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[Copyright©ND – archive web mars 2010] Le Festival israélien de Paris, parrainé par Yvan Attal, a fêté son dixième anniversaire du 10 au 16 mars 2010. Après le Cinéma des Cinéastes, le MK2 Bibliothèque, le Max Linder et le Lincoln, ce fut au tour du Gaumont Opéra côté Capucines d’accueillir l’événement pendant six jours. Compte-rendu.

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Le rendez-vous incontournable pour tous les fervents du made in Israël

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Charles Zrihen, fondateur et directeur du festival, dont l’ambition est de promouvoir depuis sa création la production cinématographique israélienne auprès d’un public friand de découvertes, privilégie les films les plus récents et les plus percutants pour concourir au Prix du Public. La particularité et la richesse de ce festival, organisé par une association à but non lucratif, est de faire découvrir des œuvres où le social, la religion et la politique sont remis en question, présentés et analysés avec cette capacité d’esprit critique, qui caractérise le cinéma israélien, tout en restant dans un contexte d’information sur la culture du Moyen-Orient.

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Un jeune cinéma au succès international

Aujourd’hui, Israël dispose de cinq écoles de cinéma et d’une seule cinémathèque installée à Tel-Aviv. Depuis quelques années, ce jeune cinéma est devenu le fer de lance du renouveau de l’image d’Israël en France et rencontre un succès international. Présenté et primé en compétitions dans plusieurs festivals tel Cannes (une Caméra d’Or respective pour Mon Trésor en 2004 et Les Méduses en 2007 et Téhilim en sélection officielle en 2007), c’est la 3ème année consécutive qu’il se trouve nominé aux Oscars dans la catégorie Meilleur Film Étranger (Beaufort en 2008, Valse avec Bachir en 2009 et Ajami en 2010). La cérémonie d’ouverture s’est déroulée le 9 mars au soir en présence d’Yvan Attal, Limor Livnat (Ministre Israélienne de la Culture et des Sports), Daniel Shek (Ambassadeur d’Israël en France) et le réalisateur Léon Prudovsky, dont le premier long-métrage À 5 heures de Paris – une comédie romantique – a lancé l’événement et est le seul à ce jour à avoir trouvé un distributeur.

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La programmation a offert une bonne dose de nouveautés avec 10 longs-métrages de fiction, dont le huis clos Phobidilia de Yav et Doron Paz, l’excellent diptyque Une histoire du Cinéma Israélien de Raphaël Nadjari (Tehilim), Le Chat de Mme Moskovitch de Jorge Gurvich, Adam Ressuscité de Paul Schrader (American Gigolo, La Féline), une mini fiction Freeland, 7 documentaires, 4 films consacrés au courant musical sur des groupes et/ou des chanteurs israéliens, des courts-métrages d’étudiants et un hommage à Ram Loevy (scénariste, réalisateur et producteur de cinéma et de séries TV) considéré comme le père du cinéma sociétal israélien, avec 3 films projetés (Le Pain, L’indien au soleil et Football en Israël).

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En cadeau, un Best-Of !

Pour souffler cette dixième bougie, un Best-Of inédit avec 11 films présentés durant la décennie (Made in Israël d’Ari Folman, My Father My Lord de David Volach, La Visite de la Fanfare d’Eran Kolirin, Beaufort de Joseph Cédar, Les Sept Jours de Ronit et Shlomi Elkabetz…) et une rétrospective sur le cinéma des années 30 intitulé L’épopée des bâtisseurs, dont entre autres L’enfant Perdu de Chaim Halachmi, premier long-métrage de cinéma en hébreu (1933) et Le Labeur de Helmar Lerski, documentaire sur l’accomplissement du travail manuel, agricole et technologique des premiers immigrants juifs en Palestine (1935).

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Deux programmes de courts-métrages ont été également projetés, avec pour thème les relations entre juifs et arabes :

  1. I am you are, projet initié par la cinémathèque de Jérusalem depuis 1999, réunit 5 groupes de 30 juifs et palestiniens (garçons et filles) de 15 à 17 ans avant leur service militaire, encadrés par des étudiants formateurs d’une école de cinéma. Leur objectif est d’écrire et de réaliser, en un mois pendant les grandes vacances, une série de courts-métrages sur le thème de l’identité de la jeunesse juive et arabe. Ce sont essentiellement des sujets sociaux (premier amour, plaisir du tatouage…).
  2. Jérusalem Moments 2009 entame sa deuxième année. Yael Perlov, professeur de cinéma à Jérusalem, monteuse et productrice, est venue présenter ce projet de 7 documentaires de 86’, réalisés en 6 mois par 7 jeunes Israéliens et Palestiniens. Cet ensemble de courts-métrages a pour ambition d’évoquer les difficultés et la complexité du quotidien au cœur même de Jérusalem dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Ces films sont visibles à la cinémathèque de Jérusalem.

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Le Son et le Séfarade à l’honneur

Le festival a également inauguré deux événements majeurs et inédits, qui se sont déroulés le week-end du 13 mars : une Masterclass et une Table ronde. La première Masterclass avait pour objet le travail et les méthodes de la bande son et était animée par l’ingénieur du son Gil Toren (Tu n’aimeras point, Les Méduses, Tu Marcheras sur l’eau, La Fiancée Syrienne, Les Citronniers, The Bubble, La Visite de la Fanfare…) et Hervé Buirette, qui a remporté avec son équipe le César du Meilleur Son pour L’Ennemi Public Numéro 1.

Dans le cinéma Israélien, l’ingénieur du son a une place importante dès le premier draft du scénario : « la bande son commence dès l’écriture. Le scénariste nous explique le déroulé de l’histoire, le style de chaque héros, l’environnement, les décors et les costumes. », explique Gil Toren « Une image en close-up d’un acteur ne permet pas vraiment de déduire des informations sur son environnement. Mon travail est de créer une atmosphère par le son, pour faire comprendre au spectateur le contexte émotionnel, le background général de l’histoire. Par exemple : un enfant joue dans l’herbe. On entend, en fond sonore, la radio qui diffuse les informations sur le passage du Canal de Suez pendant la guerre des six jours. Le son rend compte de cette information contextuelle, indiquée déjà dans le scénario, ce qui n’est pas le cas de l’image ».

La particularité du travail de l’ingénieur son provient de la proximité entre lui et le scénariste. Il a la possibilité de faire modifier des scènes dans le scénario. Par exemple, au moment du repérage, une place particulièrement bruyante située à Haïfa devait être mêlée à un dialogue clé entre deux personnages et cela ne fonctionnait pas. Il a proposé de faire cette scène dans un restaurant de la place et les changements ont été validés. Rarissime, Hervé Buirette précise qu’il ne peut « imaginer ce genre de réaction et de contact sur un film français ».

Autres différences par rapport à la France, qui conditionne également à travailler différemment : le temps et l’argent. Le budget moyen d’un film israélien est de 1M$ et si le cinéma israélien envisage de réaliser un péplum biblique, il faudrait compter 200M$ en moyenne. « Le financement de ces films est 5 fois moindre qu’en France. Leur exploitation s’adresse à un public potentiel de 2 millions de personnes, ce qui représente 10 fois moins que dans l’hexagone » souligne Hervé Buirette « Heureusement, le cinéma israélien s’exporte de plus en plus et les coproductions étrangères aident énormément. Le temps de mixage est aussi très inférieur (10 jours) à celui de la France (5 semaines). C’est la raison pour laquelle Gil Toren est très méthodique et travaille très en amont, tout en sachant qu’à Tel-Aviv, un seul auditorium existe pour le mixage, pas encore très bien équipé. Il prépare au maximum son travail dans son studio pour terminer en France dans un auditorium plus grand, avec un matériel plus adapté. Tous ces enjeux motivent fortement les troupes ! ».

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La première table ronde a abordé le thème « Le Séfarade dans le cinéma israélien », animée par Yehuda Nouriel, journaliste d’un grand quotidien israélien (Yedioth Aharonot), en présence de l’emblématique Ronit Elkabetz (actrice, scénariste et réalisatrice de Prendre Femme et Les Sept Jours), Benny Torati (réalisateur de Desperado Square – Section Best-Of) et Ram Loevy (qui a remporté le Prix d’Israël – récompense la plus prestigieuse pour une œuvre de création – pour l’ensemble de sa carrière). Des extraits du répertoire classique du cinéma israélien ont été projetés, montrant de manière caricaturale, exacerbée, comique et dramatique, l’évolution de l’identité séfarade. Le juif oriental a eu souvent plusieurs représentations : il a joué le rôle de l’arabe, il a été incarné par des acteurs ashkénazes et il a aussi représenté celui qui renonce à son identité arabe afin de s’intégrer et d’obtenir une légitimité israélienne.

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  1. Le phénomène Sallah Shabati, sorti en 1964, écrit par l’écrivain Éphraïm Kishon et coréalisé par Menahem Golan et Ephraïm Kishon. Le film raconte l’intégration d’une famille d’immigrants originaire du Maroc au début de la création de l’état d’Israël, qui a fait l’aliyah (la montée vers Israël qui consiste à s’établir en terre promise et représente le rêve sioniste de réunir tous les juifs). L’acteur Chaim Topol (Un Violon sur le Toit) incarne un immigrant séfarade confronté aux réalités du 20ème siècle. Pour mémoire, ce classique a remporté le Golden Globe du Meilleur Film Étranger et fut également nominé pour la première fois aux Oscars dans cette catégorie en 1965.
  2. Policier Azoulay, également écrit et réalisé par Ephraïm Kishon, sorte de Pinot simple Flic, présente à nouveau le regard ashkénaze sur l’oriental, voire même l’arabe (seconde nomination aux Oscars et seconde récompense aux Golden Globes en 1972). C’est l’histoire d’un homme simple et honnête, interprété par Shaike Ophir. Ses supérieurs souhaitent le mettre à la retraite plus tôt que prévue, alors que lui-même tient à rester parmi les forces de l’ordre, de même pour les criminels de Jaffa qui n’ont aucune envie de le voir partir.
  3. Sh’Chur (1994), écrit par Hana Azoulay-Hasfari et réalisé par Shmuel Hasfari, fut l’un des tout premiers films à parler des séfarades eux-mêmes, de leurs sentiments, dans leur propre langue et montrer un autre regard que celui de l’ashkénaze, longtemps évoqué dans la société israélienne. Rachel, présentatrice de télévision, apprend la mort de son père. Elle se rend aux funérailles, accompagnée de sa fillette autiste et de sa sœur Pnina, débile légère internée depuis 20 ans. Le passé de Rachel, qu’elle avait définitivement enfoui, va resurgir en une série de souvenirs violents et fulgurants avec son cortège de superstitions, de rites, d’envoutements et d’exorcisme…
  4. Desperado Square, écrit et réalisé par Benny Torati, se déroule dans le quartier très fermé sur lui-même d’Hatikva, aux portes de Tel-Aviv, où vit cette génération de juifs originaires de Grèce, qui n’avait aucune représentation dans la société ou dans le cinéma israélien. La quiétude des lieux va être perturbée par la décision aussi brusque qu’extraordinaire des frères Mandabon de remettre en service le vieux cinéma de quartier, fermé depuis 25 ans, pour projeter le film indien Sangam de Raj Kapoor (1964).

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Prise de paroles des invités sur la question orientale…

Ram Loevy : « La question orientale a été souvent mise de côté, excepté par ceux qui sont réunis autour de cette table ronde. C’est peut-être un sujet qui ne fait pas énormément d’audience et qui n’intéresse pas… les ashkénazim. Mes films ont été reconnus et appréciés. La censure que j’ai subie tourne autour de la question israélo-arabe. Elle ne porte pas sur les coupes dans mes films, mais sur leur diffusion reportée. J’ai travaillé pour la télévision publique israélienne. Une seule chaîne existait au début. Les autorités de radiodiffusion publiques israéliennes m’ont permis de réaliser les films que je voulais. Et j’en suis reconnaissant. J’avais réalisé un film sur la guerre de 1948, parlant d’un évènement où les soldats israéliens entrent dans un village arabe et chassent la population. Ce film n’a pas été projeté à la date où il aurait dû sortir. Il a été repoussé. Un autre film parlait des enquêtes au sein même de l’armée. Il est important de préciser que c’est la chaîne publique de l’état israélien qui a permis de le réaliser. Ce n’est pas banal. Mais une fois réalisé, il a fallu attendre 10 mois pour que le film sorte ».

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Ronit Elkabetz : « Le cinéma israélien s’est développé avec la société israélienne. Les séfarades ont mis du temps à aborder leur identité. Pendant 50 ans, le cinéma israélien traitait de la question orientale du point de vue de l’ashkénaze, avec un accent un peu ridicule. C’était souvent de la caricature, même si on avait d’excellents réalisateurs tel Ephraïm Kishon. Cette 2ème ou 3ème génération d’immigrés séfarades a eu l’audace de raconter l’histoire. Avec Les Sept Jours et Prendre Femme, j’avais envie d’évoquer à voix haute et en toute intimité mes racines, mon existence et de montrer comment les marocains se voient eux-mêmes et non comment les autres les voient. J’avais déjà joué dans Sh’chur, qui traitait de l’identité de la femme et de la question : qu’est-ce qu’être une femme séfarade dans la nouvelle société ? Mais pour la première fois, dans Les Sept jours et Prendre Femme, on découvre des personnes originaires du Maroc vivre leur vie. Prendre Femme a été complètement rejeté en Israël et a suscité beaucoup de problèmes. On s’est fait insulter. Dans les festivals et les projections internationales, on parlait souvent du statut de la femme dans la société israélienne patriarcale, très violente pour une immigrée. Dans le monde entier, des femmes se sont reconnues. Un très grand chemin a été parcouru. Les Sept jours, au contraire, a été une révolution chez les spectateurs et a reçu beaucoup de récompenses. C’est la première fois qu’on voyait des femmes couvertes, acheter un billet et voir un film. Ces mères et grands-mères n’avaient jamais vu un cinéma de l’intérieur. Cela s’est passé l’année dernière et j’en suis très fière ! Malgré les censures, le racisme, les difficultés, la guerre qu’on subit depuis notre naissance, il s’agit d’un pays qui a fait énormément de progrès dans beaucoup de domaines. Le cinéma Israélien a réussi à faire beaucoup plus que n’importe quel politique. Aujourd’hui, on touche des gens dans le monde entier et le discours dans les rues change ».

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Benny Torati : « Israël est un peu comme un corps étranger, entouré d’arabes et de la culture arabe au Moyen-Orient. Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi un acteur arabe pour jouer le rôle principal dans Desperado Square. Ce n’est pas non plus un hasard si pour beaucoup de raisons caractéristiques, la population s’en sent également plus proche. Ce serait très bien si cette proximité pouvait aller jusqu’en Egypte, en Jordanie et ailleurs. Dans Desperado Square, je voulais rendre un hommage à une autre époque et mon choix s’est porté sur le cinéma indien et la musique grecque. Avec l’arrivée dans les années 50 de nombreux immigrés orientaux, le cinéma et la musique arabe ont été longtemps et souvent considérés comme l’ennemi. On n’aimait pas trop le montrer. Dans cet espace, est arrivé le cinéma indien qui ne gênait personne et la musique grecque, agréable à l’oreille. Je pense vraiment que si je ne parle pas de certains sujets, personne ne le fera ».

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« Le cinéma israélien est devenu l’ambassadeur le plus authentique d’Israël, des Israéliens et des juifs car il donne la possibilité de faire entendre des voix multiples qui peuvent s’exprimer. Ceux qui s’en prennent à des créateurs comme ceux présents à cette table ronde, ne rendent pas service à la paix et au combat identitaire et minoritaire qui sont fondamentaux car nous luttons contre le racisme » a conclu le journaliste Yehuda Nouriel, pour refermer cette table ronde.

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La cérémonie de clôture s’est déroulée le mardi 16 mars. La remise du Prix du Public a été faite par la Fondation David Hadida, qui a créé, il y a deux ans, cette récompense de 5000 euros, représentée par une étoile de cristal, pour récompenser le film et le(s) réalisateur(s) choisi(s) par le public. Cette année le lauréat est Phobidilia, premier long-métrage de Yoav et Doron Paz, qui évoque le traumatisme émotionnel, l’enfermement, l’agoraphobie et la peur d’affronter et de vaincre ses propres angoisses. Phobidilia a été le seul film à représenter Israël au Festival de Berlin dans la section Panorama Fiction.

 

L’événement s’est conclu avec le distributeur Ad Vitam, venu présenter en avant-première Ajami de Scandar Copti (arabe israélien) et Yaron Shani (juif israélien), primé par 5 Ophirs (équivalent des Oscars). Ce film bouleversant, tiré de faits réels, expose sans concession les violences et difficultés de cohabitation entre les 3 communautés juive, arabe et chrétienne évoluant à Ajami, quartier de Jaffa et ville historique arabe de Tel-Aviv.

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