Ressortie/ Man on the Moon de Milos Forman : critique

Publié par Camille Carlier le 14 septembre 2017

Synopsis : Andy Kaufman a toujours aimé se mettre en scène. Petit, il s’imaginait présentateur de télévision. Devenu adulte, il fait des numéros d’imitation dans des cabarets puis s’invente un premier personnage, celui de « l’Étranger ». Il est alors abordé par un agent, George Shapiro, qui lui obtient un passage dans la célèbre émission Saturday Night Live et lui trouve un rôle dans le sitcom Taxi. C’est le début de la gloire. Mais au lieu de se reposer sur ses lauriers, Andy Kaufman multiplie les personnages et les défis, repoussant un peu plus loin les limites de la comédie et du bon goût…

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Man on the Moon - affiche version restauree

Man on the Moon – affiche version restaurée

Alors que la Cinémathèque française propose une rétrospective de l’œuvre de Milos Forman jusqu’au 20 septembre 2017, Carlotta Films ressort dans les salles en version restaurée Man on the Moon, centré sur le génie comique américain Andy Kaufman. Dix-huit ans après sa sortie, l’œuvre du réalisateur tchèque rester toujours savoureuse et réjouissante, en grande partie grâce à la prestation d’un Jim Carrey, troublant de réalisme. Du stand-up aux films tels Dumb & Dumber, The Mask, Ace Ventura, Menteur Menteur ou encore The Truman Show ont révélé à l’international ce jeune trentenaire aux expressions faciales qui défient les lois de la gravité. L’acteur transformiste, surnommé « l’homme au visage de caoutchouc », n’a alors que peu entendu parler de Milos Forman lorsqu’il entame le tournage de Man on the Moon, parvenant à se fondre dans ce personnage emblématique. À l’époque, il regardait quotidiennement les vidéos d’Andy Kaufman quitte à perturber le réalisateur, qui avouera d’ailleurs n’avoir rencontré que deux fois Jim Carrey. Forman était le plus souvent confronté aux différents personnages, créés par Kaufman (L’étranger, Latka et Tony Clifton), que Carrey se réappropriait à merveille. Man On the Moon est le récit de l’ascension de cet humoriste antisocial qui refusait les compromis et l’étiquette de « comique », détestait les blagues, s’amusait de l’imposture et pratiquait l’anti-humour, absurde, provocateur et bordeline.

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Jim Carrey - Man on the Moon

Jim Carrey – Man on the Moon

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Fidèle à sa galerie de personnages irrévérencieux et exaltés – de McMurphy dans Vol au-dessus d’un nid de coucou à Larry dans Larry Flynt en passant par Mozart dans Amadeus -, Forman propose une mise en scène qui reprend à l’identique des épisodes de la vie de ce trublion qui contribua à dynamiter « les règles de l’entertainment« . Les premières scènes, la période sitcom avec la série Taxi, la lecture audacieuse et déstabilisante de Gatsby Le Magnifique en entier sur scène ou encore le voyage aux Philippines en quête de guérison sont autant de véritables moments qu’Andy et son alter-ego Tony Clifton ont vécu, dans une provocation toujours plus poussée. Rappelons que Kaufman a participé aux débuts du Saturday Night Live, le show américain le plus populaire aux États-Unis, aux côtés des plus grandes légendes comiques, et dans lequel il mena la provocation si loin, que le public eu la possibilité de choisir s’il souhaitait que l’humoriste reste à l’antenne. Une consultation qui mena à son retrait. On évoque cependant un bémol d’ordre rythmique à Man On The Moon, notamment durant la période de provocation entre Kaufman et Lawler, un ami catcheur avec qui il a simulé une rivalité sur le ring pendant des années avant que le secret ne soit révélé. De très vif, on a parfois l’impression d’être ralenti dans l’entrain mais l’ensemble reste une œuvre superbe qui compte parmi les plus efficaces biopics. 

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Man on the Moon

Man on the Moon

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Jim Carrey apparaît donc comme une évidence. Outre le simple fait d’interpréter un rôle nouveau, on peut y voir comme une projection de l’acteur sur ce protagoniste qui lui ressemble plus qu’il n’y paraît et qui le mènera à décrocher le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie en 2000. La première fois qu’on découvre le petit Andy Kaufman à l’écran, c’est enfant, en train de sauter sur son lit face au mur, présentant un journal télévisé fictif. « Je t’interdis de jouer seul, si tu joues c’est en public » lui explique son père. Situation miroir d’un Jim Carrey qui a récemment avoué dans le mini documentaire I Needed Color de David Bushell, avoir passé son enfance dans le salon à se donner en spectacle pour son entourage ou dans sa chambre. « Ma chambre était un paradis pour moi ». L’interprétation est donc d’un naturel déconcertant et l’on ne peut s’empêcher d’y voir une expression pure et spontanée. Man On the Moon est aussi l’occasion de revoir Danny DeVito, qui jouait aux côtés du véritable Andy Kaufman dans Taxi, et qui est crédité de plus ici en tant que producteur. Milos Forman fait montre d’une maîtrise du ton, parvient à capter la substance de son sujet et à le mener dans l’épilogue sans jamais être dans le pathos. La fin ouverte rend hommage avec subtilité à la sortie de scène définitive de Kaufman décédé des suites d’un cancer, mais dont la mort a été remise en doute, suspectée d’être une blague de plus.

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Danny DeVito et Paul Giamatti - Man on the Moon

Danny DeVito et Paul Giamatti – Man on the Moon

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Aventure d’un tel intérêt qu’elle est l’objet d’un documentaire réalisé par Chris Smith, Jim & Andy : The Great Beyond – The Story of Jim Carrey & Andy Kaufman Featuring a Very Special, Contractually Obligated Mention of Tony Clifton. Celui-ci est notamment produit par Spike Jonze – lauréat de l’Oscar du meilleur scénario original pour Her – et a fait sa première à la Mostra de Venise cette année. Netflix a récemment acquis les droits de ce film qui dévoilera davantage tout le processus de transformation de Carrey, entouré des proches de Kaufman durant des mois.

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  • MAN ON THE MOON
  • Version restaurée dans le cadre de la rétrospective Milos Forman à la Cinémathèque française
  • Ressortie salles : 13 septembre 2017
  • Réalisation :  Milos Forman
  • Avec : Jim Carrey, Danny DeVito, Courtney Love, Paul Giamatti, Christopher Lloyd, Reiko Aylesworth, Gerry Becker, Leslie Lyles, George Shapiro, Budd Friedman…
  • Scénario : Scott Alexander, Larry Kraszewski
  • Production : Danny DeVito, Stacey Sher, Michael Shamberg
  • Photographie : Anastas N. Michos
  • Montage : Adam Boome, Lynzee Klingman, Christopher Tellefsen
  • Décors : Maria Nay, Patrizia von Brandenstein
  • Costumes : Jeffrey Kurland
  • Musique : R.E.M
  • Distribution : Carlotta Films
  • Durée : 1h57
  • Sortie initiale : 22 décembre 1999 (États-Unis), 15 mars 2000 (France)

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