Blair Witch de Adam Wingard : critique

Publié par Nicolas Hainaut le 27 septembre 2016

Synopsis : James et un groupe d’amis décident de s’aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d’élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s’estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu’ils s’enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu’ils pouvaient imaginer…

♥♥♥♥

 

Blair Witch - affiche

Blair Witch – affiche

Sorti en 1999, Le projet Blair Witch s’est imposé rapidement comme un modèle du cinéma d’horreur contemporain. Réalisé avec un budget restreint par Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, le film a adopté le found footage, proposant une immersion lugubre en pleine forêt hantée. Une suite consternante a vu le jour en 2000, Le projet Blair Witch 2 : Le livre des ombres qui fut un échec cuisant et justifié. Seize ans plus tard, Adam Wingard décide de mettre en place Blair Witch en renouant avec l’histoire originale. Nouvelle figure montante du cinéma horrifique américain (V/H/S, The ABCs of Death, You’re Next), Adam Wingard s’adjoint les services de son comparse depuis toujours, Simon Barrett, qui l’accompagne en tant que scénariste sur l’ensemble de ses projets. Fort de leur complicité et de leur expérience, les deux hommes ont opté ici pour un remake maquillé en une suite. Le spectateur découvre James (James Allen McCune) déterminé à retrouver sa sœur, Heather, disparue dans la forêt de Black Hill au cours d’un reportage sur la sorcellerie. Épaulé par son amie Lisa (Callie Hernandez), une apprentie-cinéaste, et le couple Peter-Ashley (Corbin Reid), l’adolescent dispose de toute une armada de matériel pour documenter leur périple (oreillette-caméra, drone, multiples caméras, talkies-walkies,…). Wingard décide donc naturellement de « moderniser » le récit originel mais oublie au passage de dynamiser celui-ci. Après une rapide introduction des personnages, le film se trouve structurer en deux grands blocs narratifs.

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Blair Witch de Adam Wingard

Blair Witch de Adam Wingard

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La première partie, inutilement bavarde, plonge avec extrême lenteur la bande d’amis au cœur de la désormais célèbre forêt. C’est l’occasion de ressasser au passage deux motifs emblématiques du modèle d’origine, avec l’apparition des fameuses croix suspendues aux arbres et des pierres disposées au sol. Signes de la présence de la sorcière de Blair, ces éléments induisaient alors une réelle analyse de la psychologie des personnages (conflits, discussions sérieuses, pétages de plombs). Dans le nouvel opus, les relations entre protagonistes sonnent creuses et ne permettent jamais de développer un quelconque climat de tension. La terreur semble uniquement passer par l’usage répétitif de jump scare lorsque les amis se retrouvent, et finit par lasser. On est loin des séquences ingénieusement horrifiques qui permettaient de rythmer le récit du Projet Blair Witch (la tente secouée par des mains d’enfants, découverte d’une dent ensanglantée,…). La deuxième partie repose sur un spectacle de surenchère visuelle gratuite qui renoue naturellement avec la maison délabrée. Sans imagination, Wingard s’embourbe dans un enchaînement de séquences de cache-cache peu convaincantes avec la sorcière. Il oublie au passage l’un des fondements de son modèle qui jouait astucieusement sur l’absence visuelle de créatures horrifiques. Le refus de tout étalage spectaculaire engendrait précisément un sentiment de malaise constant et efficace.

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Si Blair Witch déçoit à ce point, c’est parce qu’il ne propose qu’un fade patchwork des codes développés par Sanchez et Myrik. La surexploitation du processus found footage ne convainc jamais et le casting ne parvient pas à transcender un récit bien trop lisse. Le mérite du Projet Blair Witch découlait de l’exploitation d’une histoire simple, innovante et intelligemment mise en scène. Le modèle 2016 sombre dans la banalité et l’absence d’idées de mise en scène. Au contraire des œuvres sur lesquelles ils ont bâti leur réputation, Adam Wingard et Simon Barett n’offrent étrangement en rien un film attractif en snobant la démarche artistique du premier volet. Ils confirment bien que l’exercice du remake horrifique n’est pas une pratique recommandable.

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  • BLAIR WITCH de Adam Wingard en salles depuis le 21 septembre 2016
  • Avec : James Allen McCune, Callie Hernandez, Brandon Scott, Corbin Reid, Wes Robinson, Valorie Curry
  • Scénario : Simon Barrett
  • Production : Keith Calder, Roy Lee, Steven Schneider, Jessica Wu
  • Photographie : Robby Baumgartner
  • Montage : Louis F. Cioffi
  • Décors : Kate Marshall
  • Costumes :  Katia Stano 
  • Son : Jeffrey A. Pitts
  • Musique : Adam Wingard
  • Distribution : Metropolitan Filmexport
  • Durée : 1h29

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