Elysium de Neill Blomkamp: critique

Publié par CineChronicle le 20 août 2013

Synopsis : En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale créée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de se propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses –  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre.

 

♥♥♥♥♥

 

Elysium posterEn 2009, le très doué Neill Blomkamp débute brillamment derrière la caméra avec le saisissant District 9 réalisé sous la bienveillance de Peter Jackson. Avec cette œuvre de science-fiction, le cinéaste sud-africain, alors âgé de 30 ans, épatait l’assemblée faisant preuve d’un savoir-faire rare dans la maîtrise non seulement des effets spéciaux mais aussi des aspects politiques de son histoire. C’est donc auréolé d’un succès public et critique qu’il revient avec Elysium, muni d’un budget trois fois supérieur (100 millions de dollars) et d’un casting de stars bankable (Jodie Foster, Matt Damon). Dès les premières images, on est rapidement conscients que le cinéaste est très à l’aise avec l’aspect visuel. Car si à l’instar de District 9 à une plus grande échelle, il parvient à créer un monde futuriste crédible et extrêmement palpable, la direction artistique reste LA grande réussite. La présence au générique du légendaire designer Syd Mead (Blade Runner, Aliens ou encore Tron) n’y est sûrement pas étrangère. Le récit se déroule en 2154. La Terre, ravagée par la pollution, la maladie, la précarité et la surpopulation, est devenue quasiment invivable. Pour échapper à cet enfer terrestre, les riches ont créé Elysium, une station orbitale dans laquelle ils peuvent continuer à mener leur vie de nantis. Les habitants ne connaissent ni guerre, ni famine ni maladie. Régulièrement, des clandestins essaient au péril de leur vie, d’y entrer, mais l’impitoyable Madame Delacourt (Jodie Foster) – sorte de ministre de l’intérieur ultra zélée – les refoule (pour les plus chanceux) sans ménagement.

 

Elysium de Neill Blomkamp

 

Sur la Terre, tout est fonctionnel et usé voire délabré. La ville de Los Angeles où se situe l’action, semble être un immense bidonville qui s’étend à perte de vue. Les vaisseaux, les armes, les androïdes sont parfaitement conçus et s’intègrent viscéralement au look cyberpunk des décors. A contrario sur Elysium, tout n’est que luxe calme et volupté (du moins en apparence). La station est composée de résidences de standing et d’espaces verts aseptisés, inspirés des beaux quartiers de Malibu. C’est dans la caractérisation des personnages que le film de Blomkamp brille le moins. Matt Damon incarne Max, un ex-détenu en liberté conditionnelle, qui tente difficilement de joindre les deux bouts et d’échapper à son passé de voleur. Le reste de la distribution est aussi solide avec Jodie Foster, Diego Luna, Sharlto Copley ou encore William Fichtner, dont les talents ne sont plus à démontrer. Mais s’ils interprètent leur rôle respectif de manière prégnante, leur performance reste néanmoins fonctionnelle voire presque unidimensionnelle. Le personnage de Jodie Foster est froid, cruel et machiavélique mais cependant très caricatural. Sharlto Copley s’en donne à cœur joie dans le rôle de l’agent Kruger, un militaire sanguinaire, mais a tendance à trop souvent surjouer.

 

Elysium Jodie Foster

 

Blomkamp insuffle ici une véritable énergie et sa mise en scène trouve sa raison d’être dans les séquences d’action. Il se montre en effet très inspiré dans les scènes de fusillades qui constituent dans l’ensemble les moments les plus mémorables. Les scènes de bagarres sont quant à elles un peu brouillonnes et la ‘shakycam’ utilisée ne les rend hélas pas plus lisibles. A l’instar de District 9, Elysium possède une véritable énergie et une fureur (le combat en exo-squelettes) réjouissantes. La différence entre les deux provient essentiellement du traitement dans le message politique. Là où District 9 nous ancrait dans un réalisme quasi-documentaire avec des éléments de SF qui n’étaient finalement que prétexte à créer une subtile et nécessaire distance avec la réalité, Elysium souligne à gros traits ses enjeux pourtant déjà simplistes : faire tomber un système politique qui ne favorise que les riches. Ce qui peine souvent à nous faire réellement vibrer pour les héros, comme les flashbacks souvent laborieux sur l’enfance de Matt Damon et d’Alice Braga. Elysium reste néanmoins un véritable festin visuel qui donne furieusement envie de voir Neill Blomkamp mettre son talent de metteur en scène au service d’un prochain film dont il n’aurait pas signé le scénario…

 

Nicolas Christian

 

 

 

ELYSIUM écrit et réalisé par Neill Blomkamp en salles le 14 août 2013 avec Matt Damon, Jodie Foster, Diego Luna, Sharlto Copley, Alice Braga, Wagner Moura, Brandon Auret. Producteurs : Simon Kinberg, Bill Block, Neil Blomkamp. Photographie : Trent Opaloch, Montage : Julian Clarke, Lee Smith. Direction Artistique : Nancy Anna Brown, Ross Dempster, Don Macaulay, Hania Robiedo. Décors : Peter Lando. Design : Philip Ivey, Syd Meal. Costumes : April Ferry. Musique : Ryan Amon. Distribution : Sony Pictures. Durée : 1h50.

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