Sortie DVD/ La Maison de Frankenstein de Erle C. Kenton: critique

Publié par Franck Brissard le 12 novembre 2015

Synopsis : Un savant fou, le Dr Niemann, s’échappe de l’asile. Aidé de son assistant, il ressuscite le Comte Dracula, le Loup-garou et la créature de Frankenstein, afin qu’ils l’aident à se venger de ceux qui l’ont enfermés.

 

♥♥♥♥♥

 

La Maison de Frankenstein - jaquette

La Maison de Frankenstein – jaquette

Contre toute attente, FRANKENSTEIN RENCONTRE LE LOUP-GAROU (notre critique) eut un beau succès dans les salles américaines en 1943. Les studios Universal ont voulu aussitôt reprendre la même recette du crossover. La Maison de Frankenstein sort ainsi dans la foulée avec cette fois, le Comte Dracula annoncé aux côtés de la fameuse créature de Mary Shelley et du Loup-garou. La production fait à nouveau appel à Erle C. Kenton, après LE SPECTRE DE FRANKENSTEIN (notre critique), qui soigne ici sa mise en scène pour cette confrontation inédite. Le scénariste Curt Siodmak, en charge de Frankenstein rencontre le Loup-garou, reprend aussi du service et livre un récit bien plus soigné. Pour mémoire, on lui doit notamment certains scénarios, issus des classiques de l’horreur et de la science-fiction, comme Le Loup-garou (1941) et Le Fils de Dracula (1943). Au casting, le cascadeur et comédien Glenn Strange incarne dorénavant – mais mollement – le monstre de Frankenstein, Lon Chaney Jr. retrouve son brillant personnage de lycanthrope, John Carradine s’empare pour la première fois du rôle du Comte Dracula et Boris Karloff marque son retour dans la peau du Dr Gustav Niemann. L’histoire reste toujours un prétexte pour faire apparaître à l’écran le maximum de héros, principalement issus de la littérature horrifique. Ajoutez-y un docteur se transformant en savant fou (Karloff) et son assistant bossu amouraché d’une belle demoiselle (référence directe à Quasimodo), laquelle n’a d’yeux que pour le lycanthrope. Cependant, la première partie convoque essentiellement Dracula, formidablement campé par John Carradine, très impressionnant lorsqu’il hypnotise ses victimes avec ses yeux écarquillés ; une performance digne du cinéma muet. Au final, La Maison de Frankenstein peut se diviser en deux parties, avec d’abord le personnage de Dracula, qui laisse ensuite totalement sa place à la créature de Frankenstein et au Loup-garou, supposés s’être noyés lors de la destruction du barrage à la fin de l’épisode précédent. Evidemment, il n’en est rien ; la créature a toujours échappé à la mort pour réapparaître dans le volet à suivre. Les décors, les rebondissements, la photographie et la musique, tout est ici peaufiné. Alors certes, ce nouvel essai d’Erle C. Kenton n’a pas la force des deux premiers épisodes de James Whale, mais le réalisateur redonne un quelconque regain d’intérêt à cette franchise. Ce film va être suivi par La Maison de Dracula, qui reprend la même équipe devant et derrière la caméra, avant que le monstre de Frankenstein rencontre Abbott et Costello dans Deux Nigauds contre Frankenstein, lequel sonne définitivement le glas des Universal Monsters.

 

 

 

La Maison de Frankenstein

La Maison de Frankenstein

TEST DVD : La Maison de Frankenstein fait partie de la collection Cinéma Monster Club, éditée chez Elephant Films. À nouveau, Jean-Pierre Dionnet (5’) nous livre une présentation du film et revient particulièrement sur le casting en indiquant que John Carradine demeure son interprète préféré du Comte Dracula. On retrouve également un module où il expose le mythe de Prométhée (11’), décliné à travers les arts et les diverses adaptations au cinéma de Frankenstein, et le livret Les Monstres ne meurent jamais de Damien Aubel, rédacteur en chef de Transfuge. La copie de La Maison de Frankenstein est une version restaurée ; sans être exceptionnelle, l’image se révèle correcte. La compression demeure solide, la luminosité fait plaisir, certaines séquences parviennent à sortir du lot grâce à un relief certain, tandis que les contrastes sont plutôt bien assurés. Le grain cinéma est évidemment conservé et équilibré. Malgré un souffle persistant, la version anglaise Dolby Digital Dual Mono l’emporte sur la piste française. Si l’écoute paraît parfois couverte, elle reste plus ou moins homogène. Sur la version française, au doublage qui semble récent, les voix sont trop mises en avant, mais les effets et ambiances annexes sont clairs et nets.

 

 

 

  • LA MAISON DE FRANKENSTEIN (House of Frankenstein) réalisé par Erle C. Kenton, disponible en DVD depuis le 21 octobre 2015.
  • Avec : Boris Karloff, Lon Chaney Jr., John Carradine, Anne Gwynne, Peter Coe, Lionel Atwill, Frank Reicher, J. Carrol Naish, Glenn Strange, George Zucco…
  • Scénario : Curt Siodmak
  • Production : Paul Malvern
  • Photographie : George Robinson
  • Montage : Philip Cahn
  • Décors : Russell A. Gausman
  • Costumes : Vera West
  • Musique : Hans J. Salter
  • Editeur : Elephant Films
  • Tarif : 16,99 €
  • Durée : 1h07
  • Distribution initiale : Universal Pictures
  • Date de sortie initiale : 1er décembre 1944 (Etats-Unis)

.

A la Une

Eva Marie Saint, doyenne oscarisée des égéries hitchcockiennes, s’en est allée à l’âge de 102 ans

Légende de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, l’incarnation de la “blonde glaciale” s’est éteinte hier au terme de sept décennies… Lire la suite >>

Expo / Marie-Antoinette de Sofia Coppola à Versailles : dans les coulisses d’un film devenu culte

À l’occasion des vingt ans de Marie-Antoinette, le château de Versailles ouvre les portes des coulisses du film de Sofia… Lire la suite >>

Oscars 2027 :  Minotaure d’Andreï Zviaguintsev choisi pour la représenter la France

Réalisé par le Russe Andreï Zviaguintsev et financé par des producteurs français, ce long-métrage engagé ancré dans la Russie contemporaine… Lire la suite >>

Catherine Ringer, voix déjantée des Rita Mitsouko, nous quitte à l’âge de 68 ans

“C’est la mort qui l’a assassinée.” Près de vingt ans après la disparition du guitariste Fred Chichin, son compagnon à… Lire la suite >>

I Play Rocky : une affiche triomphante pour la chronique biographique de la genèse contrariée du film de boxe culte par Peter Farrelly

Ovationnée lors de sa projection en avant-première au Festival International du Film de Toronto (TIFF), la success story entreprend son… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 HEART OF THE BEAST 502 865 1 502 865
2 RESIDENT EVIL 248 732 2 621 548
3 AVENGERS : ENDGAME EXTENDED 220 616 1 220 616
4 GARANCE 214 952 1 214 952
5 JUSTIN LE JUSTE 98 915 1 98 915
6 TOMBE DU CIEL 91 088 7 2 177 990
7 PRIMETIME 78 214 1 78 214
8 SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY 76 403 9 8 388 607
9 L'ODYSSEE 76 278 11 8 012 314
10 LA VIE D'UNE FEMME 69 054 3 330 500

Source: CBO Box office

Nos Podcasts