Musique/ Hollywood in Vienna récompense Danny Elfman

Publié par Jérôme Nicod le 3 octobre 2017
Danny Elfman - Hollywood in Vienna

Danny Elfman – Hollywood in Vienna

La magie d’Hollywood s’est transportée à Vienne le 29 septembre 2017 pour célébrer la musique de film et l’un de ses compositeurs majeurs : Danny Elfman. Une soirée de gala d’anthologie, drôle, émouvante, sidérante. Un bonheur absolu.

 

 

 

Hommage Danny Elfman - Hollywood in Vienna

Hommage Danny Elfman – Hollywood in Vienna

Le 29 septembre dernier en Autriche, pour sa dixième édition dans la majestueuse grande salle du Wiener Konzerthaus, la cérémonie de gala de Hollywood In Vienna a choisi comme fil rouge le thème des contes, avant de remettre à Danny Elfman le prix Max Steiner pour son oeuvre musicale. Il succède ainsi à John Barry, qui fut le premier récipiendaire, suivi de Howard Shore, Alan Silvestri, Lalo Schifrin, James Horner, Randy Newman, James Newton Howard et Alexandre Desplat en 2016. L’organisatrice du spectacle, Sandra Tomek, a su, plus que jamais, créer des moments de surprise, au sein d’une soirée dont il faut saluer le goût artistique et une forme de perfection, y compris acoustique, qu’il semble désormais difficile de dépasser. Les deux chefs d’orchestre ont dirigé avec une maîtrise et une justesse admirables. En qualité, Hollywood in Vienna dépasse tous les autres festivals européens. En plaisir aussi.

 

Les Contes de Fées

 

C’est à La La Land, la comédie musicale multi-oscarisée que revient la lourde responsabilité d’ouvrir le bal, avec la chanson The Fools Who Dream, belle introduction pour une soirée qui s’est révélée toute en poésie. Tout d’abord, avec un medley enchanteur de La Belle et La Bête. Dès le prologue, les notes coulent et ruissèlent de générosité. Quelle émotion gourmande d’entendre les mélodies envoûtantes du génial Alan Menken, jouées par un orchestre symphonique, accompagné par les choeurs du Philharmonica Chor Wien. Il a, avec son complice Howard Ashman, pour Disney, composé des comédies musicales dignes de l’âge d’or hollywoodien. Le moment est pur, aérien, subtil et entraînant.

 

Désormais retransmis dans une trentaine de pays, la cérémonie a pris une autre dimension. Si le spectacle a toujours été musical, il est désormais aussi sur scène. Quelle idée géniale d’inviter le jeune Emil Weller, qui à l’âge de Peter Pan, a jouer au piano un extrait de Neverland, ou la chanteuse bengladaise Sohini Alam pour L’Odyssée de Pi. Mais c’est incontestablement un autre conte musical produit par Disney qui va emporter la foule : Le Roi Lion.

 

Sur scène, les voix originales du dessin animé : Lebo M et sa fille Refi Sings, au chant ; Mamadou Diabate au balafon avec la troupe Insingizi. La place manque, ils investissent les marches qui montent à la scène, puis le couloir central. Le contraste entre les chants endiablés et l’orchestre symphonique est superbe. Dingue. Le film est dans la salle. Lebo M fait partie de l’équipe de la version théâtrale du Roi Lion, plus gros succès de Broadway encore à ce jour, il sait comment capturer un auditoire. La première partie s’achève déjà, dans un ahurissement de bonheur.

 

Danny Elfman - Hollywood in Vienna

Danny Elfman – Hollywood in Vienna / Photo ©Jérôme Nicod pour CineChronicle

 

Hommage à Danny Elfman

 

Ce maître est dans la salle, sagement assis au milieu des spectateurs, et assiste à un malin mais forcément incomplet résumé de ses multiples facettes. Celui qu’on associe spontanément à Tim Burton a plus d’une corde musicale à son arc et plusieurs super-héros dans sa manche : Spider-Man (génial thème principal, dont les cordes tissent une toile musicale), Batman (bonne nouvelle, Elfman reprend son thème de Chevalier Noir pour le prochain Justice League, dont il est le compositeur), et les Avengers font partie du programme. Dans un registre déluré, Beetlejuice (formidables choeurs, qui crient d’effroi) ou Men In Black.

 

Wolfman a l’accent des Balkans grâce à la soliste Lena Fankhauser et la force d’envoûtement de Max Steiner, dont le King Kong est une des musiques préférées de Burton. Pour Alice au Pays des Merveilles, deux très jeunes sopranos chantent sur scène, un moment hors du temps, dans lequel les yeux de l’un cherchent l’approbation constante du chef, tandis que l’autre fait apparaître un lapin d’un chapeau. Une magie visuelle et émotionnelle très réussie. Les deux films les plus emblématiques de la collaboration Burton/Elfman sont l’occasion de grands moments. Edward aux Mains d’Argent voit apparaître dans le couloir au centre de la salle un couple de danseurs étoile, lui maquillé comme Edward, qui s’apprêtent, sous les yeux ébahis de Danny Elfman, assis a quelques pas, à s’aimer, danser, s’enlacer, avec une grâce aussi divine que celle de la partition.

 

Un autre moment mémorable autour du film est le solo de violon de l’étonnante Sandy Cameron, qui nous avait déjà épaté il y a deux ans au Grand Rex de Paris. Elle joue avec tout son corps, comme une poupée endiablée et vit chacune des notes que son violon produit. Elle danse sur sa mélodie avec une assurance incroyable. Enfin, pour L’Etrange Noël de Mr. Jack, cerise démesurée sur le gâteau merveilleux que représente cet hommage à Danny Elfman, le compositeur prend le micro et chante, comme dans le film, avec la voix de Skeleton Jack : What’s This ?

 

Fairytales - Hollywood in Vienna

Fairytales – Hollywood in Vienna

 

Une féérie du coeur

 

Danny Elfman est un compositeur sincère, intègre, sa musique touche le coeur des spectateurs parce qu’elle incarne musicalement l’émotion des images à l’écran. C’est pourquoi le duo qu’il forme avec Burton est idéal et, comme Hitchcock était moins bon sans Herrmann, Burton est moins bon sans Elfman. Sur scène, il est particulièrement ému de recevoir un prix qui porte le nom de Max Steiner, considéré comme le premier véritable compositeur de musique pour le cinéma. Après une tournée de près de deux années, pendant laquelle il est monté sur scène chanter, ce soir les mots lui manquent, signe évident que l’amour qu’il ressent du public le déborde. Ses yeux cachés embuent ses verres fumés. Un juste retour des choses : Elfman est un grand monsieur. Et cette soirée de gala un voyage au pays des émotions dont on ressort comblé, émerveillé, comme les enfants que nous sommes redevenus.

 

 

HOLLYWOOD IN VIENNA 2017

Danny Elfman

PREMIÈRE PARTIE

Fairy Tales, sous la direction de James Shearman :

  1. La La Land : The Fools Who Dream, de Justin Hurwitz, chanté par Louise Dearman
  2. La Belle et la Bête : Medley, de Alan Menken
  3. Les Chroniques de Narnia : Suite, de Harry-Gergson-Williams
  4. Mulan : Suite, de Jerry Goldsmith
  5. Final Fantasy VIII : Liberi Fatali, de Nobuo Uematsu
  6. Neverlands : Piano Variation in Blue, de Jan A.P. Kaczmarek, avec au piano Emil Weller
  7. L’Odyssée de Pi : Pi’s Lullaby, de Mychael Danna, chanté par Sohini Alam
  8. Le Roi Lion : Medley, de Hans Zimmer, lebo M et Elton John, chanté par Lebo M et Refi Sings, avec Mamadou Diabate et Insingizi & Friends
  9. La La Land : Medley, de Justin Hurwitz, chanté par Louise Dearman et Nathan Trent

SECONDE PARTIE

A Tribute to Danny Elfman, sous la direction de John Mauceri :

  1. Spider-Man : Thème
  2. Black Beauty / Karvey Milk / Men In Black / Avengers-Age of Ultron : Medley
  3. Sommersby : Suite, interpréteé par Appalachian Sunrise
  4. Wolfman : Suite, avec Lena Fankhauser, soliste violon
  5. Alice au Pays des Merveilles : Thème, avec les sopranos Manuel Haumer et Fabian Winkelmaier
  6. Beetlejuice : Thème
  7. L’Etrange Noël de Mr. Jack : This Is Halloween, chanté par Ethan freeman, Louise Dearman, Nathan Trent, Dennis Kozeluh et Caroline Frank
  8. Edward aux Mains d’Argent : Suite, avec Sandy Cameron, soliste violon et les danseurs du Wiener Staatsballet : Hannah Kickert et Jakob Feyferlik
  9. Batman : Suite Batman & Batman Returns
  10. Les Simpsons : Thème
  11. L’Etrange Noël de Mr. Jack : What’s This ?, chanté par Danny Elfman

CONCLUSION

  1. Autant en Emporte le Vent, de Max Steiner

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