Série / The Spy (saison 1) : critique

Publié par Garance Lunven le 9 septembre 2019

Synopsis : D’après l’histoire vraie d’Eli Cohen, un agent israélien ayant infiltré les plus hauts niveaux militaires et politiques de la Syrie dans les années 1960.

♥♥♥♥♥

 

The Spy - affiche

The Spy – affiche

Le géant Netflix s’attaque à l’un des conflits géopolitiques les plus complexes du siècle dernier. Visible en France sur OCS, la nouvelle série The Spy plante son intrigue entre la Syrie et Israël, sur fond de frappes aériennes et bombardements civils. Adapté du roman écrit par Uri Dan et Yeshayahu Ben Porat, L’espion qui venait d’Israël, lui-même inspiré par des faits réels, le scénario suit le destin d’Eli Cohen, campé par Sacha Baron Cohen. Entre 1961 et 1965, le célèbre espion israélien fut chargé d’infiltrer la Syrie et ses plus hautes sphères politiques et militaires afin de collecter des informations pour le Mossad, les services de renseignements de son pays. Son activité aurait notamment permis à Israël de remporter la Guerre des Six Jours en 1967. Certains affirment même que son infiltration fut tant réussie qu’il était pressenti pour devenir président de la Syrie. Si le choix du casting paraît surprenant à première vue, force est de constater que Sacha Baron Cohen colle à merveille à la peau de son personnage. Grand habitué des comédies et adepte du travestissement avec des rôles hauts en couleur tels que le journaliste Borat et le rappeur Ali G, l’acteur prouve qu’il brille tout autant dans un rôle plus dramatique. Ici, pas de place pour les costumes excentriques et les répliques graveleuses. The Spy dévoile le biopic d’un agent patriote en costume chic et à la moustache toujours impeccable. Un thriller d’espionnage haletant dont le showrunner Gideon Raff a le secret, puisqu’il a déjà travaillé sur les tournages des séries Homeland et Quantico. Le sujet d’expertise du cinéaste reste cependant la politique israélienne et son passé douloureux, qu’il illustre à travers Hatufim, l’œuvre qui a lancé sa carrière et dont est inspiré Homeland. La série s’attache à trois soldats israéliens capturés en Syrie par un groupe d’islamistes et détenus pendant près de dix-sept ans. Libérés et de retour au pays, ils doivent chacun surmonter leur traumatisme et redécouvrir qui ils sont.

 

Sacha Baron Cohen - The Spy

Sacha Baron Cohen – The Spy

 

Dans la continuité de sa filmographie s’inscrit donc The Spy, qui se déroule cette fois dans l’Israël des années 60, sans pour autant mettre de côté les thèmes chers à Gideon Raff. La question de l’identité apparaît plus que jamais au cœur de ces six épisodes dans lesquels Eli Cohen se confond avec son alter ego, Kamel Amin Thaabeth. Contraint de prendre une fausse identité afin de passer la frontière, l’agent incarne un richissime business man syrien venu d’Argentine. Déguisement dans lequel il finira par se perdre, jonglant entre deux vies. D’un côté, Eli est un mari et un père de famille attendrissant, de l’autre Kamel joue les milliardaires BCBG sans attache. Ce qui lui permettra de fréquenter les hautes sphères politiques du pays arabe. Quitte à se brûler les ailes. Puisque le premier épisode n’en fait pas un secret, les activités du héros national lui seront fatales. En connaissant la fin, on appréhende davantage les risques pris par Eli Cohen, dont on craint qu’il soit démasqué à chaque moment.

 

Sacha Baron Cohen - The Spy

Sacha Baron Cohen – The Spy

 

Une tension qu’a su entretenir le réalisateur tout au long de la première saison, sans aucun moment de faiblesse. À la maîtrise du rythme s’ajoute une galerie de personnages complexes, comme la femme de l’agent, Nadia (Hadar Ratzon Rotem), et le mentor d’Eli, Dan Peleg (Noah Emmerich). Des protagonistes tiraillés entre l’attachement à leur patrie, ses conventions, son idéologie et leurs sentiments humains. Dan ne peut ainsi s’empêcher de se sentir coupable vis-à-vis de la famille d’Eli, dont il essaie de prendre soin malgré l’interdiction de ses supérieurs du Mossad. The Spy s’intéresse donc moins à la politique qu’aux hommes et femmes qui la façonnent.

 

On notera également la fidèle reconstitution du décor des années 60 sur ces territoires en plein conflit. De l’américanisation des populations israéliennes à la décadence des politiques syriens, la série pose aussi son regard sur une guerre d’ordre social. Dans chacun des deux pays, l’écart entre les populations riches et pauvres se creuse. À bien des égards, The Spy est donc une réussite : une écriture brillante, un jeu d’acteur prodigieux, une réalisation soignée. Ainsi qu’un agent tristement humain, avec ses failles et ses défauts, qui rappelle les espions des séries The Americans et Le Bureau des Légendes. James Bond n’a qu’à bien se tenir !

 

Garance Lunven

 

 

 

  • THE SPY
  • Diffusion : depuis le 7 septembre 2019
  • Chaîne/ Plateforme : OCS City
  • Création et réalisation : Gideon Raff
  • Avec : Sacha Baron Cohen, Hadar Rotzen Rotem, Nassim Si Ahmed, Noah Emmerich, Yael Eitan, Uri Gavriel, Hassam Ghancy, Alexander Siddig, Waleed Zuaiter, Moni Moshonov.
  • Scénario : Gideon Raff
  • Durée : 6 épisodes de 50 minutes environ

 

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Source: CBO Box office

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