Chloe Zhao - The Rider - Grand prix Deauville

Chloé Zhao – The Rider – Grand prix Deauville

Après une semaine de compétition avec quatorze films à départager, le jury, présidé par Michel Hazanavicius, a livré son verdict : Grand Prix pour The Rider de Chloé Zhao, l’incroyable A Ghost Story de David Lowery multirécompensé.

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Festival de Deauville - affiche 2017

Festival de Deauville – affiche 2017

La 43e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville s’est achevée ce samedi 11 septembre au soir avec le palmarès d’une sélection marquée par les communautés, diverses et variées, qui tentent de (sur)vivre dans une Amérique de plus en plus divisée et stigmatisée : les Afro-Américains (Blueprint, Stupid Things), les Juifs (Brooklyn Yiddish, They), les Asiatiques (Gook), les rednecks (The Rider, Sweet Virginia, Katie says goodbye), tous étaient là, montrés, représentés, critiqués, victimisés, sauvés, lynchés.

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Il y a, dans la plupart de ces films, une réelle envie de leur donner une place à l’écran, tout aussi légitime et importante que celle que l’on accorde généralement aux bourgeois des grandes villes, et dont The Wilde Wedding et Adorables Ennemies, présentés hors-compétition, sont les tristes prototypes. 

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Évidemment, l’actualité politique (l’élection de Trump, les violences urbaines) fut très présente dans ces films engagés, même si c’est encore les documentaires qui en parlent le mieux (We Blew It, Promised Land, Une suite qui dérange).

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Mais c’est peut-être les thématiques du deuil et de l’absence (A Ghost Story, Blueprint, Stupid Things, Mary, Brooklyn Yiddish, Sweet Virginia, The Bachelors) qui, cette année, se taillaient la part du lion. Finalement, dans la mort d’un proche, aussi tragique soit-elle, ce sont souvent les survivants qui doivent apprendre à vivre avec, chacun y allant généralement de sa méditation sur le sens de l’existence, de ses croyances et de ses espérances.

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La jeunesse, tout horizon confondu, a prouvé qu’elle était une nouvelle fois la matière première de ce cinéma indépendant dont les motifs les plus récurrents tournent autour de l’identité sexuelle (Beach Rats, They), de l’incommunicabilité entre les êtres, de leur isolement (Ingrid goes west, Brooklyn Yiddish, Mary, The Rider, My Friend Dahmer) et, bien sûr, de la révolte destructrice (Gook, Ingrid goes west, The Bachelors). 

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A Ghost Story - affiche

A Ghost Story – affiche

Si peu de grands noms du cinéma d’auteur sont venus cette année – le calendrier du festival, entre Venise et Toronto, ne le permet quasiment plus –, le manque d’œuvres importantes, singulières et originales, s’est également fait sentir. On mettra de côté le film de David Lowery, A Ghost Story, véritable ode au cinéma et à sa représentation fantasmatique autour du thème du double. Il s’apparente plus au cinéma d’Andrei Tarkovski et de Kiyoshi Kurosawa qu’à celui de John Ford ou de Martin Scorsese.

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Derrière, mais finalement assez loin, plusieurs films ont suscité quelques émois. Porté par ses jeunes comédiens, Ingrid goes west a apporté cette tonalité sardonique qui a fait défaut à ce festival. On note également la fable sordide Katie says goodbye, défouloir de méchanceté et de cruauté, sauvée par la grâce de son actrice, Olivia Cooke, révélation de cette édition 2017. Et enfin, My Friend Dahmer, biopic sur les origines du tueur Jeffrey Dahmer, qui manie l’attente perverse du spectateur dans un savoureux mélange de film d’horreur et de teen-movie.

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Trop souvent absorbé par ce réalisme « coup de poing » qui a bien du mal à visé juste lorsqu’il s’agit d’injecter du lyrisme ou du romanesque dans ces récits, le cinéma indépendant américain actuel s’en remet généralement à deux ou trois artifices pour atteindre la fameuse et universelle Émotion. Dans cette catégorie, une myriade de films (Gook, Stupid Things, Blueprint, Beach Rats, The Rider), plus ou moins bons, et qui, malgré leur honnête intention, n’en reste pas moins anecdotiques. Néanmoins, ils attestent d’une vraie valeur sociologique, voire anthropologique, si l’on excepte leur propension à retomber dans une écriture automatique et artificielle des caractères et des sentiments qui les entraînent dans un no man’s land esthétique, symbolique et politique des plus inoffensifs. 

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Cette 43e édition s’avère donc en demi-teinte voire décevante (hormis le génial A Ghost Story), mais surtout elle semble rendre de plus en plus difficile le cinéma indépendant à fournir des œuvres politiques à même de pouvoir déstabiliser, déranger, voire déloger les superproductions hollywoodiennes.

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PALMARÈS COMPLET DEAUVILLE 2016

GRAND PRIX

  1. The Rider de Chloé Zhao

PRIX DU JURY ex-aequo

  1. Brooklyn Yiddish de Joshua Z. Weinstein et A Ghost Story de David Lowery

PRIX KIEHL’S DE LA RÉVÉLATION

  1. A Ghost Story de David Lowery

PRIX DE LA CRITIQUE

  1. A Ghost Story de David Lowery

PRIX DU PUBLIC

  1. Mary de Marc Webb

PRIX LITTÉRAIRE LUCIEN BARRIÈRE

  1. Les sables de l’Amargosa de Claire Vaye Watkind

PRIX D’ORNANO-VALENTI

  1. Jeune femme de Léonor Seraille

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Source: CBO Box office

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