Strictly Criminal de Scott Cooper: critique

Publié par Charles Amenyah le 27 novembre 2015

Synopsis : Le quartier de South Boston dans les années 70. L’agent du FBI John Connolly convainc le caïd irlandais James « Whitey » Bulger de collaborer avec l’agence fédérale afin d’éliminer un ennemi commun : la mafia italienne. Le film retrace l’histoire vraie de cette alliance contre nature qui a dégénéré et permis à Whitey d’échapper à la justice, de consolider son pouvoir et de s’imposer comme l’un des malfrats les plus redoutables de Boston et les plus puissants des États-Unis.

 

♥♥♥♥

 

Strictly Criminal - affiche

Strictly Criminal – affiche

Après Crazy Heart et LES BRASIERS DE LA COLÈRE (notre critique), Scott Cooper renouvelle en virtuose le film de gangster avec Strictly Criminal, tout en marquant le retour d’un Johnny Depp solide, dans la peau du célèbre James ‘Whitey’ Burger, l’un des criminels les plus recherchés d’Amérique entre 1999 et 2011. Le regard bleu glacial et la calvitie bien établie, l’acteur est en effet méconnaissable. La vie sanglante et impitoyable de ce caïd d’origine irlandaise de Boston, tirée du bestseller de Dick Lehr et Gerald O’Neill, est profondément inscrite dans l’Amérique populaire, et la performance de Johnny Depp comble les attentes les plus exigeantes. Il est vrai qu’il a déjà trempé dans le crime, avec notamment Donnie Brasco (Mike Newell, 1997) et Public Enemies (Michael Mann, 2009). Mais Scott Cooper ne traite pas ici seulement de l’ascension d’un criminel sociopathe, il pointe aussi les ambivalences de l’exécutif américain. Billy Bulger (Benedict Cumberbatch), le frère de James (Depp), est à la tête du Sénat du Massachusetts. John Connolly (Joel Edgerton) est quant à lui un agent du FBI qui entretient une relation ambiguë avec James. Ces deux derniers ont travaillé secrètement ensemble pendant 10 ans pour faire tomber la mafia italienne – la célèbre Cosa Nostra. John en paiera d’ailleurs durement les conséquences. Et c’est ici toute la dimension tragique de l’œuvre de Scott Cooper. Le trio de personnages, pris entre le sens du devoir et l’ « affection » qu’ils éprouvent les uns pour les autres, même en dépit d’intérêts profondément divergents, s’enfonce dans une spirale sanglante.

 

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Une impression de violence froide et silencieuse structure l’intrigue. D’abord celle de Bulger, tueur au sang froid dénué de toute moral. Saluer les vieilles dames dans la rue et lancer un clin d’œil malicieux à son fils ne l’empêche pas d’étrangler une jeune prostituée ou de déclencher des vagues de meurtres. Mais la cruauté de Bulger est bien plus présente dans ses yeux que dans ses actes. C’est aussi une des originalités de Strictly Criminal ; la violence est omniprésente dans les discours et sur les visages des personnages. Et si certaines séquences radicales éclatent avec une grande brutalité, elle sont très intelligemment disséminées dans le récit. Il en résulte que l’horreur semble à la fois partout et nulle part ; Scott Cooper se plaît à brouiller les pistes. On est d’ailleurs troublés par la labilité des personnages : Billy se révèle finalement un peu voyou par procuration et John semble ne jamais avoir été un agent du FBI tant sa gestuelle et ses manies deviennent proches de celles d’un gangster. Seul James conserve véritablement son inamovible détermination. Tournée en pellicule, la réalisation maîtrisée de Scott Cooper s’avère très léchée, renforçant ce grain si particulier qui ancre parfaitement l’histoire et l’atmosphère dans son époque. Strictly Criminal reste ainsi prenant de bout en bout, glamourisant sans doute par là même un peu top l’image du tueur…

 

 

 

  • STRICTLY CRIMINAL (Black Mass) réalisé par Scott Cooper en salles le 25 novembre 2015.
  • Avec : Johnny Depp, Benedict Cumberbatch, Joel Edgerton Dakota Johnson, Kevin Bacon, Jesse Piemons, Peter Sarsgaard, Corey Stoll…
  • Scénario : Mark Mallouk, Jez Butterworth d’après l’oeuvre Black Mass: The True Story of an Unholy Alliance Between the FBI and the Irish Mob, écrit par Dick Lehr et Gerard O’Neill.
  • Production : Brian Oliver, Tyler Thompson, John Lesher, Scott Cooper, Patrick McCornick
  • Photographie : Masanobu Takayanagi
  • Montage : David Rosenbloom
  • Décors : Stefania Sella
  • Costumes : Cassia Malicka-Maimone
  • Musique : Junkie XL
  • Distribution : Warner Bros
  • Durée : 2h03

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