Insaisissables 2 de Jon M. Chu : critique

Publié par Antoine Gaudé le 27 juillet 2016

Synopsis : Un an après avoir surpassé le FBI et acquis l’admiration du grand public grâce à leurs tours exceptionnels, les 4 Cavaliers reviennent ! Pour leur retour sur le devant de la scène, ils vont dénoncer les méthodes peu orthodoxes d’un magnat de la technologie à la tête d’une vaste organisation criminelle. Ils ignorent que cet homme d’affaires, Walter Marbry, a une longueur d’avance sur eux, et les conduit dans un piège : il veut que les magiciens braquent l’un des systèmes informatiques les plus sécurisés du monde. Pour sortir de ce chantage et déjouer les plans de ce syndicat du crime, ils vont devoir élaborer le braquage le plus spectaculaire jamais conçu.

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Insaisissables 2 - affiche

Insaisissables 2 – affiche

Depuis ses origines, la magie est une partie inhérente au septième art. Les illusionnistes comme George Méliès ont longtemps pratiqué un cinéma truqueur, où, à l’aide de procédés inventifs et mécaniques, ils rendaient possible l’impossible. Véritable fascination de la part du public depuis cette époque, la représentation de la magie a trouvé un écho dans le cinéma contemporain avec plus ou moins de réussites (Harry Potter, Le Prestige, L’Illusionniste, Insaisissables…). Ainsi, les films sur la magie, qui ont suivi, évoquent surtout l’histoire du cinéma et de ses avancées technologiques. Bien sûr, toute virtuosité technique – et l’ère de l’imagerie numérique en est une – a tendance à réduire l’imaginaire des cinéastes. La véritable magie serait davantage à chercher dans notre adhésion à la fiction qu’à ses moyens techniques. Cette dialectique entre Science (mécanique, trucage) et Art (illusion, magie) est probablement la seule chose qu’il faille mettre en avant dans le film de Jon M. Chu, suite improbable d’INSAISISSABLES de Louis Leterrier (notre critique). Le scénario bancal multiplie les maladresses et les incohérences avec, en ligne de mire, un argument politique jouant sur la métaphore à travers le dévoilement sur la place publique d’une famille d’assureurs, corrompue et lâche (Michael Caine et son fils Daniel Radcliffe). Ou autrement dit, l’incarnation de la figure du Mal au XXIème siècle. En outre, Insaisissables 2 enchaîne sans scrupule les scènes embarrassantes, comme lorsque les quatre cavaliers se balancent à tour de rôle une carte en CGI durant dix minutes ou encore lorsque McKinney (Woody Harrelson) tombe sur son jumeau chevelu, bien plus cabotin que l’original.

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Insaisissables 2

Insaisissables 2

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Le film creuse également, et de manière totalement incongrue, le background de Dylan Rhodes (Mark Ruffalo) via une relation père-fils traumatique et foncièrement superflue. L’écriture caricaturale des personnages en disent long sur le peu d’estime que les scénaristes ont de leurs personnages. Reste alors les séquences de magie avec, en guise de bouquet final, un jeu d’illusionnistes clinquant et bruyant dont le but principal est de servir de diversion. Le film fait ainsi le choix de nous manipuler tout en révélant l’envers du décor mais celui-ci relève surtout de la pirouette scénaristique et n’invite à aucune réflexion sur le médium. L’art cinématographique doit inviter à réfléchir sur « sur l’imaginaire de la réalité et la réalité de l’imaginaire » pour paraphraser un certain Edgar Morin dans Le cinéma ou l’homme imaginaire. Dans Insaisissables 2, tout n’est qu’artifice et superficialité. Cette suite s’amuse à détruire toute la dimension fantasmagorique entre magie et cinéma dans un scénario aussi indigent que complaisant. Jon Chu, responsable des Sexy Dance 2 et 3D et de G.I Joe : Conspiration, n’a manifestement aucune envie de poursuivre la tradition de Méliès (à l’inverse de Scorsese avec Hugo Cabret) et se suffit d’un montage au service d’effets numériques et de pantins exécutants machinalement leurs mimes. Un film qui n’a même pas l’illusion de la vie.

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Antoine Gaudé

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  • INSAISISSABLES 2 (Now you see me 2) de Jon M. Chu en salles le 27 juillet 2016.
  • Avec : Mark Ruffalo, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Lizzy Caplan, Morgan Freeman, Michael Caine, Daniel Radcliffe, Jay Chou…
  • Scénario : Ed Solomon d’après les personnages créés par Boaz Yakin et Edward Ricourt
  • Production : Alex Kurtzman, Roberto Orci, Bobby Cohen
  • Effets Visuels : Matt Johnson
  • Décors : Sharon Seymour
  • Costumes : Anna B. Sheppard
  • Photographie : Peter Deming
  • Montage : Stan Salfas
  • Musique : Brian Tyler
  • Distribution : SND
  • Durée : 2h09

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