Cannes 2018 / Les Confins du monde de Guillaume Nicloux : critique

Publié par Cyril Perraudat le 11 mai 2018

Synopsis : Indochine, 1945. Robert Tassen, jeune militaire français, est le seul survivant d’un massacre dans lequel son frère a péri sous ses yeux. Aveuglé par sa vengeance, Robert s’engage dans une quête solitaire et secrète à la recherche des assassins. Mais sa rencontre avec Maï, une jeune Indochinoise, va bouleverser ses croyances.

♥♥♥♥♥

 

Les confins du monde - photo

Les confins du monde – photo

Les Confins du monde de Guillaume Nicloux, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, suit le parcours du jeune Robert Tassen en pleine guerre d’Indochine en 1945. Survivant d’un massacre où a péri son frère, il va mener une quête de vengeance tout en croisant la route d’une jeune prostituée vietnamienne qui va l’obséder. Il va ainsi peu à peu perdre pied et s’approcher de la folie. Si le pitch situé dans une jungle avec un personnage dont les repères s’échappent fait rapidement penser à Apocalypse Now, le film de Guillaume Nicloux n’a pourtant pas trop à rougir, nous proposant une plongée au cœur d’un terrible conflit qui prend place en extérieur et dans l’esprit même de son personnage principal. Gaspard Ulliel, dont le visage émacié porte tout le poids des tourments qui l’accablent, est excellent. Il est entouré d’un casting solide où il côtoie le talentueux Guillaume Gouix, Gérard Depardieu qui connaît bien l’univers du réalisateur, et la jeune Lang-Khê Tran dans le rôle pivot de la prostituée, qui va catalyser les frustrations de Tassen. Car c’est l’amour impossible entre les deux protagonistes, associé à la soif de vengeance du militaire, qui vont provoquer son aveuglement et sa perdition. Les Confins du monde conte aussi le destin d’hommes déracinés, loin de leur patrie et qui ont des réactions diverses face à leur situation, allant du rejet à l’attachement. Il nous rappelle les terribles exactions commises sur place, avec une démonstration graphique peut-être un peu trop prononcée. Rien n’est épargné au spectateur. Guillaume Nicloux saisit l’ambiance de cette jungle poisseuse, parfaitement secondé par la belle photographie de David Ungaro. Il y a néanmoins une linéarité presque trop scolaire dans cette descente aux enfers. La faute à un chapitrage narratif inutile qui alourdit la forme via un panneau qui annonce chaque mois qui passe. Le final est également un peu téléphoné et laisse une impression un peu amère. On tient pourtant un film qui mélange habilement les genres, entre film de guerre et thriller psychologique, et parvient à tenir en haleine sur sa durée raisonnable de moins de deux heures.

 

 

 

  • LES CONFINS DU MONDE
  • Sortie salles : indéterminé
  • Réalisation : Guillaume Nicloux
  • Avec : Gaspard Ulliel, Guillaume Gouix, Gérard Depardieu, Lang-Khê Tran, Jonathan Couzinié, Kevin Janssens, Anthony Paliotti, François Négret
  • Scénario : Jérôme Beaujour
  • Production : Benoît Quainon, Sylvie Pialat
  • Photographie : David Ungaro
  • Montage : Guy Lecorne
  • Costumes : Anaïs Romand
  • Musique : Shannon Wright
  • Distribution : Ad Vitam
  • Durée : 1h43

 

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Source: CBO Box office

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