Jeu vidéo/ The Division : critique test

Publié par Sylvain Lecointe le 25 mars 2016

Résumé : En plein Black Friday, un redoutable virus se propage dans New York. Peu à peu la ville sombre dans le chaos, les pouvoirs publics et autres autorités tombent un à un. C’est alors qu’intervient The Division, un groupe d’agents dormants. Totalement autonomes et sous couverture de citoyens lambda, ils sont activés en dernier recours pour restaurer l’ordre et reconstruire la ville.

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The Division - jaquette

The Division – jaquette

Ce n’est pas une année comme les autres pour Ubisoft, pour la première fois depuis 10 ans, le studio français n’a pas sorti de nouvel opus d’Assassin’s Creed. Au lendemain d’une acquisition de capital par le géant Vivendi, l’éditeur-développeur français, qui souhaite conserver son indépendance, semble tout miser sur son petit dernier : The Division. Plus de 80 millions d’euros ont été investis dans le développement du jeu, principalement mené par Massive Entertainment, le studio suédois partenaire d’Ubisoft, qui a également participé à la réussite de Far Cry 3 et d’Assassin’s Creed : Revelations. Depuis sa sortie le 8 mars dernier, The Division est littéralement encensé par la presse, même généraliste ; c’est un triomphe critique et commercial avec 330 millions de dollars récoltés sur les cinq premiers jours de son lancement. Un record historique pour Ubisoft qui fédère, avec ce jeu à la croisée des genres, plus d’un million de joueurs. On ne vous cache pas que nous avons eu du mal ici à lâcher la manette pour rédiger nos impressions. New York est tombé dans le chaos, Big Apple est aux mains de différentes factions hostiles et le joueur incarne un des agents de The Division. Après avoir personnalisé votre agent (genre, couleur de peau, coiffure…), vous passez par un premier quartier emblématique : Brooklyn. Le fief des hispters fait office de didacticiel pour apprendre les bases du jeu (déplacement, usage des compétences et de la carte). Mais tout devient sérieux dès l’arrivée à Manhattan. Il faut remettre en état – à travers des quêtes et des missions – un quartier général et ses trois ailes : médicale, technologique et sécurité. C’est dans ce premier bastion que vous pouvez vous réapprovisionner, acheter/vendre de l’équipement et fabriquer des armes, des objets et autres améliorations en fonction des ressources récoltées.

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Tom Clancy's The DivisionTom Clancy's The DivisionTom Clancy's The DivisionTom Clancy's The Division

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En parcourant les rues dévastées se révèle une référence cinématographique : New-York 1997 de John Carpenter. Quand elles ne sont pas désertes, les rues sont malfamées et il n’est pas rare d’arriver en pleine agression d’un citoyen par des membres de faction. C’est au joueur donc d’intervenir. Alors que la pandémie s’est propagée en pleine période de fêtes, il est assez déprimant de voir les décorations de Noël se mélanger à la désolation ambiante. On ne ressemble plus à un sauveur de l’humanité mais plutôt à un individu isolé qui fait de son mieux pour « améliorer » une situation catastrophique. The Division n’est en rien un jeu solo ; faire équipe avec d’autres agents vous permet d’avancer plus efficacement. Sous ses aspects de jeu de tir à la Gears of War, le titre est largement constitué d’éléments de RPG (Role Playing Game = jeu de rôle). Chaque joueur peut monter en niveau (la fameuse XP) et améliorer les composants de son équipement avec différents Mods à placer sur les éléments de tenues (genouillères, masques…). L’arme utilisée devient ainsi plus puissante, le joueur plus résistant et certains effets de compétences sont augmentés ou prolongés. Ce mélange de shooter/RPG risque cependant de partager les avis : certains enragent de ne pouvoir tuer un adversaire d’une balle dans la tête alors qu’ils ont visé juste, tandis que d’autres apprécient l’aspect tactique du RPG qui renforce leur assaut sur des ennemis aux nombreux PV (Points de Vie).

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The Division se révèle rapidement un blockbuster d’action de qualité. Son mélange des genres séduit un large panel de joueurs, et la vulgarisation de tous les éléments RPG le rend accessible à tous. Ubisoft oblige, la map offre de nombreux lieux à explorer et de missions secondaires. Si l’aspect linéaire de la ville peut rebuter, l’aventure se joue néanmoins dans les rues (une fusillade à Time Square), les toits, les égouts et à l’intérieur de certains bâtiments (le Madison Square Garden). Son cycle jour/nuit, son climat changeant et la puissance du moteur graphique Snowdrop font de The Division un jeu parfaitement immersif dans lequel on aime progresser et s’attarder sur les détails du décor, avant de sombrer dans un affrontement urbain au sein d’un environnement destructible. Tirer à travers les vitres des voitures pour atteindre l’ennemi est réjouissant, les alarmes hurlent, les ennemis vous contournent et vous délogent à coup de grenades. Et si vos équipiers tombent à terre, c’est à vous de les ranimer sous le feu ennemi. Voici la description d’une « balade typique » dans les rues de ce New York post-pandémie.

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L’aspect connecté ne s’arrête pas là ; l’expérience ultime ne réside pas dans l’enquête un peu évasive sur l’origine et le pourquoi du virus, mais dans l’exploration de la Dark Zone. Situé au centre de la carte, ce secteur est une mine d’or en objets rares. Vous pouvez le parcourir avec d’autres joueurs afin d’affronter des ennemis puissants et nombreux. Une bonne connaissance du terrain et surtout une grande cohésion de groupe sont nécessaires pour venir à bout des vagues d’ennemis. La difficulté de cette zone provient du fait que tous les objets que vous trouvez ne peuvent être extraits si vous mourrez en mission : vous devez appeler un hélicoptère pour l’extraction de votre matériel. Pendant ce temps, d’autres joueurs peuvent vous attaquer. Pire, vos coéquipiers peuvent vous trahir et devenir agent renégat ; autrement dit, une cible à abattre. Une tension de tous les instants s’installe, simple et efficace, et offre un véritable défi aux joueurs ; chose assez rare sur nos consoles et ordinateurs depuis quelque temps.

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The Division n’est cependant pas exempt de défauts. Le déplacement à couvert est parfois difficile et il est même possible de se mettre à découvert sans le vouloir. Certains combats se révèlent également ardus dans certains lieux exigus (impossible de toucher un ennemi dans l’escalier étroit d’un immeuble). Le scénario est en outre assez vite expédié et l’avancée dans l’intrigue est assez confuse. On enquête sur des disparus de façon éparse et les explications sont données dans de courtes cinématiques. On peine donc parfois à rentrer dans l’histoire. Néanmoins, l’impression dominante est le plaisir de jouer, l’envie d’explorer et de progresser. Chaque cheminement vers la prochaine quête est ponctué de rencontres, souvent hostiles, et de missions annexes qu’il est difficile d’esquiver. Le game over de The Division s’avère donc encore très loin à atteindre…

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