Jeu vidéo/ Quantum Break : critique

Publié par Yvan Lozac'hmeur le 28 avril 2016

Résumé : Le 9 octobre 2016, Jack Joyce se rend à l’université de Riverport après un appel de son ami de longue date, Paul Serene, qui veut lui montrer quelque chose. C’est en réalité une machine à remonter le temps que Jack découvre dans le laboratoire. Paul pénètre à l’intérieur et traverse l’espace-temps avec succès, mais quand il en ressort sous les yeux ébahis de Jack, ils apprennent que cette action va provoquer une fracture temporelle et ainsi, la fin du temps. Suite à cet incident, Jack va développer des pouvoirs étranges, tous liés au contrôle du temps.

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Quantum Break - couverture

Quantum Break – couverture

Microsoft Studios et Remedy Entertainment (derrière Ryse : Son of Rome, Alan Wake, Max Payne…) peuvent se réjouir : Quantum Break serait leur jeu le plus vendu, mais aussi le plus joué sur Xbox One durant sa semaine de sortie. Un pari réussi pour le lancement de cette nouvelle franchise qui propose une expérience cross-média inédite entre jeu vidéo et série, et très attendue à la vue des pré-commandes. Le point fort de Quantum Break émane essentiellement de son scénario. Après une introduction faisant appel à nos mémoires durant un interrogatoire, les voix successives de Jack et Paul nous guident vers le déroulement des évènements. L’accident lié à la machine de Paul Serene – point de départ –, nous plonge rapidement dans l’univers du jeu et nous donne efficacement envie d’aller plus loin. Nous incarnons Jack, jeune homme à problèmes et entêté qui, suite à son incident, se retrouve doté de pouvoirs liés au temps. Celui-ci est sur le point de s’effondrer, entraînant une fin du monde qu’il faut éviter. Les dialogues sont bien sentis, les personnages profonds, contrebalançant une structure narrative assez convenue qui a tendance à restreindre la liberté du joueur. Néanmoins, l’univers est riche en détails annexes à débusquer, lesquels fournissent certaines précisions sur la situation et l’environnement direct du joueur qui vont changer le cours de l’histoire.Ainsi, Quantum Break nous propose de nombreuses trames différentes, selon les décisions du joueur au fur et à mesure de son avancée. Cela nous encourage à prendre notre temps et à fouiller chaque lieu avec minutie. La limite de ce système est l’infime différence qui résulte de ces choix et le fait que l’expérience manque un peu de force pour nous donner envie de retenter l’aventure différemment, afin de découvrir toutes les possibilités offertes, en dépit des bons gunfights, des explosions et de la distorsion temporelle.  

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Quantum Break screenshotQuantum Break screenshotQuantum Break - screenshotQuantum Break screenshot

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Le changement de tableaux s’effectue par le biais des cinématiques nombreuses. Il n’y a pas de véritable monde ouvert ; le jeu se contente d’enchaîner les couloirs truffés d’évènements et de groupes d’ennemis guettant notre arrivée, ce qui devient hélas souvent répétitif. Cependant, Quantum Break tient le pari d’offrir une histoire suffisamment convaincante pour que le joueur ait envie de regarder la série, dont il doit débloquer les épisodes au fur et à mesure de sa progression. Alors qu’on aurait pu douter du synopsis – traiter des paradoxes temporels s’avère souvent périlleux –, le jeu explique simplement les phénomènes en cours et permet au joueur de ne pas être assommé ni perdu dans toutes ces trames bloquées dans des temps différents. 

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Notre personnage doit se focaliser sur un objectif simple : mettre hors d’état de nuire son ancien ami Paul. Ce dernier, capable de voyager dans le temps, s’est forgé un empire et tente de fabriquer une arche pour que quelques hommes réchappent à l’effondrement du temps. Jack est, comme le joueur, abasourdi par les évènements, contrairement à son frère William, docteur en physique quantique, qui semble pouvoir tout expliquer puisqu’il a travaillé sur le projet de Paul avant que tout ne dérape. Notre but est donc de contrecarrer les plans de ce dernier, tout en empêchant le temps de s’effondrer. Cela tombe bien car l’arsenal des pouvoirs de Jack permet d’arrêter le temps afin de se protéger ou encore de battre ses ennemis tel un Néo venu de Matrix. Il peut également se déplacer très rapidement ou carrément renverser le cours du temps pour réparer des objets et ainsi se frayer un chemin. Ces passages rappellent d’ailleurs INCEPTION (notre critique) et ses mondes modulables.

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Quantum Break mise ainsi vraiment son va-tout sur ce concept cross-média ; la série est indispensable puisqu’elle se focalise sur les opposants au héros tandis que le jeu ne se préoccupe que de ses adjuvants. Pour le moment, elle n’est visionnable qu’en streaming via la plateforme de Windows ; les connections Internet les plus modestes ont donc le droit à saccades et coupures dues à la mise en mémoire tampon et aux chargements. La série devrait être néanmoins téléchargeable prochainement (avec un poids imposant de 75 Giga) pour éviter ces désagréments. Si l’interprétation des acteurs est agréable, la série est cependant desservie par cette même structure narrative du jeu un peu trop classique. Plaisir malgré tout de retrouver des stars comme Shawn Ashmore dans la peau de Jack (Iceberg dans la première trilogie X-men), Aidan Gillen (Littlefinger dans Game of Thrones) en tyrannique Paul Serene, mais aussi Dominic Monaghan pour incarner William (Meriadoc le hobbit dans Le Seigneur des Anneaux). À leurs côtés figurent également Lance Reddick (Fringe), Amelia Rose Blaire (True Blood) ou encore Marshall Allman (Prison Break). Les épisodes dévoilent les péripéties qui se jouent au sein de Monarch, l’entreprise fondée par Paul Serene, ainsi que les complots et trahisons. L’équipe a donc dû troquer les costumes pour des combinaisons de motion capture afin de tourner les épisodes de la série et les séquences cinématiques du jeu.

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Quantum Break - screenshotQuantum Break - screenshotQuantum Break - screenshotQuantum Break - screenshot

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D’un point de vue purement technique, les contrôles s’adaptent automatiquement à une prise en main souris/clavier ou manette, à une simple pression de touche. À la manette, les déplacements sont fluides et les interactions intuitives, reprenant les mêmes raccourcis que beaucoup d’autres jeux du genre (Watchdogs, Splinter Cell, Sleeping Dogs…). On regrette simplement une gestion des sauts assez moyenne. Les capacités temporelles sont rapidement prises en main à l’aide des gâchettes. Ces pouvoirs vous seront d’une grande aide face à vos adversaires, car le système de mise à couvert automatique du personnage réagit comme un aimant, ou à l’inverse, pas du tout ; ce qui peut se révéler irritant. Concernant la visée, souvent critiquée lorsque le jeu est utilisé à la manette, elle est ici facilitée par les développeurs qui mettent à disposition une aide qui augmente grandement la précision (elle est cependant désactivable). Du reste, le jeu est agréable et facile d’accès pour les adeptes souris/clavier. On note curieusement quelques oublis, comme les boutons « quitter le jeu » et « pause », absents du menu principal.

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Sans être parmi les jeux de sa promotion les plus réussis graphiquement, Quantum Break s’en tire honorablement ; la performance capture des acteurs offre un rendu convaincant, les mouvements des personnages sont réalistes et savent s’effacer au profit du gameplay lorsque les actions doivent s’enchaîner rapidement. Dans son ensemble, Quantum Break se joue avec plaisir et offre un concept cross-média inédit, intéressant et au potentiel captivant, dont le schéma narratif aurait pu cependant être plus travaillé en profondeur pour un résultat vraiment optimal.

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  • QUANTUM BREAK est disponible depuis le 5 avril 2016 sur Xbox One et PC.
  • Editeur : Microsoft Studios
  • Développeur : Remedy Entertainment
  • Genre : FPS (jeu de tir à la troisième personne), Action-aventure, Horreur
  • Mode : Solo
  • Classification : Pegi 16
  • Langue : VF/VOST
  • Prix : entre 45€ et 70€ selon les plateformes et l’édition du jeu.

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Source: CBO Box office

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