Sortie Blu-ray/ Bright Star de Jane Campion: critique + test

Publié par Franck Brissard le 23 novembre 2015

Synopsis : Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète. Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids. John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n’est pas du tout impressionnée par la littérature. C’est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie. Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l’attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l’intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus.  » J’ai l’impression de me dissoudre « , écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause…

 

♥♥♥♥♥

 

Coffret integral Jane Campion

Coffret intégral Jane Campion

Bright Star confirme l’immense talent de Jane Campion, seule femme cinéaste à avoir remporté la Palme d’Or encore à ce jour (La Leçon de Piano, 1993). Elle filme ici le désir et la passion d’un jeune couple avec une grâce et une retenue singulières. De la beauté esthétique extraordinaire jusqu’à la magnificence des vers de John Keats, Bright Star échappe à tout académisme poussiéreux. La bouleversante passion, mais chaste, entre ce jeune poète, figure du romantisme du début du 19e siècle, et sa voisine Fanny, n’a pas fini de hanter les esprits romanesques des cinéphiles les plus avertis. Injustement oublié du palmarès de la Sélection officielle à Cannes en 2009, Bright Star signe ainsi le grand retour de la Néo-Zélandaise, sept ans après le succès d’In the Cut. La splendeur des images se conjugue en effet merveilleusement à la poésie et à la sensibilité des deux comédiens principaux, l’Australienne Abbie Cornish et le Britannique Ben Whishaw, tous deux épaulés par Paul Schneider, Kerry Fox et l’étonnant Thomas Brodie-Sangster. Bright Star laisse pantois d’admiration. Si le titre provient d’un poème de Keats, écrit sur la page de garde de son recueil d’œuvres de Shakespeare lorsqu’il était avec Fanny Brawne, cette histoire d’amour prend sa source de la biographie Keats d’Andrew Motion, parue en janvier 1998. La réalisatrice se focalise sur la dernière partie de la courte vie de ce poète, mort à 25 ans de la tuberculose, et de sa relation intime avec sa jeune et jolie voisine. La sobriété de la mise en scène, essentiellement composée de plans fixes, permet de mieux s’imprégner de l’atmosphère de la campagne anglaise et d’apprécier la beauté de la photographie de Greig Fraser. Jane Campion évite brillamment tous les écueils du genre, embrasse le romanesque avec pudeur et délicatesse, et sans naïveté ni mièvrerie. Le rythme est lent mais maîtrisé, langoureux et lyrique, suivant le fil des saisons et les mutations de la nature environnante. En adoptant le point de vue de la jeune femme, le récit reste passionnant, virtuose, coloré et lumineux même dans sa fin poignante.

 

 

 

Bright Star

Bright Star

TEST BLU-RAY : Disponible dans le coffret intégral comportant tous les films de Jane Campion (courts et longs) et sa première série, le blu-ray de Bright Star contient un making of, sobrement intitulé Working with Jane (26’). Nous pouvons observer la réalisatrice à l’œuvre avec ses comédiens et son équipe technique. Un autre module présente deux petites scènes coupées (2’). Et comme souvent, elles s’enchaînent sans qu’on comprenne la raison de leur éviction. Ce blu-ray au format 1080p, le même édité par Pathé en 2009, tient ses promesses et nous offre un superbe rendu des couleurs qui changent au fil des saisons. La définition, dont les standards étaient différents à l’époque, s’affaiblit légèrement durant les séquences dans la demeure principale. La compression se fait parfois perceptible, le niveau des détails n’est pas suffisamment ciselé et imputable à l’encodage VC-1. Les plans filmés en extérieurs renvoient aux plus belles œuvres picturales du XIXème siècle avec un piqué retrouvé. Deux pistes DTS-HD Master Audio 5.1 sont au programme. Si la version française est évidemment facultative (le doublage est d’une stupéfiante platitude), la piste sonore propose des ambiances latérales supérieures. La version originale distille avec grâce et parcimonie les bruits de la nature. La splendide partition de Mark Bradshaw est parfaitement spatialisée tandis que les dialogues demeurent clairs et distincts. Bien entendu, les séquences intérieures ne sont canalisées que sur la centrale et les frontales paraissent assez timides. Notons enfin la différence de volume au niveau des enceintes arrière au moment des scènes extérieures, comme la promenade en forêt, la chorale ou l’orage. Les ambiances latérales sont multipliées pour la langue française, plus orientée vers les dialogues. Le mixage perd considérablement en naturel et en finesse. La piste anglaise, aux sous-titres français imposés, demeure la plus fluide et authentique. Le changement de langue est impossible à la volée et nécessite le retour au menu contextuel.

 

 

 

  • BRIGHT STAR écrit et réalisé par Jane Campion, disponible en DVD/Blu-ray dans le coffret intégral, Edition spéciale Fnac, depuis le 28 octobre 2015.
  • Avec : Abbie Cornish, Ben Whishaw, Kerry Fox, Paul Schneider, Edie Martin, Thomas Sangster, Gerard Monaco, Claudie Blakley…
  • Production : Jan Chapman, Caroline Hewitt, Mark L. Rosen
  • Photographie : Greig Fraser
  • Montage : Alexandre de Franceschi
  • Décors : Charlotte Watts
  • Costumes : Janet Patterson
  • Musique : Mark Bradshaw
  • Distribution et Editeur : Pathé
  • Tarif du coffret Blu-ray intégral : 119,99 €
  • Durée : 2h
  • Date de sortie initiale : 18 septembre 2009 (Etats-Unis), 6 janvier 2010 (France)

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