A Seattle, en pleine élection pour le poste de Maire, Sarah Linden et Stephen Holden enquêtent sur l’assassinat d’une jeune fille de dix-sept ans retrouvée morte dans le coffre d’une voiture de la campagne d’un des deux candidats.

 

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The Killing posterBasé sur la série danoise Forbrydelsen, The Killing en reprend une grande partie de l’intrigue. D’ailleurs, on retrouve Søren Sveistrup, le créateur de la série originale, et Piv Bernth, son producteur, aux postes de producteurs exécutifs, ainsi que Frans Bak en tant que compositeur. On est donc assez proches d’un remake même si on constate assez rapidement certaines différences et notamment dans le dénouement. Avec à son actif la série Cold Case, c’est Veena Sud qui est chargée de la réécriture du scénario. Quant à la production, ce sont Fox Television Studios et Fuse Entertainment qui sont à la manœuvre, avec une diffusion sur la chaîne AMC. The Killing est ainsi une longue enquête qui s’étale sur 26 épisodes (les deux premières saisons) correspondant chacun à une journée. C’est le temps imparti aux enquêteurs pour résoudre le mystère avant la fin de la campagne électorale. Si le moteur du récit est bien évidemment la recherche de ce qui s’est passé, la série s’intéresse également à deux groupes d’individus : la famille de la victime et les deux candidats au poste de maire ainsi que leur entourage. On nous plonge donc dans l’intimité de tous les protagonistes et, autant le dire tout de suite, c’est une plongée dans des eaux très obscures. Dès le premier épisode, le ton est donné avec une ville de Seattle noyée sous la pluie, une pluie presque omniprésente qui renforce la noirceur de l’histoire en rappelant par moment une ambiance à la Se7en. Dans The Killing, l’humour n’a aucune place. Les personnages sont confrontés à un crime épouvantable, la mort d’une jeune fille, et ses conséquences seront dramatiques pour tous les intervenants. Au fil de l’enquête, on a l’impression de s’enfoncer peu à peu dans un cauchemar qui jusqu’à la fin du dernier épisode s’avère de plus en plus glauque. Il est clair qu’à aucun moment on ne souhaite être à la place de l’un des protagonistes.

 

The Kiliing - Stephen Holder (Joel Kinnaman) et Sarah Linden (Mireille Enos) / Photo Frank Ockenfels/AMC

The Kiliing – Stephen Holder (Joel Kinnaman) et Sarah Linden (Mireille Enos) / Photo Frank Ockenfels/AMC

 

The Killing est interprété par des acteurs formidables à commencer par le duo d’inspecteurs, Mireille Enos (actrice franco-américaine actuellement à l’affiche de World War Z) et Joel Kinnaman (acteur suédo-américain vu dans MILLENIUM de David Fincher – notre critique). La première incarne Sarah Linden, une enquêtrice surdouée mais qui a tendance à trop s’impliquer dans les affaires qu’elle tente d’élucider. Renfermée, un peu bourrue, peu aimable, accoutrée de pulls affreux, elle se laisse happer une nouvelle fois par son travail, quitte à délaisser son fils. Il faut dire que Sarah a un lourd passé, que la vie ne lui a presque jamais fait de cadeau et qu’une précédente enquête a déjà fait vaciller sa santé mentale. Mireille Enos est absolument extraordinaire dans ce rôle où elle se montre à la fois forte, avec un comportement très masculin, mais aussi d’une fragilité déconcertante. Joel Kinnaman interprète Stephen Holder, le coéquipier de Sarah, particulièrement retaillé puisqu’après une enfance difficile, il se retrouve employé dans la police comme infiltré, avant de développer une certaine prédilection pour les méthamphétamines. Fraîchement muté à la Criminelle, il a plus l’air d’un junkie que d’autre chose. Joel Kinnaman livre lui aussi une prestation remarquable et le duo qu’il forme avec Mireille Enos fonctionne à merveille.

 

The Killing (Season 1)

 

Le système judiciaire et le monde de la politique en prennent aussi pour leur grade quand les inspecteurs se heurtent à l’immobilisme de leurs supérieurs, qui se préoccupent seulement d’éviter les dépassements budgétaires sans aucunement contrarier les gens influents. On se rend compte alors que la vie d’une jeune fille ne pèse pas bien lourd face à des intérêts supérieurs. Aussi, très rapidement, Sarah et Stephen se retrouvent un peu seuls au monde pour tenter de percer le mystère. Mais les autres comédiens ne sont pas en reste. Dans le rôle d’un des deux principaux candidats au poste de maire, Darren Richmond, nous retrouvons avec plaisir Billy Campbell. Il joue un homme politique ravagé par la mort de son épouse et qui tente encore de s’accrocher à ce qu’il croit juste malgré la réalité du monde politique. Sa prestation est comme toujours impeccable et pleine de sensibilité. Quant aux parents de la victime, Mitch et Stan Larsen, ils sont campés respectivement par Michelle Forbes (inoubliable Amiral Helena Cain du Pegasus dans Battlestar Galactica) et Brent Sexton. Leur importance est capitale puisqu’une bonne part de la série tourne autour de l’impact de la mort de leur fille sur leur vie. Harcelés par les journalistes, leur existence devient vite un véritable enfer quand les suspicions, les non-dits, les regrets et les reproches commencent à ronger les bases vacillantes de leur famille. On fait alors le terrible constat que toutes nos convictions, tous nos projets, tout ce à quoi l’on croit peuvent voler en éclat quand un « incident de la vie » vient bouleverser notre quotidien.

 

The Killing

 

Le seul reproche que l’on puisse adresser à cette série provient du format inhabituellement long pour une seule enquête. Avec vingt-six épisodes, les scénaristes sont obligés de multiplier les fausses pistes et les rebondissements qui peuvent paraître, quelquefois, assez artificiels. C’est cependant tellement bien fait et tellement prenant qu’on se surprend à avoir regardé l’ensemble des deux premières saisons sans la moindre lassitude. Cela s’explique par une réalisation particulièrement inspirée, par un jeu d’acteur sans failles, par des rebondissements efficaces et par un savant dosage de scènes très touchantes qui ne sont jamais excessives. On vit le drame avec les protagonistes envers qui on ne peut éprouver qu’une profonde empathie. Alors que The Killing ne devait compter que deux saisons, la série a finalement été renouvelée pour une troisième saison de douze épisodes en cours de diffusion. Cette fois-ci, l’enquête se focalise sur les meurtres de plusieurs jeunes adolescentes, meurtres ayant un lien avec une enquête passée de Sarah. Tout aussi sombre et particulièrement glauque, cette seconde enquête s’avère très prometteuse, surtout si elle se conclut au bout de douze épisodes, un format qui s’avère sans doute plus approprié pour ce type de récit.

 

 

Série américaine THE KILLING, basée sur la série FORBRYDELSEN, créee par Søren Sveistrup de 26 épisodes de 45 minutes et diffusée sur AMC depuis le 3 Avril 2011 avec Mireille Enos, Joel Kinnaman, Billy Campbell, Michelle Forbes et Brent Sexton.

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Source: CBO Box office

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