Jeu vidéo/ Uncharted 4 – A Thief’s End : critique

Publié par Yvan Lozac'hmeur le 26 juillet 2016

Résumé : Quatrième opus de la série de jeu à succès de Naughty Dog, Uncharted 4 : A Thief’s End nous permet d’incarner Nathan Drake pour la première fois sur PS4. Le célèbre explorateur doit révéler le complot qui se cache derrière un légendaire trésor de pirates.

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Uncharted 4 - A Thiefs End - jaquette

Uncharted 4 – A Thiefs End – jaquette

De retour pour un quatrième opus, Uncharted intitulé A Thief’s End prend la forme d’une dernière danse entre sarabande et rumba. Nathan Drake (Nolan North) entame ici des voltes avec son destin sous le regard, à la fois excité et nostalgique, du joueur qui l’accompagne depuis près de dix ans. L’espiègle chasseur de trésors, marié à la belle Elena Fisher (Emily Rose), entreprend cet émouvant final tandis qu’il s’est « rangé » depuis une quinzaine d’années. Son quotidien, toujours hanté par ses envies de découvertes qu’il réprime chaque fois que sa collection lui remémore ses exploits, est sur le point d’être bouleversé par le fantôme de son frère. Naughty Dog, papa de Crash Bandicoot (depuis 1996) et de Jack and Daxter (depuis 2001), avait délaissé ses deux anciennes licences à succès au style cartoon pour explorer des horizons plus matures et aborder des sujets sérieux, sous un angle réaliste. Si ce choix avait provoqué l’amertume des joueurs, elle se comprend aujourd’hui tant le studio a fait montre de maitrise narrative et dramaturgique avec les excellents Uncharted (2007) et The Last Of Us (2013). On retrouve cette qualité et cette profondeur de la narration dans ce nouvel opus des aventures de Nathan (Nate pour les intimes). Le studio a grandi avec son personnage et a muri tandis qu’il gagnait en profondeur pour arriver aujourd’hui à un final en apothéose. Si l’humour et la bonne humeur du héros ne faisait pas l’unanimité au départ, c’est paradoxalement aujourd’hui un élément cruciale de l’ADN de la saga qui la différencie par l’originalité de son héros, dénué de cynisme, à contrepied de tous les stéréotypes de l’aventurier. Nathan Drake reste le même, mais Uncharted, lui, est prêt à nous en dévoiler davantage sur son univers et à laisser le joueur plonger en profondeur dans le passé qui a construit le sympathique explorateur et chasseur de trésors ; c’est ici la première force du titre.

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Uncharted 4

Uncharted 4

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Uncharted 4 : A Thief’s End est parvenu à trouver le rythme parfait sur lequel composer sa partition d’adieu, entre nostalgie douce et envolées rythmiques d’action, dignes des aventures du héros aux incroyables découvertes. Ce baroud d’honneur est plus sage que ses prédécesseurs, mais également plus subtile. Nathan Drake a su construire sa propre histoire, quelque part entre Lara Croft (Tomb Raider), James Bond et l’iconique Indiana Jones ; Uncharted 4 nous donne les dernières clés manquantes. Les scènes hollywoodiennes sont ponctuées de moments du quotidien touchant de justesse, qui instaure une proximité directe avec le joueur. Après une entrée en matière qui introduit les liens fraternels du héros, le joueur bascule dans une formidable quête faite de voyages autour du monde, de ruines antiques et d’épaves de pirates, de courses poursuites et de mercenaires dans des décors dépaysants. La seconde force d’Uncharted 4 sont ses graphismes qui en font une référence nouvelle pour les années à venir. Si le rendu des visages est époustouflant de réalisme dans les nombreuses cinématiques, le jeu conserve sa caméra légèrement en retrait qui laisse le joueur s’extasier devant des paysages et des décors magnifiquement modélisés, aussi variés que des palais italiens, jungles, déserts et épaves au fond de l’océan. Que l’on regarde du côté de la gestion des jeux de lumière, du cadrage ou encore de la narration environnementale, cet épisode se positionne comme l’un des meilleurs de sa génération en termes de maitrise et de rendu graphique et d’interactif. Les contrôles sont eux aussi irréprochables, tant du côté des prises de couverts que de l’escalade. Concernant les tirs, les moins précis peuvent s’aider d’une assistance de visée efficace et le jeu dispose de quatre modes de difficultés au choix du joueur.

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Uncharted 4Uncharted 4Uncharted 4Uncharted 4

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La prise en main pour les néophytes se fait tout en douceur grâce à des messages discrets qui viennent aiguiller le joueur lorsqu’il rencontre des situations nécessitant des actions encore inédites. Le soft s’assure ainsi d’un confort de jeu qui permet aux joueurs de se laisser pleinement immerger dans le récit sans parasitages agaçants. Sur ce plan, Uncharted 4 propose une leçon de virtuosité de la part de son studio. Les adieux sont forcément émouvants pour les joueurs ayant suivi le héros depuis ses débuts, mais il n’en reste pas moins une porte d’entrée luxueuse pour les nouveaux aventuriers qui souhaitent découvrir l’univers du chasseur de reliques. Naughty Dog et Sony l’ont bien compris et proposent en pack l’intégralité des opus précédents remasterisés pour la PS4. L’équilibre entre action, émotions et complicité avec le joueur a été déniché avec précision par le studio, permettant à la saga de perdurer là ou bien d’autres se sont brisés les genoux. Pour sécher nos yeux humides (il faut bien l’admettre) devant ces adieux, on peut se réjouir de considérer ce grand final comme un testament de l’expérience acquise par le studio au fil des ans, et se demander ce qu’ils nous réservent de grandiose pour la suite. Uncharted 4 : A Thief’s End mérite définitivement sa place dans toutes les bonnes ludothèques ; de celles des amis de longue date de Nate à celles de ses nouvelles rencontres.

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  • UNCHARTED 4 – A THIEF’S END est disponible depuis le 10 mai 2016 en exclusivité sur PS4.
  • Editeur : Sony Computer Entertainment
  • Développeur : Naughty Dog
  • Genre : Action / Aventure
  • Mode : Solo / Multijoueur
  • Classification : PEGI 16
  • Langue : VF/VOSTFR/VOST
  • Résolution : 1080p/30 images par seconde
  • Prix : Environ 70€

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Source: CBO Box office

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