Résumé : Connue des cinéphiles mais beaucoup moins du grand public, la revue Positif pratique mensuellement l’art de la critique depuis le milieu du siècle dernier. Passée en soixante ans de la publication engagée et enragée à l’institution sérieuse et universaliste, elle a éclairé de vastes champs du cinéma, accompagné et imposé un nombre remarquable de grands réalisateurs, provoqué quelques polémiques et révélé plusieurs plumes. Meilleure revue de cinéma au monde pour certains, publication à la rédaction trop complaisante pour d’autres, elle a tenté de rester fidèle à un certain esprit, prenant appui sur la passion, constamment renouvelée au contact des films, de ses animateurs successifs. En la découpant en quatre parties pour autant de périodes et en dégageant les lignes directrices, les signatures singulières, les textes importants, les noms et les titres défendus ou attaqués, sa longue histoire est ici retracée pour permettre de saisir les fondements et les évolutions de cet « esprit Positif ».

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Lesprit Positif - Histoire dune revue de cinema - couverture

Lesprit Positif – Histoire dune revue de cinema – couverture

Considérée comme la « meilleure revue de cinéma en Europe » par Variety, voire la meilleure revue du monde par Martin Scorsese, Positif occupe depuis son lancement en 1952 une place privilégiée au sein de l’édition cinématographique française. Si sa rivale historique, Les Cahiers du cinéma, s’était vu consacrée dès 1991 une historiographie experte signée par Antoine de Baecque, aucun ouvrage ne s’était encore plongé sur l’histoire, ô combien passionnante, de Positif. Ce manque, Édouard Sivière, cinéphile et critique, l’a comblé de la plus belle des manières. À partir d’un travail de fouille intense, l’auteur offre un panorama très complet de la revue, de ses débuts jusqu’à nos jours. Sivière s’attarde sur la personnalité des rédacteurs et sur la qualité de leurs styles, analyse les conditions d’apparition et d’évolution des rubriques, tout en dégageant les grandes tendances du périodique, entre continuités et ruptures. De la régularité difficile de ses débuts à l’arrivée de ses figures tutélaires (Gérard Legrand, Ado Kyrou, Robert Benayoun, Michel Ciment, Alain Masson, Alain Garsault, Christian Viviani), Sivière décrit la vie d’une revue portée par son enthousiasme et son amour du cinéma. Derrière l’humour et le pastiche (dont Paul-Louis Thirard s’était pendant un temps fait le spécialiste), des prises de position (politiques ou non) revendiquées. Positif n’hésite pas s’orienter vers la polémique tout en conservant une certaine cohérence. Ses critiques admettent ainsi la possibilité d’une erreur de style ou de ton chez ceux-là même qu’ils défendent ardemment (Antonioni, Buñuel, puis Fellini, Kubrick, et Altman, entre autres).

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Pas de dogmatisme donc, mais un esprit ouvert – touchant à la fois à l’actualité et au patrimoine – qui parvient à éviter les écarts habituels de la fameuse Politique des auteurs. Sivière signale par ailleurs l’importance jouée par le périodique dans l’exploration des marges de la cinéphilie (du cinéma de science-fiction et des productions de la Hammer aux cinématographies d’Europe de l’est et d’Asie, en passant par le surréalisme ou le cinéma d’animation). Illustré par les (belles) couvertures de la revue, l’ouvrage offre un espace assez important à des extraits d’articles permettant de prolonger les réflexions de Sivière, mais aussi d’apprécier et, pour certains, de découvrir, l’écriture des plus célèbres plumes de Positif.

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L’une des grandes qualités de cet ouvrage tient au statut de son auteur qui, n’appartenant pas au comité de rédaction de la revue, assume une posture d’observateur du lointain qui renvoie directement à celle du lecteur. Animé d’un esprit critique, Sivière n’hésite pas à enfoncer des coins, regrettant la progressive homogénéisation des écrits et de l’esprit de la revue, ou l’abandon partielle de certaines perspectives d’étude comme la question de l’érotisme. Il faut cependant rappeler que bien que symptomatique de notre époque, cette orientation plus polie et rangée n’empêche nullement la publication d’articles invitant au débat et à la dispute éclairée (dernier exemple en date, l’excellent « Roland Barthes et le cinéma » de Pascal Binétruy). Réaffirmons donc la belle réussite de cet ouvrage qui par son intelligence et sa maîtrise dépasse le seul cadre des cinéphiles aguerris, pour s’ouvrir à un lectorat élargi, retrouvant ainsi la liberté toute démocratique de l’esprit Positif.

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  • Livre/ L’ESPRIT POSITIF. Histoire d’une revue de cinéma (1952-2016) par Édouard Sivière disponible aux éditions Eurédit, Collection « Esthétique » depuis 2017.
  • 308 pages
  • 31 €

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