Sortie DVD/ Still Alice de Richard Glatzer et Wash Westmoreland: critique

Publié par Franck Brissard le 14 septembre 2015

Synopsis : Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est professeure de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration.

 

♥♥♥♥

 

Still Alice - jaquette Blu-ray

Still Alice – jaquette Blu-ray

Il ne manquait plus que l’Oscar de la meilleure actrice à Julianne Moore. Lauréate de deux Satellite Awards, d’une Coupe Volpi à la Mostra de Venise, d’un Ours d’argent, de deux Golden Globes et d’un prix d’interprétation à Cannes, la comédienne s’est vue décerner la récompense suprême en 2015 pour sa magnifique interprétation dans Still Alice. Réalisé par Richard Glatzer et Wash Westmoreland, ce drame intense est adapté du roman L’Envol du papillon écrit par Lisa Genova et publié en 2007. Professeure d’université en neurosciences, l’auteure s’est inspirée de ses propres recherches et de son expérience pour nourrir son livre, devenu depuis un bestseller. Les réalisateurs de The Fluffer, Echo Park, L.A. et The Last of Robin Hood s’en remettent la plupart du temps à leurs fabuleux comédiens. Still Alice est caractéristique du cinéma indépendant américain : tourné dans l’urgence en moins d’un mois et un casting prestigieux, mais une réalisation classique pour ne pas dire académique. Cependant, Julianne Moore excelle. Elle peut se targuer aujourd’hui d’afficher une des plus belles filmographies du cinéma contemporain. Elle trouve ici un rôle qui lui permet de réaliser la synthèse de tous ses précédents personnages. Forte, magnifique, bouleversante, grandiose, l’actrice n’en finit pas de subjuguer. Elle est génialement épaulée par Kristen Stewart, qui trouve ici l’un de ses meilleurs rôles avec Adventureland et Welcome to the Rileys. Incarnant la fille d’Alice, elle est ici poignante et leurs scènes en commun sont les plus belles du film. N’oublions pas Alec Baldwin (toujours génial) et Kate Bosworth qui retrouve ici de sa superbe, ayant trop souvent tendance à gaspiller son talent dans des films de seconde zone.

 

Kristen Stewart et Julianne Moore dans Still Alice

Kristen Stewart et Julianne Moore dans Still Alice

 

Still Alice était un véritable véhicule à Oscar, avec un pitch qui avait tout pour ravir l’Académie : une femme de 50 ans apprend qu’elle est atteinte d’une forme précoce de la maladie d’Alzheimer. On suit ainsi dans son combat cette professeure de linguistique très célèbre, mariée et mère de trois enfants, qui va progressivement prendre le dessus. Julianne Moore a toujours eu cette faculté de « disparaître » derrière ses personnages. La caméra la capture au plus près ne perdant rien des signes annonciateurs, même les plus minimes : des angoisses de sa maladie neurodégénérative jusqu’à ce qu’elle perde pied progressivement, la plongeant seule dans l’inconnu. Contrainte d’abandonner son métier, sa passion, Alice doit également se préparer à perdre son autonomie, mais aussi à dire au revoir à son mari et ses enfants, comme si elle partait pour un voyage sans retour. Still Alice aborde d’ailleurs la façon dont les proches eux-mêmes se préparent à accepter l’inéluctable. Comment supporter, admettre, se résigner et vivre avec la maladie quand elle frappe un membre de sa famille ? Avec élégance et retenue, Richard Glatzer et Wash Westmoreland évitent la démonstration et signent un drame prenant, pudique, très attachant, qui évite le pathos grâce à la prestation des comédiens. Peu de temps après le sacre de Julianne Moore aux Oscars, le réalisateur Richard Glatzer, atteint de la maladie de Charcot, est malheureusement décédé en mars 2015 à l’âge de 63 ans.

 

 

 

Julianne Moore et Alec Baldwin dans Still Alice

Julianne Moore et Alec Baldwin dans Still Alice

TEST BLU-RAY : Dans cette édition, Sony accompagne le film d’une demi-heure de suppléments. Le premier est un documentaire sur le tournage (10′), composé d’images des prises de vues et d’interviews de l’équipe (acteurs, réalisateurs). Mariés à la ville, Richard Glatzer et Wash Westmoreland, évoquent la maladie du premier, qui donne son ressenti à travers un texte écrit sur un Ipad avec l’aide de son pied, ayant perdu l’usage de ses bras et de la parole. Ce documentaire est dédié à Richard Glatzer, décédé trois semaines après la Cérémonie des Oscars. S’ensuit un module de 9 minutes consacré à la préparation de Julianne Moore, grâce aux conseils de Sandy Aoltz, une femme de 50 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer alors qu’elle avait 47 ans. Quelques spécialistes, mais aussi les acteurs et les producteurs abordent cette maladie, la sixième plus mortelle aux Etats-Unis. Le compositeur Ilan Eshkeri est également présent dans un module de 6 minutes, où il revient sur son travail auprès des réalisateurs et des musiciens. L’interactivité se clôt sur trois scènes coupées (6′) anecdotiques (l’intro originale, une visite chez le médecin et la présentation d’une étudiante) ainsi qu’un lot de bandes-annonces. La promotion HD de Still Alice sied joliment aux images douces et froides du chef opérateur français Denis Lenoir (Tandem, Demonlover, Eden) qui possèdent ici un réel éclat. Certes, les quelques séquences tournées en extérieur profitent de l’encodage AVC, mais les nombreuses scènes en intérieur sont nettement moins définies et s’accompagnent d’un piqué moindre, une perte des détails, un sensible bruit vidéo et un voile légèrement diffus. L’image reste tout de même élégante et les contrastes corrects. Les versions originale et française sont proposées en DTS-HD Master Audio 5.1. L’action demeure essentiellement canalisée sur les frontales et les voix des comédiens, tandis que les ambiances naturelles et les effets annexes manquent à l’appel. La version française au doublage inapproprié est à oublier illico. Pas d’esbroufe inutile, le film ne s’y prête pas, mais le confort acoustique est assuré.

 

 

 

  • STILL ALICE réalisé par Richard Glatzer et Wash Westmoreland, disponible en DVD/Blu-ray depuis le 5 août 2015.
  • Avec : Julianne Moore,  Alec Baldwin, Seth Gilliam, Kristen Stewart, Kate Bosworth, Shane McRae, Hunter Parrish…
  • Scénario : Lisa Genova, d’après son roman
  • Production : Lynn Appelle, Declan Baldwin, Pamela Koffler, Celine Rattray, Marie Savare, Tracy Shao, Maria Shriver, Nick Shumaker, Elizabeth Gelfand Stearns, Christine Vachon
  • Photographie : Denis Lenoir
  • Montage : Nicolas Chaudeurge
  • Décors : Susan Perlman
  • Costumes : Stacey Battat
  • Musique : Ilan Eshkeri
  • Editeur : SPHE
  • Tarif : 17,99 €
  • Durée : 1h41

.

Commentaires

A la Une

Tout le programme du 23e Festival Les Œillades à Albi

Du 19 au 24 novembre se tiendra à Albi la 23ème édition du Festival Les Œillades, en partenariat avec CineChronicle…. Lire la suite >>

Lady Gaga de retour au cinéma pour Ridley Scott

Lady Gaga pourrait incarner Patrizia Reggiani, l’épouse et meurtrière de Maurizio Gucci, petit-fils et héritier du fondateur de la maison… Lire la suite >>

Un biopic sur les Bee Gees en préparation chez Paramount

Le producteur de Bohemian Rhapsody prépare un biopic sur les Bee Gees.       Le producteur américain Graham King, à… Lire la suite >>

Un trailer déchaîné pour The Gentlemen de Guy Ritchie

The Gentlemen, nouveau film de braquage so british signé Guy Ritchie, se dévoile dans une bande-annonce rythmée au casting trois… Lire la suite >>

Rachel Weisz dans la peau d’Elizabeth Taylor 

Rachel Weisz incarnera la superstar hollywoodienne Elizabeth Taylor, dans un biopic consacré à l’actrice militante, figure de la lutte contre… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 LA BELLE EPOQUE 565 429 1 565 429
2 JOKER 463 547 5 5 074 165
3 HORS NORMES 382 646 3 1 529 131
4 MALEFIQUE : LE POUVOIR DU MAL 295 221 4 2 402 411
5 ABOMINABLE 262 442 3 1 637 561
6 MIDWAY 238 069 1 238 069
7 RETOUR A ZOMBIELAND 161 784 2 458 756
8 TERMINATOR : DARK FATE 126 753 3 850 150
9 MON CHIEN STUPIDE 122 483 2 412 739
10 AU NOM DE LA TERRE 107 892 7 1 845 632

Source: CBO Box office

Nos Podcasts