Brooklyn Affairs d’Edward Norton : critique

Publié par Erica Farges le 4 décembre 2019

Synopsis : New York dans les années 1950. Lionel Essrog, détective privé souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur le meurtre de son mentor et unique ami Frank Minna. Grâce aux rares indices en sa possession et à son esprit obsessionnel, il découvre des secrets dont la révélation pourrait avoir des conséquences sur la ville de New York… Des clubs de jazz de Harlem aux taudis de Brooklyn, jusqu’aux quartiers chics de Manhattan, Lionel devra affronter l’homme le plus redoutable de la ville pour sauver l’honneur de son ami disparu. Et peut-être aussi la femme qui lui assurera son salut…

♥♥♥♥

 

Brooklyn Affairs - affiche

Brooklyn Affairs – affiche

Edward Norton avait fait jusqu’à maintenant son unique passage derrière la caméra avec Au nom d’Anna où il donnait également la réplique à Ben Stiller. Celui qui a incarné le fondateur du Fight Club dans le chef-d’œuvre de David Fincher remet sa casquette de réalisateur avec une adaptation du roman policier Les Orphelins de Brooklyn de Jonathan Lethem. L’acteur-réalisateur-scénariste-producteur, que l’on voit trop rarement à l’écran, y campe Lionel Essrog, un détective atteint du syndrome de Tourette, qui tente de résoudre le meurtre de son ami et mentor Frank Minna (Bruce Willis). Une trame de prime abord simple qui s’avère receler une multitude de sous-intrigues. L’action située à la fin des années 1990 dans le livre est transposée aux années 1950, époque de l’âge d’or du film noir. La photographie de Dick Pope (Mr. Turner, L’Illusionniste) s’amuse avec l’iconographie particulière du New York de cette période pour souligner les codes classiques du genre. Que ce soit par la mise en scène de la ville, les costumes, les références ou encore la BO jazz composée par Daniel Pemberton (Steve Jobs) et le chanteur du groupe Radiohead Thom Yorke, la culture new-yorkaise des fifties occupe une place centrale à l’écran. Au-delà du côté purement esthétique, ce décalage temporel permet également de présenter un rapport différent aux troubles neurologiques.

 

Edward Norton - Brooklyn Affairs

Edward Norton – Brooklyn Affairs

 

Les personnages, y compris Lionel lui-même qui dit « vivre avec un anarchiste dans son cerveau », semblent ignorer qu’il s’agit d’une maladie pouvant être diagnostiquée médicalement. Toujours d’un point de vue sociologique, cette modification d’époque apporte aussi un rappel sur le combat des Afro-américains pour ne pas se faire expulser de la ville par les promoteurs immobiliers et refuser la violence tacite à leur égard. Car si la ségrégation raciale n’a jamais eu une valeur législative à New York, contrairement aux États sudistes, la configuration actuelle de la Big Apple est en partie le fruit de politiques racistes mises en place il y a très longtemps. Ainsi, à travers cet aspect daté et ce décor vintage, Norton crée une passerelle avec ce qui se passe actuellement aux États-Unis.

 

Brooklyn Affairs

Brooklyn Affairs

 

La perspective historique de Brooklyn Affairs semble répondre à une passion du cinéaste-acteur diplômé de Yale dans cette discipline. Malgré ses deux heures trente et sa narration qui s’éloigne souvent du schéma du thriller hollywoodien par des va-et-vient entre les différentes intrigues, l’ensemble tient en haleine les spectateurs de bout en bout. Chaque élément, qu’il soit relatif au passé des personnages ou à l’enquête, est justement valorisé afin que notre curiosité soit continuellement sollicitée. Grâce à un équilibre parfait entre suspense et reconstitution historique admirablement actualisée, notamment par le biais de représentations alors très rarement montrées au cinéma, Brooklyn Affairs est un excellent thriller noir d’époque qui fait subtilement écho à la société d’aujourd’hui.

 

 

 

  • BROOKLYN AFFAIRS (Motherless Brooklyn)
  • Sortie salles : 4 décembre 2019
  • Réalisation : Edward Norton
  • Avec : Edward Norton, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin, Willem Dafoe, Bruce Willis, Ethan Suplee, Cherry Jones, Bobby Cannavale, Dallas Roberts, Josh Pais, Fisher Stevens, Robert Wisdom, Michael K. William, DeShawn White, Leslie Mann, Joyce O’Connor
  • Scénario : Edward Norton
  • Production : Edward Norton, Bill Migliore, Gigi Pritzker, Rachel Shane, Michael Bederman
  • Photographie : Dick Pope
  • Montage : Joe Klotz
  • Décors : Beth Mickle et Kara Zeigon
  • Costumes : Amy Roth
  • Musique : Daniel Pemberton et Thom Yorke
  • Distribution : Warner Bros. France
  • Durée : 2h25

 

Commentaires

A la Une

Officier et Gentleman : Un remake en préparation avec Miles Teller en tête d’affiche

L’acteur de Whiplash et de Top Gun Maverick reprendra le rôle tenu par Richard Gere dans le film original des… Lire la suite >>

Possession : Robert Pattinson s’associe au réalisateur de Smile pour un remake

L’acteur Robert Pattinson et le réalisateur des deux films Smile, Parker Finn, ont pour projet un remake du classique des… Lire la suite >>

Rebecca Ferguson et Idris Elba au casting du nouveau film de Kathryn Bigelow

Après sept ans d’attente, le retour de la réalisatrice oscarisée Kathryn Bigelow n’a jamais été aussi proche. Elle devrait accueillir… Lire la suite >>

The Hexagonal Hive and a Mouse in a Maze : Tilda Swinton dévoile la bande-annonce de son premier documentaire

L’actrice oscarisée Tilda Swinton, reconnue pour son talent et sa polyvalence, va faire ses débuts derrière la caméra.    … Lire la suite >>

Johnny Depp incarnera Satan et rejoint Jeff Bridges en Dieu dans le prochain Terry Gilliam

Le réalisateur britannique, ex-membre des Monty Python, débutera en janvier le tournage de son prochain long-métrage, The Carnival at the End… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 UN P'TIT TRUC EN PLUS 814 901 6 6 615 548
2 BAD BOYS : RIDE OR DIE 380 123 1 380 123
3 LA PETITE VADROUILLE 160 161 1 160 161
4 FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX 129 139 3 733 751
5 LA PLANETE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME 124 678 5 2 202 100
6 BLUE & COMPAGNIE 73 907 5 1 059 188
7 ABIGAIL 40 364 2 121 026
8 LE DEUXIEME ACTE 36 950 4 455 689
9 MEMORY 28 125 2 86 758
10 MARCELLO MIO 23 269 3 162 548

Source: CBO Box office

Nos Podcasts