Moonage Daydream de Brett Morgen : critique

Publié par CineChronicle le 20 septembre 2022

Synopsis : Immersion dans l’art visuel et musical de David Bowie. À travers des images kaleidoscopiques d’archives personnelles et inédites et des propres musiques et paroles du chanteur, le film invite les spectateurs à une immersion dans le monde unique de Bowie

♥♥♥♥

 

Moonage Daydream - affiche

Moonage Daydream – affiche

Un peu moins de trois mois après Elvis, c’est au tour d’une nouvelle star de la musique de recevoir un biopic, mais cette fois-ci par l’intermédiaire d’un documentaire. Les deux films partagent d’ailleurs plusieurs similarités surprenantes, à commencer par un montage frénétique (clinquant pour Presley, hypnotisant pour Bowie) et une forme d’idéalisation quasi-divine de leurs chanteurs respectifs. Dans les deux cas, l’introduction de l’artiste passe par une prestation où des spectatrices subjuguées tombent en transe devant le génie de leur idole. Mais là où Baz Luhrmann filmait une hystérie collective à la limite de l’obscénité, Brett Morgen penche vers une atmosphère plus perturbante : on y voit le visage d’une fille, encerclée par l’obscurité, la main tendue dans un geste presque suppliant. Le documentaire abonde effectivement dans un assemblage d’images fascinantes, rehaussées par des couleurs criardes et baveuses. La vie de David Bowie a laissé de multiples formats à exploiter (concerts, interviews, films, peintures, clips, expérimentations, etc.) que le film mêle d’une manière très sensorielle. Pour peu que le chanteur traverse une mauvaise passe, le montage ralentit et les documents diffusés se font plus sombres. Au contraire, s’il est au sommet de sa carrière, les raccords se succèdent à un rythme effréné, agrémentés de filtres bariolés. L’expérience ressemble donc à un trip psychédélique, qui contraste par ailleurs avec l’absence de toute référence à la consommation de drogue du chanteur.

 

Moonage Daydream

Moonage Daydream

 

Celui-ci est représenté comme un pur esprit créateur, d’abord doté d’une liberté absolue, puis en proie au doute, avant d’arriver à une forme d’équilibre qui lui permet de délivrer des messages inspirants sur la vie et l’art. Il y a quelque chose d’étonnant à voir se dévoiler, derrière la mise en scène fantasque, des formes narratives aussi convenues. Dans ses dernières minutes, Moonage Daydream a tout (du moins dans ses dialogues) du clip de développement personnel. Mais loin d’en souffrir, le film se nourrit de ce paradoxe comme d’une énième juxtaposition audacieuse.

 

Le tour de force du projet consiste justement à maintenir son équilibre entre ses extravagances visuelles et son rôle informatif, qu’il n’abandonne jamais vraiment. Plutôt que d’alterner entre les anecdotes sur la vie du chanteur et les jeux de montage excentriques, Brett Morgen s’appuie sur des superpositions désynchronisées entre son et image, se permettant autant des passages extrêmement denses que d’autres plus relâchés. Loin de s’imposer une recette unique, il dévie en permanence de sa trajectoire initiale, pouvant décider d’accorder plusieurs minutes à la rediffusion d’un concert, pour transiter ensuite vers des errements mélancoliques dans les rues de Bangkok. C’est de cet imprévisible déluge de vidéos et d’images que provient la fascination de ce documentaire qui, comme le chanteur, cherche constamment à repousser les limites de sa créativité.

 

Moonage Daydream

Moonage Daydream

 

Plus que de sa vie, c’est de son œuvre dont il est question. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ni le début de son ascension, ni sa mort ne sont évoqués. Tout ne tourne qu’autour de l’inventivité bouillonnante de David Bowie, et ses doutes personnels sont décrits comme autant de questionnements sur le rôle de son art. Loin du pacte faustien d’Elvis, Moonage Daydream s’achève sur une forme de paix intérieure sans doute exagérée, mais qui sert un rôle assez clair : donner envie à l’audience d’imiter le chanteur et de s’adonner, elle aussi, à toutes formes de créations.

 

Joffrey Liagre

 

 

  

  • MOONAGE DAYDREAM
  • Sortie salles : 21 septembre 2022
  • Réalisation : Brett Morgen
  • Avec : David Bowie
  • Scénario : Brett Morgen
  • Production : Debra Eisenstadt, Bill Gerber, Brett Morgen
  • Montage : Brett Morgen
  • Musique :  David Bowie, John Warhust
  • Distribution : Universal Pictures France
  • Durée : 2 h 20

  

Commentaires

A la Une

Billy Summers : J.J. Abrams va produire une adaptation du dernier polar de Stephen King

Le réalisateur des derniers Star Wars produira une adaptation du best-seller de Stephen King, Billy Summers, via sa société Bad… Lire la suite >>

Here : Tom Hanks et Robin Wright rajeunis numériquement dans le prochain film de Robert Zemeckis

Robert Zemeckis réunit trente ans plus tard le duo de Forrest Gump, Tom Hanks et Robin Wright, pour son prochain… Lire la suite >>

Swamp Thing : James Mangold en discussions pour réaliser un film pour le nouveau DCU

Dévoilé cette semaine par James Gunn et Peter Safran, le nouveau catalogue de films du DC Universe comptera une adaptation… Lire la suite >>

Tomb Raider : Phoebe Waller-Bridge prépare une série dérivée pour Amazon

L’héroïne des jeux vidéo Tomb Raider reprendra bientôt vie sur le petit écran, dans une série créée par Phoebe Waller-Bridge…. Lire la suite >>

Jennifer Aniston et Julia Roberts échangent leurs corps dans le prochain film de Max Barbakow

La nouvelle comédie de Max Barbakow réunira Julia Roberts et Jennifer Aniston, dans le corps l’une de l’autre.    … Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 AVATAR : LA VOIE DE L'EAU 514 002 7 8 388 607
2 BABYLON 347 316 2 856 112
3 PATTIE ET LA COLERE DE POSEIDON 210 409 1 210 409
4 MAYDAY 160 006 1 160 006
5 TIRAILLEURS 121 709 4 1 036 166
6 LE CHAT POTTE 2 : LA DERNIERE QUETE 116 750 8 2 582 422
7 VAINCRE OU MOURIR 107 762 1 107 762
8 TAR 98 869 1 98 869
9 DIVERTIMENTO 80 541 1 80 541
10 LA GUERRE DES LULUS 71 781 2 271 828

Source: CBO Box office

Nos Podcasts