Les Winners (Win Win) : critique

Publié par Nathalie Dassa le 30 août 2011

Un jeune athlète en fugue bouleverse la vie familiale et professionnelle d’un coach de lutte de lycée…

 

♥♥♥♥

 

La nouvelle comédie dramatique de Tom McCarthy, sélectionné au dernier festival de Sundance, rejoint les perles du cinéma indépendant au milieu de cette pluie de blockbusters. Si sa seconde et dernière œuvre pleine d’humanité The Visitor en 2008 se basait sur l’immigration clandestine, Les Winners (Win Win en VO) a pour thème en toile de fond les effets de la crise économique et propose une tranche de vie dans la banlieue américaine. Le cinéaste met en scène cette fois l’excellent, l’attachant et l’éclectique Paul Giamatti qui maîtrise décidément l’art du jeu d’acteur en passant de manière totalement naturelle, du cinéma indie (Sideways et prochainement dans Le Monde de Barney aux côtés de Dustin Hoffman) à celui hollywoodien (Il faut sauver le soldat Ryan). Il interprète ici un avocat indépendant et entraîneur d’une équipe de lutte quadragénaire, dont la vie prend une nouvelle tournure lorsqu’il décide de détourner de l’argent en se portant garant d’un vieil homme (Burt Young) dont il devrait s’occuper, afin de subvenir aux besoins de sa famille. Le scénario brillant à la fois poignant et drôle, coécrit par le réalisateur et son ami Joe Tiboni, ancien camarade de lutte devenu lui-même avocat, s’inspire de leur propre amitié. Ainsi Tom McCarthy gère avec un talent inné les situations inattendues et la caractérisation des personnages vrais qui tentent de s’affranchir des problèmes réels de la vie quotidienne.

 

 

Si le film met un peu de temps à s’installer dans les scènes d’exposition en posant les difficultés et les obstacles de chacun des personnages, il prend ensuite très rapidement son envol avec l’arrivée d’un jeune athlète de lutte talentueux, qui s’avère être le petit-fils du retraité escroqué. Cet adolescent calme et taiseux – interprété avec simplicité et authenticité par Alex Shaffer, véritable champion de lutte, qui fait ses premiers pas au cinéma – est le cœur des Winners et parvient à redynamiser l’univers encroûté des personnages enferrés dans leurs problèmes. En fugue, il pénètre comme un miracle dans la vie de cet avocat/entraîneur de lutte, en proie à ses conflits intérieurs, ses (mauvaises) décisions, sa volonté de bien faire et ses maladresses. Il réanime son quotidien et celui de son entourage composé de son ami autocentré (Bobby Cannavale) qui tente de se remettre de sa relation avec son ex copine, son co-entraîneur et expert-comptable en difficultés financières (Jeffrey Tambor) et sa femme avec sa morale et ses certitudes inébranlables (Amy Ryan). Le scénario prend alors un nouveau tournant avec le retour de sa mère droguée (Melanie Lynskey) qui, soi-disant par amour maternel, tente également de s’octroyer l’argent de cette tutelle en guise d’héritage.

 

 

Au travers de ce jeune garçon ‘personnage clé’, trahi et manipulé par les adultes, McCarthy met en exergue le besoin inévitable de chacun de tisser des liens solides et forts et de trouver du réconfort et une écoute. Sans forcément suivre le rythme traditionnel du cinéma indie, McCarthy parvient à emporter le spectateur en réunissant l’aspect dramatique, l’émotion, l’humour, l’amitié, la rédemption et un sport très peu montré au cinéma, dans un style fluide et naturel qui lui est propre. Les Winners évite soigneusement le côté mélodramatique et de tomber dans une quelconque caricature des personnages en sachant se démarquer grâce à sa manière de rester toujours vrai.

 

 

 

‘Les Winners’ (Win Win) de Tom McCarthy, en salles le 31 août 2011, avec Paul Giamatti, Alex Shaffer, Amy Ryan, Bobby Cannavale, Jeffrey Tambor, Burt Young et Melanie Lynskey. Scénario : Tom McCarthy, sur une histoire de Tom McCarthy et Joe Tiboni. Production : Mary Jane, Skalski, Michael London, Lisa Maria Falcone, Tom McCarthy. Distribution : Fox Searchlight. Durée : 1h46

.

.

 

 

 

Articles sur le même thème

  1. Larry Crowne : critique
  2. Blue Valentine : portrait bouleversant d’un couple à la dérive (critique)
  3. Mr Nice : passe passe le oinj (critique)
  4. Rabbit Hole : parcours poignant vers la résilience (critique)
  5. Taking Off : planant et jubilatoire

 

Commentaires

A la Une

The Substance : le film de body horror avec Demi Moore se dévoile dans un teaser intrigant

Le nouveau film de Coralie Fargeat verra s’affronter Demi Moore et Margaret Qualley autour de cette fameuse substance.    … Lire la suite >>

Gladiator II : une bande-annonce épique et intense pour la suite de l’épopée historique

Ridley Scott nous replonge dans l’arène du Colisée de Rome, avec Paul Mescal pour marcher dans les pas de son… Lire la suite >>

Emmanuelle : La relecture se dévoile dans une bande-annonce sensuelle et mystérieuse

Le nouveau long-métrage d’Audrey Diwan, avec Noémie Merlant dans le rôle-titre, révèle les premières images de cette nouvelle version du… Lire la suite >>

RIP : Matt Damon et Ben Affleck à l’affiche d’un thriller criminel sur Netflix

La plateforme de streaming a récemment acquis les droits du film qui sera écrit et réalisé par Joe Carnahan, avec… Lire la suite >>

Robert Englund et John Carpenter, nouvelles étoiles du Hollywood Walk of Fame

Chaque année, plusieurs stars sont célébrées sur le Hollywood Walk of Fame. En 2025, plus de trente personnes le rejoindront…. Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 VICE-VERSA 2 1 585 965 3 5 435 773
2 LE COMTE DE MONTE-CRISTO 1 275 985 2 2 463 225
3 UN P'TIT TRUC EN PLUS 471 943 10 8 388 607
4 SANS UN BRUIT : JOUR 1 236 839 2 635 914
5 HORIZON : UNE SAGA AMERICAINE, CHAPITRE 1 121 617 1 121 617
6 BAD BOYS : RIDE OR DIE 119 058 5 1 121 610
7 ELYAS 102 095 1 102 095
8 LA FAMILLE HENNEDRICKS 56 475 2 176 686
9 POURQUOI TU SOURIS ? 56 283 1 56 283
10 BLUE LOCK THE MOVIE - EPISODE NAGI 54 674 1 54 674

Source: CBO Box office

Nos Podcasts