Synopsis : 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

 

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Imitation Game - affiche

Imitation Game – affiche

Enigma n’a désormais plus de secret pour nous. Tout serait donc bien souvent une question de logique. C’est en tout cas ce que semble nous dire Imitiation Game, le biopic sur Alan Turing, l’une des figures notables britanniques du XXe siècle (1912-1954). Mathématicien de génie, il est principalement connu pour avoir craqué les codes secrets de la machine Enigma, utilisée par nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Pour cela, il a inventé sa propre machine, dont les travaux avec son équipe ont abouti à la création des premiers ordinateurs et fit naître la science informatique. S’il a contribué à écourter la guerre de deux ans, à sauver des milliers de vie et à mener à la défaite du nazisme, il fut persécuté pour son homosexualité et condamné à la castration chimique afin d’éviter la prison. Il s’est suicidé à l’âge de 41 ans en 1954. Ce spec script de Graham Moore, issu de la Black List de 2011, prend sa source de la biographie d’Andrew Hodges, Alan Turing : The Enigma, paru en 1983. Warner Bros l’avait acquis à l’origine pour Leonardo DiCaprio, qui n’a jamais officialisé son attachement au projet laissant aujourd’hui sa place à Benedict Cumberbatch. L’acteur britannique, qui nous offre au passage un furtif clin d’œil à Sherlock, livre entre dédain, cynisme et sensibilité les différentes facettes de ce personnage secret, renfermé et tourmenté, tout en usant toujours avec ardeur de sa belle matière grise. Si son interprétation renvoie parfois à celle de Russell Crowe dans Un Homme d’Exception, il s’en échappe aussi très vite.

 

Benedict Cumberbatch dans Imitation Game

Benedict Cumberbatch dans Imitation Game

 

L’histoire retrace ainsi, sur près de deux heures, trois périodes juxtaposées de l’existence de ce cryptographe : l’époque scolaire entre ses premiers émois et ses rapports violents avec ses camarades, ses recherches de décryptage avec son équipe surdouée à Bletchley Park, et l’enquête post-guerre après son arrestation pour son homosexualité. Si les ficelles scénaristiques sont parfois trop évidentes, Imitiation Game reste un drame tenu de bout en bout, mis en scène par Morten Tyldum qui signe son quatrième long métrage mais premier en langue anglaise. Le réalisateur norvégien propose une vision tragi-comique, vibrante d’intensité, sur cet individu complexe et d’une sagesse désinvolte, qui émeut davantage grâce au renfort de la partition symphonique d’Alexandre Desplat. Le plus appréciable est sans doute l’humour cynique injecté dans la narration contrebalançant les moments d’émotion sans tomber dans le pathos. On retient notamment l’entretien d’embauche entre le commandant Dennison (Charles Dance) et Alan Turing, l’une des premières séquences d’une merveille d’intelligence et d’humour dans l’écriture. L’autre point satisfaisant émane du choix du casting pour les personnages secondaires qui renforce toute la portée dimensionnelle de ce scientifique. Matthew Goode, toujours aussi classieux et le port impeccable, interprète avec flegme et assurance le champion d’échecs Hugh Alexander, coéquipier/rival d’Alan Turing dans ce décryptage réputé inviolable, composé de milliers de combinaisons possibles. Mark Strong impose, de son côté, sa prestance discrète en chef du MI6.

 

Benedict Cumberbatch et Keira Knightley dans Imitation Game

Benedict Cumberbatch et Keira Knightley dans Imitation Game

 

Quant à Keira Knightley, elle offre sans doute l’un de ses rôles les plus intéressants et émouvants dans une ère pré-féministe. « Parfois les personnes dont on n’attend rien donnent des choses auxquelles nul ne s’attend ». Telle est la réponse d’Alan Turing à l’homme qui refuse de la laisser entrer lorsqu’elle se présente pour le test de mots croisés, en vue d’un emploi encore gardé secret, au prétexte que c’est une femme, à fortiori astreinte au métier de secrétaire. Cette réplique rythme dès lors comme un leitmotiv la présence de cette mathématicienne, seule femme dans l’unité, issue d’un milieu très conservateur, qui fut un réel soutien dans la trajectoire de ce personnage. Imitation Game pointe ainsi du doigt l’inflexibilité, l’homophobie et la misogynie de la société britannique de l’époque, dans un puzzle narratif assez bien agencé, allié à une réflexion sur la notion de discernement entre l’homme et la machine. Ce biopic se dévoile donc comme une oeuvre assez captivante mettant enfin en lumière les travaux de cette personnalité remarquable, ensevelis dans le secret du gouvernement et que la Reine a fini par réhabiliter en Décembre 2013, à savoir soixante ans plus tard…

 

 

  • IMITATION GAME (The Imitation Game) de Morten Tyldum en salles le 28 Janvier 2015.
  • Avec : Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode, Mark Strong, Rory Kinnear, Charles Dance, Allen Leech, Matthew Beard, Alex Lawther….
  • Scénario : Graham Moore d’après l’œuvre Alan Turing : The Enigma d’Andrew Hodges
  • Production : Nora Grossman, Ido Ostrowsky, Teddy Schwarzman
  • Photographie : Oscar Faura
  • Montage : William Goldenberg
  • Décors : Maria Djurkovic
  • Costumes : Sammy Sheldon
  • Musique : Alexandre Desplat
  • Distribution : StudioCanal
  • Durée : 1h55

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