En 1964, une journaliste décide d’enquêter sur l’hôpital psychiatrique de Briarcliff tenu d’une main de fer par la redoutée Sœur Jude.

 

♥♥♥♥♥

 

American Horror Story afficheParfois, il peut s’avérer assez difficile d’écrire une critique sur une série et, après avoir vu la saison 2 intitulée Asylum de AMERICAN HORROR STORY (notre critique saison 1), on est légitimement en droit de se demander ce à quoi on a assisté. Car avouons-le franchement, le scénario est assez surprenant. Prenez un asile psychiatrique véritablement malsain tenu par le clergé, où l’on passe en continu « Dominique nique nique » (la véritable version en français qui a dû traumatiser même le public américain), avec des sÅ“urs qui font froid dans le dos et un médecin terriblement inquiétant qui pratique des expériences sur les patients. On obtient déjà une ambiance assez lourde. Mais si on ajoute des extraterrestres, une sorte d’ange de la mort, des monstres qui rôdent, un tueur psychopathe et un démon…. ça fait beaucoup pour une seule histoire, histoire qui par moments part dans tous les sens. D’autant plus que, même si l’intrigue principale se déroule dans les années soixante, certaines scènes se situent à notre époque. Au fil des épisodes, on ne cesse de se demander : mais où veulent-ils en venir ? Comment vont-ils faire pour que tout ça ait un sens ? En fait, l’asile de Briarcliff, ici « personnage » principal de ce récit, apparaît comme une sorte de représentation de l’enfer, ou plutôt du Purgatoire, le point de convergence de plusieurs histoires sordides qui se croisent dans cet endroit abandonné aussi bien de Dieu que des hommes. Le générique nous met tout de suite dans l’ambiance et s’impose comme un des plus glauques qu’on puisse voir (Aaah ! Si Carpenter avait pu faire pareil pour son médiocre The Ward). Après une brillante première saison, les scénaristes n’ont pas choisi la facilité en nous présentant ce récit complexe et peut-être un peu trop fourni. Ce qui est certain c’est qu’une telle histoire ne tiendrait pas sans deux éléments fondamentaux : une réalisation impeccable et surtout l’excellente prestation des interprètes. A ce sujet, Jessica Lange (sÅ“ur Jude) est tout bonnement extraordinaire et c’est certainement l’atout majeur de cette saison qui la justifie à lui seul. Certains ont obtenu des Oscars pour moins que ça et si elle avait pu décrocher un Golden Globe de la meilleure actrice dans une minisérie, ç’aurait été logique. Mais elle ne l’a pas eu. Un grand n’importe quoi qui en dit long sur l’intérêt de ces récompenses. Au sujet des acteurs, on retrouve la plupart de ceux que l’on avait découverts dans la saison 1 (notre critique) dans des rôles bien différents, notamment Zachary Quinto, Evan Peters ou bien encore Dylan McDermott.

 

American Horror Story

 

Pour en revenir au scénario, non seulement celui-ci laisse passablement perplexe mais, en plus, certains épisodes offrent des moments pour le moins bizarres et casse-gueule à l’instar de celui qui est en partie tourné comme un vieux film et un autre qui offre une longue scène musicale. Des épisodes qui illustrent la folie omniprésente qui imprègne les lieux. Mais ce qu’il y a de vraiment étonnant dans cette saison 2, c’est qu’on a beau trouver toute cette histoire un peu chaotique et confuse, on ne s’ennuie pas une seconde et il n’y a pas grand-chose à jeter, sauf peut-être les extraterrestres. On s’intéresse immédiatement à tous ces êtres torturés qui évoluent dans cet enfer où se révèlent leurs fautes, leurs péchés, leurs peurs et, parfois, leur humanité. Le Dr Aden, personnage brillamment campé par James Cromwell, en est une parfaite illustration. Car plus monstrueux que cet individu, c’est assez difficile. Pourtant, même s’il apparaît tout d’abord comme un bourreau obsédé par ses expérimentations, on le découvre fragile quand il se retrouve irrésistiblement attiré par la pureté de Soeur Eunice (Lily Rabe), une pureté mise à mal par un odieux démon. Cette attirance le mènera non pas vers la Rédemption, car elle est impossible, mais vers un châtiment hautement symbolique (pour ce personnage) qu’il s’infligera au cours d’une scène magnifique. De Rédemption, il en est aussi question pour Sister Jude (Jessica Lange, une nouvelle fois « impérialissime »), la redoutable directrice de l’établissement dont la vie s’avère un long chemin de croix. Tour à tour bourreau et victime, c’est certainement le personnage le plus intriguant et le plus attachant de la série. Et c’est au cours du tout dernier et magnifique épisode (sans doute le meilleur) qu’elle obtiendra ce à quoi elle a toujours aspiré, lors d’une autre scène magistralement réalisée. Mais à Briarcliff, on se damne aussi. C’est le cas de Monsignor Timothy O’Hara (Joseph Fiennes) dont l’aveuglement mais surtout l’ambition le conduiront inéluctablement vers un destin encore une fois très symbolique.

 

American Horror Story Asylum1

 

Alors, bien entendu, l’institution catholique en prend pour son grade mais elle n’est pas la seule. Quand l’Etat reprend le contrôle de l’asile, on en vient à regretter les méthodes extrêmes des sÅ“urs. Elles au moins avaient comme ambition de remettre sur le « droit chemin » les brebis égarées. Les autorités quant à elles, se moquent éperdument des malheureux pensionnaires qui ne sont, après tout, que les déchets de l’humanité qu’on peut laisser mourir sans que cela n’émeuve personne. L’Asile apparaît comme la poubelle d’une société qui y enferme tous ceux et toutes celles qui ne se fondent pas dans le moule. Qu’y-a-t-il d’autres à Briarcliff que des malades mentaux, des tueurs et des homosexuels ? L’homosexualité féminine est d’ailleurs un des sujets de la série illustré par la journaliste Lana (Sarah Paulson). A une époque où on considère cette orientation sexuelle comme une maladie mentale, Lana se jette littéralement dans la gueule du loup en cherchant à enquêter sur l’asile. C’est d’ailleurs son enquête qui déclenche les événements de la série et c’est autour d’elle que vont graviter les autres protagonistes. En résumé, cette saison 2 est extrêmement particulière. Riche, trop peut-être, on aime ou on déteste en bloc. Mais il est indéniable que ses qualités surpassent largement ses défauts. Le dernier épisode, notamment, est une perle télévisuelle en grande partie grâce à la prestation d’une Jessica Lange époustouflante. On citera d’ailleurs cette dernière qui dit à Lana : « Si vous voyez le visage du mal, le mal vous voit aussi. ». Une citation qui résume bien cette singulière et seconde saison. AMERICAN HORROR STORY s’affirme comme une série atypique dans laquelle les scénaristes n’hésitent pas prendre des risques, que ce soit pour le pire ou pour le meilleur. Attendons maintenant de voir ce qu’ils nous réservent pour la saison 3, mais par pitié sans les extraterrestres…

 

 

Série américaine AMERICAN HORROR STORY, créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk, de 13 épisodes de 45 minutes et diffusée sur FX à partir du 5 Octobre 2012 avec Jessica Lange, James Cromwell, Zachary Quinto, Joseph Fiennes, Sarah Paulson, Evan Peters, Lily rabe et lizzie Brocheré. La série est diffusée en France sur Ciné+ Frisson depuis le 5 Mai 2012 et à partir du 11 avril 2013 sur Série Club.

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