Toy Story 4 de Josh Cooley : critique 

Publié par Sévan Lesaffre le 24 juin 2019

Synopsis : Woody a toujours privilégié la joie de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Fourchette, un nouveau jouet qui ne veut pas en être un, met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet…

 

♥♥♥♥

 

Toy Story 4 - affiche

Toy Story 4 – affiche

Vers l’infini et au delà ! Saviez-vous que les jouets ont une âme et prennent vie dès que vous avez le dos tourné ? En 2010, l’émouvant Toy Story 3refermait en beauté une saga animée culte et révolutionnaire qui a propulsé le studio Pixar dès 1995. Réalisé par Josh Cooley, ce quatrième volet de la célèbre histoire de jouets offre un épilogue réjouissant centré sur la quête existentielle de Woody. Délaissé par la petite Bonnie, notre cowboy préféré déprime jusqu’au jour où sa propriétaire fabrique à l’école un nouveau joujou, lequel se considère comme un déchet. Son arrivée imprévue dans la chambre de Bonnie met Woody et ses amis en bien mauvaise posture. Un jouet ne renonce jamais. En effet, la recette Toy Story ne semble pas avoir pris une ride : scènes d’action, poursuites spectaculaires, chansons, tendresse et grands moments d’émotion sont les principaux ingrédients qui la composent. Une fois encore, Toy Story 4 explique qu’un enfant peut s’attacher à un jouet de mauvaise qualité qui, lui, devient vivant par le miracle de l’imagination. Toute la petite troupe se reforme donc pour cette nouvelle aventure rythmée, fidèle aux nombreux thèmes abordés dans les épisodes précédents (loyauté, entraide, insécurité, sauvetage, héritage, transmission…) et qui relève plusieurs défis en terme d’animation. Contre toute attente, Buzz, Jessie, Rex, Zigzag, Bayonne, Pile-Poil, Monsieur Patate et les aliens sont injustement relégués à l’arrière-plan.

 

Toy Story 4

Toy Story 4

 

Après une séquence introductive épique, Josh Cooley se débat avec un scénario-patchwork qui explore différents lieux incompatibles (camping car, magasin d’antiquités, fête foraine) en initiant plusieurs thématiques sans jamais les approfondir. Le shérif Woody et deux nouveaux venus – le bizarroïde Fourchette (doublé en VF par Pierre Niney), qui apporte un soupçon de folie au célèbre coffre à jouets et la poupée flippante et défectueuse Gabby Gabby – sont ici privilégiés au détriment du gang emblématique. L’intrépide bergère en porcelaine Bo Peep, dont la disparition est racontée par un flashback techniquement renversant, le fantasque cascadeur canadien Duke Caboom et la Polly Pocket Giggle McDimples volent également la vedette à nos héros favoris, devenus malgré eux de simples figurants. On regrette surtout que Buzz l’Éclair, l’astronaute de plastique rutilant, soit aussi peu exploité.

 

Petits et grands tombent pourtant sous le charme de l’univers fantaisiste et de l’humour bon enfant de Toy Story 4. Le long-métrage ponctué de gags fourmille de bonnes idées : la palette d’émotions de Woody, lequel doit écouter sa « voix intérieure » se veut plus étoffée, plus complexe, les péripéties un brin répétitives coulent de source, les flashbacks sont toujours aussi efficaces, tandis que Josh Cooley injecte de savoureux clins d’œil adressés aux cinéphiles. Le spectateur note toutefois l’absence d’un antagoniste marquant à la hauteur de Lotso, l’ours en peluche rose ou encore de l’infâme empereur Zurg introduit dans Toy Story 2.

 

Toy Story 4

Toy Story 4

 

Les inconditionnels retrouvent les emblématiques voix françaises de Woody (Jean-Philippe Puymartin) et Buzz l’Éclair (Richard Darbois). Le casting vocal comprend également Jamel Debbouze et Franck Gastambide qui jouent Ducky et Bunny, deux peluches pipelettes de fête foraine tandis que la chanteuse Angèle prête sa voix à la (fausse) méchante Gabby Gabby. Henri Guybet et Patrick Préjean, quant à eux, doublent une fois de plus Rex et Bayonne.

 

En somme, Pixar renouvelle son propos tout en restant fidèle à sa formule ; Toy Story 4 s’inscrit dans l’air du temps, aborde des thèmes intéressants et fait évoluer ses personnages. Malgré une réalisation impeccable ainsi qu’une grande qualité visuelle, ce joyeux bric-à-brac narratif n’égale pas l’intrigue bien pensée, prenante et bouleversante de l’excellent troisième chapitre dirigé par Lee Unkrich, épisode incontournable de la saga. Vingt-quatre ans après le succès de Toy Story, premier film d’animation entièrement réalisé en images de synthèse, cet épilogue coloré, fertile en rebondissements et mis en musique par l’oscarisé Randy Newman aurait pu creuser davantage son sujet, à savoir celui de la désuétude des jouets. Laissez vous cependant vraiment surprendre par cette aventure drôle et touchante à découvrir en famille. Un très bon divertissement signé Disney-Pixar.

 

 

 

  • TOY STORY 4
  • Sortie : 26 juin 2019
  • Réalisation : Josh Cooley
  • Avec les voix originales de : Tom Hanks, Tim Allen, Tony Hale, Ally Maki, Wallace Shawn, Keannu Reeves, Joan Cusack, Laurie Metcalf, Bonny Hunt, Annie Potts…
  • Scénario : Stephany Folsom, Andrew Stanton sur une idée de Andrew Stanton, John Lasseter, Martin Hynes, Rashida Jones, Will McCormack, Valerie Lapointe et Josh Cooley
  • Production : Mark Nielsen, Jonas Rivera
  • Montage : Axel Geddes
  • Décors : Bob Pauley
  • Musique : Randy Newman
  • Distribution : The Walt Disney Company France
  • Durée : 1h40

 

 

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Source: CBO Box office

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