicité de la joyeuse bande dans la petite ville de Radiator Springs devenue touristique, avec un bel hommage au personnage de Doc Hudson, doublé dans Cars par l’iconique Paul Newman décédé en septembre 2008. Le ton est alors donné. Malheureusement, bien que Finn McMissile soit accompagné de deux autres collaborateurs, dont Holley Shiftwell (Mélanie Doutey/Emilie Mortimer), une espionne anglaise débutante, également dotée d’une panoplie complète de gadgets inouïs (ailes rétractables, arme taser, ordinateur de bord…), la confrontation de ces deux univers s’étend en longueur et le récit parvient seulement à prendre son sens et à trouver une certaine vigueur dans les dernières quarante minutes du film.

 

 

Si Pixar – qui souffle ses 25 bougies et réalise ici sa 12e oeuvre animée – voit grand géographiquement en propulsant les protagonistes dans les villes réinventées de Tokyo, Londres, Paris (avec ses DS et ses 2 chevaux) et de Porto Corsa, pour un affrontement final pendant le Grand Prix Mondial avec des méchants qui veulent saboter un projet d’essence écologique, Cars 2 manque singulièrement d’empathie et d’émotion. Toute l’énergie de l’original se volatilise derrière la grandiloquence de la direction artistique et le vrombissement accru des moteurs des cylindrées sur les pistes de courses, pour un propos simple, mais hélas ici bien maigre, sur l’amitié qui revendique d’être soi-même et ne jamais se soucier des autres. On se consolera avec le nouveau court-métrage des studios, Hawaiian Vacation, projeté en exclusivité avant le film, qui met en scène dans un décor tropical le tout premier baiser de Ken et Barbie entourés de Woody, Buzz et tous les personnages de Toy Story 3

 

 

 

‘Cars 2’ coréalisé par John Lasseter et Brad Lewis en salles le 27 juillet 2011, avec les voix françaises de Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Mélanie Doutet, Lambert Wilson, Cécile de France, Jacques Villeneuve et la participation de Sofia Loren. Scénario : Ben Queen, d’après une idée originale de John Lasseter, Brad Lewis et Dan Fogelman. Production : Denise Ream. Musique : Michael Giacchino. Décorateur : Harley Jessup. Direction Artistique : Jay Shuster. Design : Apurva Shah. Animateurs : Shawn Krause, Dave Mullins. Photo : Sharon Calahan, Jeremy Lasky. Distribution : The Walt Disney Company. Durée : 1h46.
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Source: CBO Box office

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