Jeu vidéo/ Need for Speed: critique

Publié par Thomas Boulle le 4 décembre 2015

Résumé : La nuit tombée, les rues de Ventura Bay appartiennent aux pilotes ! Venez customiser la voiture de vos rêves et affronter online des joueurs du monde entier.

 

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Need for Speed jeu - jaquette

Need for Speed jeu – jaquette

Rares sont les éditeurs qui prennent le temps de laisser respirer leurs licences, au risque de les voir s’essouffler. Ainsi, EA a accordé deux ans de répit à Need for Speed ; on pouvait donc espérer que le développeur Ghost Games, ayant déjà oeuvré aux côtés de Criterion Games sur Need For Speed Rivals sorti en 2013, aurait eu le recul nécessaire et le temps pour nous servir un jeu intéressant. La jaquette ne laisse aucune place au doute, Need For Speed marque le retour dans le monde du tuning, initié en 2003 avec Need For Speed Underground. Ghost Games y met les formes en proposant un chouette garage bondé de copains et de copines de tuning, qui vous rencardent sur les différentes courses disponibles au fil du jeu, correspondant au style de conduite de chacun d’entre eux. Cependant, l’histoire est absente. Le seul fil conducteur entre toutes ces missions est d’essayer d’impressionner les pontes locaux du street racing. Ainsi, toutes les cutscenes (séquences intermédiaires), avec ces personnes, n’ont pas grand intérêt : vous retrouvez votre bande au Dinner du coin (leur QG) ou dans leur garage pour un bref dialogue à la première personne. Le personnage que nous incarnons est muet, mais il a deux mains qu’il utilise pour, au-delà de conduire, faire moult “check” et “high-five” avec ses potos. On reste également perplexe sur la technique utilisée pour ces cinématiques : les acteurs, tous anglais, ont été filmés sur fond vert, puis reincrustés dans des décors blindés de figurants. Le résultat est assez perturbant, sans parler des doublages français pas très convaincants. Précisons par ailleurs que le blockbuster éponyme réalisé par Scott Waugh en 2014, avec Aaron Paul dans le rôle principal, n’a finalement plus aucun lien avec le jeu.

 

Need for SpeedNeed for SpeedNeed for SpeedNeed for Speed

 

Vous arpentez ici les rues de la ville imaginaire Ventura Bay, fortement inspirée de Los Angeles. Les décors sont variés avec des zones légèrement montagneuses et leurs routes en lacets, idéales pour le drifts, ainsi que de belles avenues en ligne droite, parfaites pour les pointes de vitesse. La progression se fait par l’acquisition de points de REP (réputation) et de dollars que vous obtenez à la fin de chaque course. Mais également en jeu libre, en détruisant du mobilier urbain ou en provocant quelques carambolages. La REP fonctionne sur le même principe que l’XP (expérience) dans les RPG. Plus vous montez en niveau, plus vous débloquez de nouveaux véhicules, de nouveaux éléments de customization et de nouvelles pièces mécaniques qu’il vous faut acheter grâce aux dollars durement gagnés.

 

Malgré cet aspect, le jeu est orienté arcade, pour ne pas dire casual : toutes les voitures sont équipées de boîtes automatiques et les courses ne proposent aucun challenge insurmontable. Certaines d’entre elles n’exigent même pas d’être remportées pour passer aux suivantes. Découvrir ici que l’échec n’est pas rédhibitoire est assez unique. En revanche, il est déstabilisant de recevoir des coups de fil de ses copains pour se faire consoler avec des “Tu feras mieux la prochaine fois” ; ils ne font d’ailleurs que vous harceler au téléphone tout au long du jeu. Paradoxalement, la jauge de REP est longue à remplir et les gains en dollars sont relativement assez maigres. Les tarifs pour l’acquisition de voitures et de pièces semblent honnêtes. Il vous faut néanmoins persévérer pendant quelques heures et retenter plusieurs fois les mêmes défis, avant de pouvoir débloquer et acheter le véhicule de votre rêve. Cependant, il n’a fallu qu’une poignée de minutes à votre serviteur pour se retrouver au volant d’une Volvo de 1975 !

 

Need for SpeedNeed for SpeedNeed for SpeedNeed for Speed

 

L’autre point faible du jeu est la longueur des déplacements entre deux courses, ne proposant aucun raccourci possible, hormis de pouvoir accéder au garage à tout moment sans s’y rendre physiquement. On passe donc trois fois plus de temps à se rendre aux courses qu’à y participer. Cela devient rapidement redondant et rien ne vient combler les vides pendant ces aller-retours interminables (la police se faisant très rare dans les rues de Ventura Bay), si ce n’est de pouvoir juger de la qualité du GPS qui vous fait systématiquement rouler à contresens. C’est plutôt sympa car cela rapporte de la REP, particulièrement sur les bretelles d’autoroute qui disposent elles-mêmes de panneaux « attention virages », orientés dans le sens contraire de la circulation. Tout est donc prévu dans Ventura Bay pour les chauffards !

 

Du point de vue du visuel, un cycle nuit/nuit est mis en place : le jour dure environ 30 secondes afin de laisser le joueur dans la pénombre 100% du temps. On remarque toutefois les variations de luminosité entre le crépuscule et l’aube. Les graphismes sont très réussis, avec un piqué de l’image servant à renforcer l’aspect cinématographique. À l’instar de Need For Speed Rivals, il est obligatoire de jouer online sur Need For Speed. Si cela permet de faire entrer d’autres joueurs pour remplir la map du “monde ouvert” et de les provoquer à loisir en duel, vous devez toutefois avoir une connexion fiable au risque de vous retrouver avec un écran noir en plein milieu d’une course. L’aspect online donne également droit, chaque jour, à trois nouveaux défis à réaliser “in game”. Mais tous ces quelques points positifs ne parviennent pas à insuffler un réel intérêt à ce Need For Speed plutôt décevant.

 

 

 

  • NEED FOR SPEED est disponible depuis le 5 novembre 2015 sur les plate-formes PS4, Xbox One et sur PC début 2016.
  • Editeur : EA
  • Développeur : Ghost Games
  • Genre : Course automobile
  • Mode de jeu : Online uniquement
  • Langue : Français
  • Prix : entre 50 € et 70 € selon les plate-formes et l’édition du jeu.

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