Blu-ray / Le monde perdu de Irwin Allen : critique

Publié par Thierry Carteret le 3 avril 2018

Synopsis : Le biologiste George Challenger veut prouver au monde qu’il existe en Amazonie un monde perdu où vivent encore des dinosaures. Il organise une expédition réunissant des scientifiques, un aventurier et un journaliste. Lorsqu’ils débarquent enfin dans la zone repérée par Challenger, leur avion est détruit. Ils vont devoir parcourir à pied une vaste région peuplée de multiples dangers.

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Le Monde Perdu

Le Monde Perdu

Rimini Editions ressort en DVD et Blu-ray Le monde perdu le 3 avril, faisant suite à une première édition sortie en novembre 2014. Après la première version illustre et muette de 1925 par Harry O. Hoyt, c’est la seconde adaptation -en couleur et sonore- du roman fantastique et d’aventure de Arthur Conan Doyle. Elle est réalisée et produite en 1960 par Irwin Allen, le célèbre producteur de films catastrophes (L’aventure du poseïdon, La tour infernale). L’histoire est celle d’un groupe d’explorateurs embarqués en pleine jungle amazonienne à la recherche de dinosaures bien vivants. Si la parenté est évidente avec saga Jurassic Park de Steven Spielberg, la comparaison s’arrête là. Les dinosaures créés ici n’ont bien sûr rien à voir avec ceux des studios ILM. L’important budget initialement prévu a dû être divisé par deux avec la mise en chantier du Cléopâtre (1963) de Joseph L. Mankiewicz. La production n’a pu alors s’adjoindre les services des grands animateurs comme Wilis O’ Brien (King Kong, The Lost World 1925) ou Ray Harryhausen (Jason et les argonautes, le septième voyage de Sinbad), pour la confection de dinosaures animés en stop-motion. Ceux-ci ont dû être remplacés d’urgence par des plans avec des vrais animaux. À l’écran défilent ainsi des lézards, iguanes ou des crocodiles affublés de cornes ou autres, et agrandis afin de les faire passer pour les antiques sauriens de la Préhistoire. Si la supercherie a fonctionné chez le jeune public, ces « effets spéciaux » bricolés passent mal aujourd’hui. D’autant que la morphologie des reptiles actuels a peu de rapport avec celle des dinosaures. Au passage, on notera le plan d’une mygale géante assez catastrophique.

 

Le Monde PerduLe Monde Perdu

 

Le spectacle laisse donc le spectateur un peu frustré, rêvant à ce que cela aurait pu donner avec la totalité du budget prévu et des dinosaures animés. Les décors de jungle et de cavernes sont de qualité. Comme la photographie de Winton C. Hoch -collaborateur de John Ford sur La prisonnière du désert, L’homme tranquille ou encore Le fils du désert qui est tout simplement splendide grâce à la restitution en Haute Définition. Au casting, on trouve le comédien Claude Rains dans la peau du vieux professeur George Edward Challenger, initiateur de l’expédition. Il est accompagné du professeur Summerlee (Richard Haydn). À leurs côtés le riche aventurier et chasseur de fauves Lord John Roxon est incarné par Michael Rennie (Le jour où la terre s’arrêta) et le journaliste Ed Malone est joué par David Hedison (La mouche noire). Les deux hommes veulent chacun conquérir le cœur de la belle et sexy Jennifer Holmes, seule femme embarquée dans l’équipe et campée par la sculpturale Jill St. John (Tendre est la nuit, Les diamants sont éternels).

 

Grâce à de nombreuses péripéties et un humour bienvenu, Le monde perdu a connu un très grand succès, et se (re)découvre avec un réel plaisir. Le soin porté à la réalisation par Irwin Allen, le spécialiste du cinéma fantastique et d’aventure à la Jules Verne (Le sous-marin de l’apocalyspe, Cinq semaines en ballon), producteur de séries (Au cœur du temps, Perdus dans l’espace) et de films catastrophes (L’aventure du Poseïdon, La tour infernale) permet heureusement de faire oublier la pauvreté des effets spéciaux, et de laisser la magie opérer.

 

 

Le Monde Perdu

Le Monde Perdu – Nouvelle édition Rimini

DVD : Le master Haute Définition est tout simplement sublime. Les couleurs, les textures, les détails apparaissent comme si la pellicule était d’aujourd’hui. On regrette cependant que ce travail souligne davantage les défauts des effets spéciaux. La partie sonore est également claire et propre. Du très beau travail donc pour une copie datant de 1960. La partie suppléments est très riche. On commence par un court reportage Dinausauria d’une durée de 16 minutes. Réalisé par l’historien du cinéma Christophe Champclaux, ce segment propose une rencontre d’enfants avec le paléontologue Jean Le Loeuff au Musée des Dinosaures. Avec Le monde fantastique d’Arthur Conan Doyle, d’une durée de 20 minutes, Champclaux raconte comment Arthur Conan Doyle en est venu à écrire Le monde perdu et à s’intéresser au fantastique. Le disque propose également Le monde perdu de Harry O. Hoyt mais la copie est hélas de piètre qualité. On se tournera donc vers d’autres éditions pour posséder cette version de 1925. Avec Les monde fantastiques de Irwin Allen, l’éditeur offre un passionnant documentaire de 93 minutes en anglais sous-titré sur le réalisateur Irwin Allen. Il est présenté par l’actrice June Lokhart, les acteurs Bill Mumy et Jonathan Harris ainsi que le robot, héros de la série Perdus dans l’espace. Très intéressant, ce long documentaire se concentre pour l’essentiel sur les séries à succès de Irwin Allen (Perdus dans l’espace, Au cœur du temps, Au pays des géants). Enfin, cette très belle édition s’achève par la bande annonce.

 

 

 

  • LE MONDE PERDU (The Lost World)
  • Sortie vidéo : 3 avril 2018
  • Master HD restauré
  • Format / Produit : Boitier 2 DVD et Blu-ray
  • Réalisation : Irwin Allen
  • Avec : Michael Rennie, Claude Rains, Jill St. John, David Hedison, Fernando Lamas, Richard Haydn, Ray Stricklyn, Ian Wolfe…
  • Scénario : Charles Bennett, Irwin Allen d’après l’oeuvre de Arthur Conan Doyle
  • Production : Irwin Allen
  • Photographie : Winton C. Hoch
  • Montage : Hugh S. Fowler
  • Décors : Joseph Kish
  • Costumes : Paul Zastupnevich
  • Musique : Paul Sawtell, Bert Shefter
  • Édition vidéo : Rimini Editions
  • Tarif : 19,99 € (DVD) – 19,99 € (Blu-ray)
  • Durée totale : 1h37
  • Sortie initiale : 13 juillet 1960 (États-Unis) – 21 novembre 1960 (France)

 

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