Christophe Offenstein, Samy Seghir, François Cluzet  et Jean Cottin - En Solitaire

Christophe Offenstein, Samy Seghir, François Cluzet et Jean Cottin – En Solitaire / Photo CineChronicle

Si tout est parti d’un projet venu du producteur Jean Cottin qui voyait le potentiel d’un grand film d’aventure, l’ambitieux ‘En Solitaire’ est devenu le film de toute une équipe, menée par Christophe Offenstein qui a délaissé sa casquette de chef opérateur pour signer son premier long-métrage. Il ne voyait personne d’autre que François Cluzet pour incarner Yann Kermadec, un skipper parti sur la route du Vendée Globe. Une belle traversée qui se complique avec l’arrivée à bord d’un jeune immigré, joué par Samy Seghir. A l’occasion de la sortie de ce film le 6 novembre prochain, CineChronicle a rencontré les quatre aventuriers qui évoquent leurs préparations, et la force du collectif dans cette aventure en pleine mer.

 

 

 

En Solitaire AfficheCinechronicle : Vous étiez 18 à bord du voilier où se déroule l’action du film, dont un skipper et deux équipiers professionnels. Comment avez-vous géré cette promiscuité et en quoi l’aide de ces professionnels a-t-elle été utile pour chacun d’entre vous ?  

Christophe Offenstein : Nous n’avons pas géré, nous étions devant le fait accompli. On s’est alors préparés. Il y a eu une solidarité d’équipe technique et on s’est fait à cette urgence de travail. C’était une nécessité : le tournage a duré 20 jours à Lorient et 20 jours aux Canaries, en plus des quelques scènes que nous avons tournées aux Sables d’Olonne. L’univers de la compétition et mettre en avant ces skippers hors norme, c’est ce qui m’intéressait, en plus de la dimension humaine que cela suppose et les difficultés qu’implique une absence de 80 jours.

 

Francois Cluzet - En Solitaire / Photo GaumontCC : François, vous avez dit vous être plongé dans l’univers de la voile, qui vous a passionné. Comment vous êtes-vous plongé dans cet univers et en quoi cela vous a-t-il passionné ?

François Cluzet : D’abord, on m’offrait un rôle que je n’avais jamais eu : celui de sportif de compétition. Je connaissais Christophe depuis les deux films de Guillaume Canet dans lesquels j’ai joué et sur lesquels il était chef opérateur. Je savais qu’il appréciait les acteurs et notre première discussion m’a conforté dans mon envie de m’investir. Après, le Vendée Globe me passionnait déjà en tant que spectateur, j’aime suivre cette compétition, et cette passion a augmenté avec le fait de faire vivre cette odyssée. Sans doute parce qu’il est plus simple de s’intéresser à la mer quand elle est devant soi. Le parisien connaît mal la voile, c’est bien connu. Je me suis en plus rendu compte que je n’étais pas malade en mer, c’est une chance. Mais surtout, j’avais confiance. On se réappropriait l’histoire tous les jours et les skippers nous aidaient pour les gestes. On a réussi à faire le film dans des conditions réelles, ce n’est pas rien quand on sait que c’est tellement inhabituel de jouer pendant 40 jours un rôle où la préparation physique prime sur le reste. La voile centrale, par exemple, faisait 250 kilos. L’océan était lui aussi très impressionnant puisqu’il peut amener jusqu’au fin fond de la solitude. Il y a une forme de rencontre avec soi-même, et avec le film. Au départ, je m’étais pourtant fait une montagne de ce rôle à part, et pourtant pas complètement nouveau non plus. J’ai eu des rôles ingrats. Mais qui va se charger de jouer les monstres si ce n’est un acteur ? C’est vraiment avec Ne le dis à personne que j’ai joué pour la première fois un héros positif, donc merci Guillaume Canet. Mais j’aime aussi beaucoup mon rôle dans Les petits mouchoirs où je pète les plombs. Ce sont aussi des personnages qui me permettent d’être sincère, et, puisqu’on parle de mer, d’entendre dans un coquillage les rires des autres.

 

En SolitaireCC : Pourquoi avoir gardé ce titre, En Solitaire, assez paradoxal car c’est tout sauf une aventure en solitaire, devant et derrière la caméra.

FC : C’est vrai que la solitude est moindre avec toute cette technologie qui permet des allers et retours entre terre et mer. Il y a toujours une part d’isolement, mais c’est fini depuis longtemps l’époque de la voile sans assistance. Aujourd’hui, il y a Skype et d’autres applications pour communiquer.

 

Jean Cottin : C’est toute l’ambiguïté de ce titre et du film lui-même, qui parle aussi d’une addition de solitudes.

 

Francois Cluzet et Samy Seghir - En Solitaire / Photo GaumontCC : Samy, vous êtes-vous inspiré d’autres films pour vous préparer à votre rôle de jeune immigré ?

Samy Seghir : Pas spécialement. J’avais vu des reportages sur ces gens qui tentent de rejoindre l’Europe. Pour eux, c’est un eldorado. Pour le rôle, j’ai d’abord fait deux castings et Christophe m’a laissé un message le jour de mes 18 ans en me disant « voilà ton cadeau d’anniversaire ». La préparation, elle, n’a pas été facile. J’ai souffert du mal de mer au début puis je me suis habitué. Jouer ce jeune immigré n’était pas très dur, il fallait beaucoup joué sur les regards et, dans l’œil du personnage de François, je me sentais clandestin. Finalement, c’est l’accent et le changement physique qui ont été les plus difficiles.

 

En Solitaire / Photo GaumontCC : Christophe, ne vous êtes-vous jamais dit que ce projet était trop ambitieux pour un premier long-métrage en tant que réalisateur ?

CO : Les premiers jours, oui. On se demande si on a fait le bon choix. Mais finalement il y avait une telle énergie de la part toute l’équipe, une recherche de l’excellence et l’envie d’aller au bout de vos possibilités.

 

FC : Le risque existe aussi du côté de la production.

 

JC : Il y avait le pari de tourner cette histoire en vrai. C’est un film ambitieux avec peu de moyens, mais il fallait un réalisateur moins connu qui puisse tout porter. Le choix s’est vite tourné sur Christophe. Après tout, le chef opérateur, comme le skipper, a un choix de vie personnel et très fort. C’est un pari risqué devenu un pari possible une fois que tout le monde est arrivé.

 

CO : On avait en plus des conseillers techniques pour tout ce maniement de communication. On a vécu des problèmes de liaison, de satellite qui ont permis à nos comédiens d’entrer dans la peau et la situation de ce skipper. Comme lui, on était parfois longtemps en attente d’une liaison pour une durée de 30 secondes. Cela peut être très difficile pour un marin d’être seul longtemps sur son bateau. Du coup, il finit par vivre comme une chance d’avoir sa femme et sa fille pendant ces 30 secondes.

 

JC : Au final, le projet artistique importait plus que les moyens, comme pour ces skippers dans leurs courses.

 

CO : Disons que le support sportif était le moyen d’amener vers une grande aventure humaine.

 

Francois Cluzet - En SolitaireCC : Qu’apporte selon vous la présence à bord de cette skippeuse anglaise secourue au milieu du film ?

CO : Elle apporte un moment d’angoisse exceptionnel, au milieu de l’océan, et une première preuve de solidarité humaine dans ces conditions difficiles, car c’est très compliqué de tourner autour d’une épave.

 

JC : Cela montre aussi que le skipper est pris dans son mensonge, dans un rebondissement dramatique qui agit sur l’évolution du personnage.

 

En Solitaire - Francois Culzet et Guillaume CanetCC : Justement, vous avez travaillé sur le scénario pendant deux ans. Comment a-t-il évolué ?

JC : On voulait réaliser en vrai ce qu’on écrivait. Après, c’est un travail artistique comme un autre. On voulait avant tout cette immersion du public dans le quotidien de ce skipper et en quoi il entraîne ses proches dans sa situation. Plusieurs professionnels se sont même reconnus dans ce personnage, comme [le navigateur français] Michel Desjoyeaux qui a vu le film au Mans.

 

CO : C’est important de voir que l’identification à cette histoire se fait aussi au niveau des vrais marins. Beaucoup feront également le lien avec la catastrophe à Lampedusa, qui rappelle elle-même les moments tragiques de notre existence. Mais cela fait longtemps que ce type de tragédies existe en Méditerranée. Si notre film peut donner en parallèle un peu d’humanité, tant mieux.

 

 

<< LIRE NOTRE CRITIQUE D’EN SOLITAIRE <<

 

 

EN SOLITAIRE de Christophe Offenstein en salles le 6 novembre 2013, distribué par Gaumont, avec François Cluzet, Samy Seghir, Virginie Efira, Guillaume Canet. 

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