Katie Says Goodbye de Wayne Roberts : critique

Publié par Erica Farges le 16 avril 2018

Synopsis : Katie, jeune femme du Sud-Ouest Américain rêve d’une nouvelle vie à San Francisco.  Elle vit ses premiers amours et se révèle d’une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d’elle une proie facile. Sa ténacité et sa jeunesse seront mises à l’épreuve par ceux qu’elle aime le plus au monde.

♥♥♥♥

 

Katie says goodbye - affiche francaise

Katie says goodbye – affiche francaise

Souvent, les récits sur l’adolescence montrent à l’écran la réalisation d’un parcours initiatique. L’originalité de Katie Says Goodbye est de mettre en scène le combat de Katie (Olivia Cooke) pour accéder à une possibilité de construire sa vie future. Pour cela, elle doit partir de sa petite ville dans l’Arizona, un lieu abandonné et violent, où il n’y a pas de place pour son épanouissement personnel. L’adolescente est prisonnière de l’endroit où elle se trouve et ce qui vient de l’extérieur la fascine, comme le train qu’elle voit tous les jours en allant travailler ou le mutique Bruno (Christopher Abbott). L’histoire possède une dimension intemporelle, renforcée par le contexte de cette petite ville qui vit repliée sur elle-même et où le temps semble s’être figé, tant les perspectives d’évolution y sont inexistantes. Bien que se déroulant dans un paysage correspondant à un certain imaginaire collectif de la working class américaine, le regard que porte Katie Says Goodbye sur la vie peut s’appliquer à n’importe quel lieu ou époque. Ce long-métrage est également assez éloigné des teen movies purement contemplatifs, avec des adolescents qui rêvent d’un futur plus prometteur et où la seule action qu’ils entreprennent est l’attente. L’environnement rude dans lequel évolue Katie, différent de la banlieue paisible habituelle,  crée une urgence, il l’oblige à agir vite pour pouvoir s’en évader. La jeune fille se retrouve submergée par les nécessités quotidiennes auxquelles elle doit faire face. Ici, l’opposition à l’injustice ne se fait pas par la révolte violente mais par l’accomplissement d’une fuite vers ailleurs. La douceur caractéristique de Katie est une manifestation de son rejet de la cruauté et de la brutalité qui l’entourent. Le contraste entre cette petite serveuse radieuse dans son uniforme pastel typique des diners américains et la ville hostile où elle habite est souligné par l’image à la fois lumineuse et poussiéreuse.

 

Katie says goodbye

Katie says goodbye

 

Katie Says Goodbye est filmé caméra à l’épaule, au plus proche de l’héroïne, à l’état brut sans esthétisation artificielle. Cela additionné aux nombreux gros plans sur le visage de Katie subliment la personnalité et les émotions de l’héroïne, créant ainsi une vraie empathie, une proximité, avec elle. La fraîcheur radieuse d’Olivia Cooke n’est pas sans rappeler Adrienne Shelly dans les premiers long-métrages de Hal Hartley. Katie peut être considérée comme une Audry, certes d’origine plus modeste, moins chanceuse et cynique, du sud-ouest américain. S’il est évident que c’est l’interprétation d’Olivia Cooke qui porte le film, tous les acteurs sont d’une justesse saisissante dans l’incarnation des personnages ambigus qui constituent l’entourage de la jeune protagoniste. Des performances d’autant plus impressionnantes que la majorité des scènes ont été tournées en une seule prise afin d’être plus authentiques. 

 

Premier long-métrage réussi de Wayne Roberts, Katie Says Goodbye s’inscrit dans un triptyque. Le second volet, Richard Says Goodbye, avec Johnny Depp dans le rôle principal, suit Richard, un professeur qui découvre qu’il a un cancer en phase terminal. Enfin, dans le dernier épisode de cette trilogie, Billie Says Goodbye, il est question de Billie, une femme atteinte d’Alzheimer qui décide de mettre fin à ses jours tant qu’elle est encore lucide, et de la suite des histoires de Katie et Richard. Les destins des trois protagonistes finissent par se croiser rappelant l’universalité des sujets abordés par cette triade cinématographique.

 

Erica Farges

 

 

 

  • KATIE SAYS GOODBYE
  • Sortie salles : 18 avril 2018
  • Réalisation : Wayne Roberts
  • Avec : Olivia Cooke, Christopher Abbott, Mireille Enos, Mary Steenburgen, Jim Belushi, Chris Lowell, Nate Corddry, Natasha Bassett, Keir Gilchrist, Mike Miller…
  • Scénario : Wayne Roberts
  • Production : Eric Schultz, Carlo Sirtori, Jake Wasserman, Kimberly Parker, David Steiner, Benjamin Steiner
  • Photographie : Paula Huidobro
  • Montage : Sabine Emiliani
  • Décors : Tania Bijlani
  • Costumes : Amit Gajwani
  • Musique : Dan Romer
  • Distribution : Bodega Films
  • Durée : 1h28

 

Commentaires

A la Une

Renfield : Nicolas Cage en comte Dracula

Universal continue à développer son Dark Universe en s’attaquant au célèbre vampire avec Nicolas Cage et Nicholas Hoult.    … Lire la suite >>

David Gulpilil, du contrechamp au plein cadre

Emporté à l’âge de 68 ans par un cancer du poumon ce 29 novembre 2021, l’acteur australien aborigène David Gulpilil… Lire la suite >>

Stephen Sondheim, compositeur d’images

Disparu le 26 novembre 2021, le compositeur et parolier Stephen Sondheim a su marquer de sa personnalité certaines des plus… Lire la suite >>

Le Dernier Duel : Ridley Scott rejette l’échec sur les millenials et leurs smartphones

Un peu plus d’un mois après la sortie du Dernier Duel, Ridley Scott explique l’insuccès de son drame historique par… Lire la suite >>

Ridley Scott donne des nouvelles des séries Alien et Blade Runner

Au micro de la BBC, Ridley Scott a confirmé la progression du développement des séries adaptées de ses films à… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 LES BODIN'S EN THAILANDE 580 181 1 580 181
2 ALINE 301 206 2 896 417
3 LES ETERNELS 209 800 3 1 455 865
4 ON EST FAIT POUR S'ENTENDRE 158 922 1 158 922
5 AMANTS 136 003 1 136 003
6 MOURIR PEUT ATTENDRE 83 764 7 3 892 174
7 AFFAMES 75 483 1 75 483
8 MARATHON ONE PIECE 1000 LOGS 69 460 1 69 460
9 VENOM : LET THERE BE CARNAGE 63 113 5 1 586 933
10 ILLUSIONS PERDUES 60 444 5 752 693

Source: CBO Box office

Nos Podcasts