Logan de James Mangold: critique

Publié par Yvan Lozac'hmeur le 1 mars 2017

Synopsis : Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.

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Logan - affiche

Logan – affiche

Avec Logan, James Mangold signe le requiem de Wolverine sous les traits de Hugh Jackman après dix-sept ans au service d’une saga X-Men inégale. Inspiré essentiellement de la bande dessinée de Mark Millar, Old man Logan (une volonté de la star hollywoodienne), Logan se dévoile résolument plus sombre que son précédent opus sorti en 2013. Wolverine le combat de l’immortel, déjà réalisé par James Mangold, relevait néanmoins le niveau du premier spin-off bouffi et pathétique X-Men Origins: Wolverine de Gavin Hood en 2009. Logan diffère, voire se distingue, également de ses confrères Avengers et autre Deadpool dans sa tonalité. Le réalisateur éclectique de Identity, Walk the line et Night and Day nous plonge ainsi dans un voyage plus torturé que jamais pour le super-héros le plus tourmenté de l’univers Marvel. Logan se débarrasse de ses représentations plus sages et convenues d’un Wolverine qui en est à sa neuvième apparition pour créer une œuvre plus mature, plus libre. James Mangold, conscient toutefois des errances de son Wolverine : le combat de l’immortel parvient à se libérer des contraintes imposées par les studios en échange de moyens réduits concentrés davantage sur la psychologie des personnages. Il a également obtenu l’accord pour concevoir une oeuvre plus violente, estampillée rated R aux États-Unis (interdit aux moins de 17 ans ) et déconseillée aux moins de 12 ans en France. Tant mieux. Car Logan présente un Wolverine comme espéré depuis longtemps : une véritable bête sauvage affaiblie et traquée, qui tente tant bien que mal de déchaîner encore sa fureur sans retenue.

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Logan

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Mangold offre un cocktail savamment dosé entre les moments intimistes, propres à l’identification de ses mutants meurtris, et les scènes d’action nerveuses, graphiques et viscérales. Cet équilibre permet de sonder la noirceur des émotions de Wolverine, en proie à un désespoir profond, moteur du déchaînement hurlant de la bête lorsque l’on touche à la seule chose qui lui reste, ses tout derniers proches. Mais les séquences plus psychologiques permettent également de s’intéresser au combat du professeur Xavier confronté à la maladie et à la perte de contrôle de ses pouvoirs. Le père spirituel des mutants est méconnaissable dans cet ultime combat perdu contre un ennemi qui ne peut être vaincu : la vieillesse. Il s’agit pour Patrick Stewart, à l’instar de Hugh Jackman, de sa dernière apparition chez les X-men. Visuellement, l’oeuvre de Mangold trouve dans cette liberté nouvelle une forme mieux adaptée à l’évolution de ses héros. Car en 2029, les mutants ont quasiment tous disparu, la mutation génétique a été éradiquée et ceux qui restent vivent cachés. Dans ce cadre, Logan s’empare d’un style néo-western aux saveurs proches des Mad Max de George Miller. Désert poussiéreux et bourgades crasseuses ornent ce road-movie, véritable métaphore de l’état dans lequel se trouvent Logan, Xavier et Caliban (Stephen Merchant) entre décrépitude, abandon, douleur sans fin et déception d’un espoir vain. James Mangold a avoué être influencé par L’Homme des vallées perdues (George Stevens, 1953), illustré en extrait dans le film, et The Cowboys (Mark Rydell, 1972). 

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Logan

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L’identité visuelle plus aboutie, rythmée par les compositions musicales poignantes de Marco Beltrami, qui retrouve le cinéaste après son précédent Wolverine et le remake de 3h10 pour Yuma en 2007, contribue dès lors à positionner Logan à un niveau sans doute jamais atteint par ses prédécesseurs. Centrale, la jeune anglo-espagnole Dafne Keen joue des coudes avec Hugh Jackman et Patrick Stewart dans son tout premier rôle au cinéma. La tâche est colossale pour cette fillette de 12 ans. Sa Laura Kinney / X-23, qui fuit une horde de mercenaires (les Reavers), menés par un Donald Pierce doté d’un bras bionique (excellent Boyd Holbrook), en impose physiquement à l’écran sans mot dire. Elle cristallise les espoirs perdus de Xavier et les peurs enfouies de Logan. On regrette seulement que dans cette histoire de filiation, cette jeune bête féroce et muette ne vive souvent qu’au travers de leurs réactions et ne commence à s’exprimer que lorsqu’elle est apprivoisée. On aurait souhaité en savoir davantage sur l’héritière légitime de l’homme-loup. Néanmoins, Logan, véritable parenthèse étonnante dans les productions Marvel, est sans conteste le meilleur film sur Wolverine. Hugh Jackman nous livre un baroud d’honneur, la tête haute, dans une œuvre libre et taillée sur mesure, qui se permet toutes ses envies. Grâce à cette fougue déchaînée, Wolverine s’offre ainsi une sortie digne de son statut tout particulier de super-héros tant aimé.

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  • LOGAN réalisé par James Mangold en salles le 1er mars 2017.
  • Avec : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Boyd Holbrook, Dafne Keen, Stephen Merchant, Elisabeth Rodriguez, Richard E. Grant, Eriq La Salle…
  • Scénario :James Mangold, Michael Green, Scott Frank
  • Production : Hutch Parker, Lauren Shuler Donner, Simon Winberg
  • Photographie : John Mathieson
  • Montage : Michael McCusker, Dirk Westervelt
  • Décors : Peter Lando
  • Costumes : Daniel Orlandi
  • Musique : Marco Beltrami
  • Distribution : 20th Century Fox
  • Durée : 2h18

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