Sortie Blu-ray/ Trois hommes à abattre de Jacques Deray: critique + test

Publié par Franck Brissard le 28 novembre 2015

Synopsis : Une nuit, Michel Gerfaut, vient au secours d’un homme blessé par balles gisant sur le bord de la route. Il l’emmène à l’hôpital et part sans faire de déclaration. De sauveteur, il devient témoin, un témoin très gênant pour certains. Il est pris pour cible par les tueurs. Mais Gerfaut, joueur de poker professionnel au passé riche d’expériences, ne se laissera pas abattre aussi facilement que l’organisation aurait pu le prévoir.

 

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Trois Hommes a abattre - jaquette

Trois Hommes à abattre – jaquette

Bien installé après les grands succès de La Piscine (1969) et de Borsalino (1970), Jacques Deray passe par le drame Un peu de soleil dans l’eau froide (1971) avant de revenir à son genre de prédilection, le polar, avec Trois Hommes à abattre (1980). Il s’agit de la septième collaboration sur neuf entre le cinéaste et Alain Delon (de 1969 à 1994). Si Doucement les basses (1970) est un peu à part dans leur filmographie respective, Borsalino and Co (1974) et Flic Story (1975) sont deux chefs-d’œuvre qui consolident leur collaboration. Le Gang (1977) est un peu plus dispensable, mais Trois hommes à abattre permet au réalisateur et à l’acteur de briller au box office, surtout après l’échec commercial du sensationnel Papillon sur l’épaule pour le premier, et les ratés AIRPORT 80 CONCORDE (notre critique) et Le Toubib pour le second. Trois Hommes à abattre est librement adapté du roman de Jean-Patrick Manchette, Le Petit Bleu de la côte ouest, publié en 1976. Le scénario est coécrit par Alain Delon lui-même, avec Jacques Deray et Christopher Frank. Ce polar noir n’est peut-être pas le film le plus réussi avec Alain Delon (aussi producteur), mais il parvient à traverser les années sans trop de dommages. Sa force émane de la mise en scène toujours inspirée de Jacques Deray, de sa grande direction d’acteurs et de son sens du cinéma populaire dans ce qu’il a de plus noble. Il a aussi toujours su s’entourer d’une équipe technique efficace afin d’offrir aux spectateurs le plus grand divertissement possible. On retrouve ici Jean Tournier à la photographie, le fidèle complice Claude Bolling à la musique, Rémy Julienne pour les cascades automobiles, dont une impressionnante poursuite sur le périphérique parisien, et une pléiade de « gueules » comme celles de Michel Auclair, Jean-Pierre Darras, Pierre Dux, François Perrot, André Falcon, Féodor Atkine ou encore la belle Dalila Di Lazzaro peu avare de ses charmes.

 

Trois Hommes à abattreTrois Hommes à abattreTrois Hommes à abattreTrois Hommes à abattre

 

Sur un rythme lent, mais remarquablement maîtrisé, on suit l’existence d’un type ordinaire, plongé malgré lui dans une histoire extraordinaire particulièrement violente, nerveuse et sombre. Trois Hommes à abattre distribue calmement ses cartes pour mieux aspirer le personnage principal dans une spirale infernale. Ce polar apparaît comme une antithèse au Grand Blond avec une chaussure noire d’Yves Robert. Cet homme dans la foule n’est pas choisi comme marionnette, mais il est pris pour quelqu’un qu’il n’est pas, un tueur qui en sait trop sur les agissements d’industriels de l’armement. Alain Delon est parfait dans la peau de Michel Gerfaut, un simple joueur professionnel de poker, habituellement chanceux, qui se retrouve malheureusement au mauvais endroit au mauvais moment.

 

La machine politique se met alors en marche et chacun se demande qui est cet homme débarqué de nulle part, qui a donné un coup de main à un accidenté dont le corps était criblé de balles. Gerfaut comprend très vite qu’on lui en veut lorsqu’il est à deux doigts d’être noyé par deux individus. En menant sa propre enquête, il parvient à se défendre face à des tueurs professionnels sans vraiment comprendre l’importance et la gravité de ce qui se déroule autour de lui. Sortie en octobre 1980, cette grosse production percutante remporte immédiatement tous les suffrages. À l’instar de son rival et ami Jean-Paul Belmondo, soucieux des désirs du public de le voir revenir au polar, Alain Delon n’aura de cesse de reprendre la pétoire et ce, dès l’année suivante avec Pour la peau d’un flic qu’il écrit, produit, interprète et réalise.

 

 

 

Trois Hommes à abattre

Trois Hommes à abattre

TEST BLU-RAY : Pathé joint dans cette édition un documentaire rétrospectif de 23 minutes, intitulé Retrouvailles avec le polar et le succès, réalisé par Jérôme Wybon. Ce module croise les propos habiles et passionnants d’Agnès Vincent-Deray (femme de Jacques), d’Alain Terzian (producteur) et d’Olivier Rajchman (auteur de Delon/Belmondo : l’étoffe des héros). Jacques Deray et Alain Delon apparaissent également à travers des images du tournage et lors de la promotion du film au journal télévisé alors présenté par Alain Bévérini. Restauré en 2013 par l’éditeur et à l’instar des autres titres de la collection Pathé Classiques, cette copie bénéficie d’un traitement de faveur concernant la restauration et aucune scorie n’est à signaler. Soutenue par une solide compression, l’image affiche une belle stabilité et les contrastes trouvent une nouvelle densité. La colorimétrie au ton parfois trop pastel dérange un peu, néanmoins le grain cinéma demeure palpable. Ce sont finalement les séquences diurnes qui s’en tirent le mieux avec une clarté indéniable, des teintes plus variées et un piqué nettement plus ciselé. Le mixage DTS-HD Master Audio Mono instaure un réel confort acoustique. Les dialogues sont ici délivrés avec ardeur et clarté, les effets riches et les silences denses, sans aucun souffle. La partition de Claude Bolling trouve un nouvel écrin phonique agréable. L’éditeur joint également les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiovision.

 

 

  • TROIS HOMMES A ABATTRE réalisé par Jacques Deray, disponible en DVD/Blu-ray le 16 décembre 2015.
  • Avec : Alain Delon, Dalila Di Lazzaro, Michel Auclair, Pascale Roberts, Lyne Chardonnet, Jean-Pierre Darras, Bernard Le Coq, Pierre Dux, François Perrot, André Falcon, Féodor Atkine, Francis Lemaire, Pierre Belot, Daniel Breton…
  • Scénario : Alain Delon, Christopher Frank, Jacques Deray d’après le roman de Jean-Patrick Manchette
  • Production : Alain Delon, Alain Terzian
  • Photographie : Jean Tournier
  • Montage : Isabel García de Herreros
  • Décors : Philippe Turlure
  • Costumes : Marie-Françoise Perochon
  • Musique : Claude Bolling
  • Editeur : Pathé
  • Tarif : 19,99 €
  • Durée : 1h37
  • Date de sortie initiale : 31 octobre 1980

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Source: CBO Box office

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