Ressortie / Prince des Ténèbres de John Carpenter : critique

Publié par CineChronicle le 28 novembre 2018

Synopsis : Une équipe de scientifiques analyse un cylindre mystérieux et très ancien dans une église désaffectée. Ce qu’ils découvrent à l’intérieur de ce cylindre pourrait amener la fin du monde…

♥♥♥♥♥

 

Prince des Tenebres - affiche

Prince des Ténèbres – affiche

Depuis Halloween, John Carpenter s’est imposé comme le Maître de l’Horreur, mais nul n’est prophète en son pays. Même après être entré dans le système des majors hollywoodiennes, Carpenter se voit contraint de se tourner à nouveau vers le filière indépendante, signant un contrat avec Alive Films. Ses films devenus cultes, comme New York 1997, The Thing et Les aventures de Jack Burton, ne fonctionnent pas en salles et sont éreintés par la critique. Ainsi, avec trois millions de dollars, le huitième du budget de son film précédent, il réalise Prince des Ténèbres. Après une décennie à devoir jongler entre des films personnels et des films de commande (Christine, Starman), John Carpenter revient à ses premières amours : le fantastique, la réflexion sur le mal absolu et l’horreur lovecraftienne. Il puise dans les aventures de Bernard Quatermass, une série de films britanniques (Le Monstre, La Marque, Les Monstres de l’Espace) des années 1950, où la science se trouve confrontée au paranormal. ; il assume d’ailleurs la filiation en prenant le pseudonyme de Martin Quatermass pour le scénario. Plutôt que d’imaginer le Mal comme étant spirituel, Prince des Ténèbres raconte que le Diable est une entité physique, résidant dans l’antimatière. Pour le film, John Carpenter fait appel à ses vieux comparses, Donald Pleasence (Halloween, New York 1997), Victor Wong et Dennis Dun, tous deux déjà apparus dans Jack Burton. Le film inclut aussi Alice Cooper en sans-abri zombie. Le tournage très court (trente jours), avec peu de moyens, est l’occasion pour Carpenter, qui retrouve une liberté artistique totale, de reprendre ses marques.

 

Prince des Tenebres

Anne Marie Howard – Prince des Ténèbres

 

Comme dans Assaut et Fog, l’action se transforme rapidement en un huis clos paranoïaque, où la menace vient autant de l’extérieur (les sans-abri possédés assiégeant l’église) que de l’intérieur (le Diable qui prend possession de l’équipe). Sa cinéphilie est aussi au galop . On pense rapidement à La Nuit des Morts-Vivants, mais les amoureux de Jean Cocteau verront le clin d’oeil à Orphée, en utilisant le même effet spécial (un plan de mercure pour figurer un miroir liquide). Et comme dans The Thing, l’horreur devient inéluctable, impossible à arrêter, devant laquelle la science et la religion, les deux alliées de l’homme, ne peuvent strictement rien et où les héros sont totalement impuissants et proches de la folie. Si aucun véritable héros ne se détache dans le film, Prince des Ténèbres va plus loin en proposant une fin ambiguë : l’apocalypse peut-elle vraiment être arrêtée ? Puisque toutes les certitudes humaines se sont avérées impuissantes face au chaos, qu’elles sont toutes fondées sur un mensonge, le monde ne doit-il pas finir par être englouti par les forces du Mal ? Ce postulat radical est assez rare dans les films fantastiques.

 

Plus pessimiste que dans The Thing et plus explicité que dans L’Antre de la Folie, Prince des Ténèbres forme avec les deux derniers la Trilogie de l’Apocalypse de Carpenter. Le film fera un succès modéré dans les salles obscures mais sera descendu par la critique, qui reproche un scénario parfois confus et des longueurs bien perceptibles. Le film, au reste, est souvent évalué comme mineur dans le corpus du cinéaste ; à ses propres yeux, d’ailleurs. Néanmoins, le film montre que John Carpenter, après des années passées à Hollywood, a gardé son génie de la mise en scène intact.

 

Arthur de Boutiny

 

 

 

  • LE PRINCE DES TÉNÈBRES (Prince of Darkness)
  • Ressortie salles : 28 novembre 2018
  • Version restaurée 4K
  • Réalisation : John Carpenter
  • Avec : Donald Pleasence, Victor Wong, Jameson Parker, Lisa Blount, Dennis Dun, Susan Blanchard, Anne Marie Howard, Alice Cooper
  • Scénario : John Carpenter (sous le pseudonyme de Martin Quatermass)
  • Production : Larry Franco
  • Photographie : Gary B. Kibbe
  • Montage : Steve Mirkovich
  • Décors : Daniel Lomino
  • Costumes : Mark Peterson, Deahdra Scarano
  • Musique : John Carpenter et Alan Howarth
  • Distribution : Splendor Films
  • Durée : 102 minutes
  • Sortie initiale : 23 octobre 1987 (États-Unis), 20 avril 1988 (France)

 

Commentaires

A la Une

Première bande de La tragédie de Macbeth de Joel Coen 

Des premières images prometteuses pour La Tragédie de Macbeth, le prochain film de Joel Coen, avec Denzel Washington et Frances… Lire la suite >>

Christophe Nolan choisit Universal pour son film sur la bombe atomique

Pour la première fois depuis vingt ans, Warner Bros et Christopher Nolan ne travailleront pas main dans la main sur… Lire la suite >>

Christopher Nolan prépare son prochain film sur la bombe atomique

Le cinéaste a un nouveau scénario centré sur l’histoire d’une des armes les plus destructrices jamais inventées et serait en… Lire la suite >>

Sniff : Morgan Freeman, Helen Mirren, Al Pacino et Danny DeVito bientôt réunis

Casting cinq étoiles pour un film noir en maison de retraite… c’est la promesse de Sniff signé Taylor Hackford.  … Lire la suite >>

Un Neo amnésique pour la première bande-annonce de Matrix 4 Resurrections

18 ans après le troisième épisode, c’est sans sa sœur que Lana Wachowski revient pour un quatrième voyage dans la… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 DUNE 1 030 687 1 1 030 687
2 BOITE NOIRE 213 910 2 505 991
3 BAC NORD 198 462 5 1 656 600
4 SHANG-CHI ET LA LEGENDE DES DIX ANNEAUX 196 638 3 991 862
5 POURRIS GATES 148 506 1 148 506
6 L'ORIGINE DU MONDE 117 938 1 117 938
7 DELICIEUX 80 734 2 211 211
8 PAW PATROL - LE FILM - LA PAT' PATROUILLE 63 346 6 1 278 543
9 BABY BOSS 2 : UNE AFFAIRE DE FAMILLE 58 991 5 838 116
10 UN TRIOMPHE 44 200 3 263 454

Source: CBO Box office

Nos Podcasts