A Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue. Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des Etats-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy ; le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics…

 

♥♥♥♥♥

 

Only God Forgives poster francaisLe talentueux cinéaste danois, récipiendaire du prix de la mise en scène pour le percutant et corrosif DRIVE (notre critique) à Cannes en 2011, nous revient en compétition officielle aux côtés de Ryan Gosling, coqueluche d’Hollywood, avec un thriller à petit budget beaucoup plus sombre, violent, ensorcelant et existentiel que son prédécesseur. Une nouvelle œuvre qui interpelle la critique à Cannes mais il s’avère ici-même que l’avis est plutôt mitigé. Only God Forgives nous propulse dans la noirceur des rues de Bangkok où se mêle le western urbain, les films d’arts martiaux et de vengeance, les mangas et même la tragédie grecque. C’est ce qui fait sa force visuellement mais aussi sa faiblesse au niveau du rythme et du traitement narratif. Si certains ont pu reprocher à DRIVE (notre critique) une certaine lenteur dans le tempo, qui pourtant fonctionnait à merveille, ce n’est rien comparé à Only God Forgives. Et ce n’est pas le seul point à lui faire probablement défaut. A l’instar de ses précédentes œuvres, Nicolas Winding Refn concentre son récit sur les personnages et leurs motivations personnelles qui prennent corps dans une mise en scène somptueuse, bénéficiant toujours de cette même facture visuelle stylisée, contemplative et photographique, baignée dans des images artistiques implacables aux couleurs saturées et chatoyantes.

 

Ryan Gosling Only God Forgives

 

Mais dans cette beauté visuelle à l’envolée lyrique, renforcée par la bande-son lancinante de Cliff Martinez, le déroulement de l’intrigue a hélas tendance à s’effriter au fur et à mesure, cassé par un rythme décidément trop lent et interminable. Seule la performance de Kristin Scott Thomas, dans le rôle d’une mère mafieuse et castratrice, parvient à prendre le gouvernail et à donner de la véracité, du mordant et un réel moteur à la narration face à son alter ego antagoniste, incarné par le thaïlandais Vithaya Pansringarm, un policier impénétrable sanguinaire, à la fois juge et bourreau, vénéré par ses équipes, qui ne badine pas avec le sabre. Car dans cette quête de vengeance sans concession ni pitié, il s’agit aussi d’explorer les questions des relations oedipiennes conflictuelles entre une mère et son fils. Mais la prestation de Ryan Gosling, toujours aussi taiseux ici, reste hélas en deçà de son précédent rôle où il incarnait de manière plus charismatique un individu énigmatique, solitaire et impassible, dont le comportement et le regard se traduisaient dans ses actes. Il ne reste ici que l’image flottante d’un fils, dénué de consistance et totalement replié sur lui-même, qui ne parvient pas à combler les attentes d’une mère, chef d’une vaste organisation criminelle, au tempérament machiavélique, dominateur et vénéneux, qui exige la tête du meurtrier de son autre fils préféré assassiné, lequel a violé et tué une jeune prostituée. Ainsi cette longue montée en puissance, parsemée de scènes de tueries expéditives et tranchantes, parfaitement efficaces, se termine dans un face à face final à mains nues qui nous laisse sur notre faim. Avec un hommage dans le générique de fin rendu à Alejandro Jodorowsky, dont Nicolas Winding Refn est un admirateur depuis toujours, Only God Forgives est un magnifique objet visuel et spirituel, mais qui n’arrive pas si bien que ça à combler nos attentes…

 

 

 

ONLY GOD FORGIVES écrit et réalisé par Nicolas Winding Refn en salles le 22 mai avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Withaya Pansringarm, Rhatha Phongam, Gordon Brown et Tom Burke. Producteurs : Lene Borglum, Sidonie Dumas, Vincent Maraval. Photographie : Larry Smith. Montage : Matthew Newman. Décors : Beth Mickle. Musique : Cliff MArtinez. Costumes : Wasitchaya ‘Nampeung’ Mochanakul. Maquillage : Pattera ‘Best’ Puttisuraset. Son : Kristian Selin Eidnes Andersen. Effets Spéciaux : Martin Madsen. Distribution : Wild Side/Le Pacte. Durée : 1h30.

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