J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin : critique

Publié par CineChronicle le 14 novembre 2022

Synopsis : À Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, la main tranchée d’un jeune homme s’échappe d’une salle de dissection, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident. Puis c’est la rencontre avec Gabrielle.

♥♥♥♥

 

Jai perdu mon corps - affiche

J’ai perdu mon corps – affiche

J’ai perdu mon corps, lauréat du Grand Prix Nespresso de la Semaine de la critique à Cannes en 2019, Cristal du meilleur long-métrage à Annecy et de deux César en 2020 dont celui du meilleur film d’animation, est une leçon de vie pleine de mystère et de poésie. Il vient d’arriver sur Netflix le 6 novembre dernier, l’occasion d’y revenir ici. Adaptant le roman Happy Hand de Guillaume Laurant, le réalisateur Jérémy Clapin propose une œuvre profondément humaine, une tension constante entre le drame et l’espoir romantique. La musique de Dan Lévy, très présente, incite à un voyage onirique au-delà des pensées nostalgiques et des évènements malheureux de la vie. Quant à la boucle électronique de la bande originale, elle nous enivre. On suit le chemin tracé par Naoufel, jeune garçon attachant à la voix grave et douce qui a grandi au Maroc. Enfant, il rêvait de devenir astronaute et pianiste, les deux à la fois insistait-il. Le garçon, doux, rêveur et intelligent, a dû surmonter une épreuve colossale. Il mène un quotidien morne à l’âge adulte, logé en France chez un homme peu respectueux qui est obnubilé par son écran de télévision. Naoufel se raccroche à ses souvenirs d’enfance, dévoilés tout au long du film en noir et blanc, et à l’espoir d’évoluer.

 

Jai perdu mon corps

J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin / Rezo Films

 

Un jour, son job de livreur de pizza pour lequel il n’est pas fait le mène assez drôlement à l’amour. Il se laisse porter, sautant sur les occasions que le destin place devant lui. Ce destin, dit-il, on peut le modifier. Pour cela, « tu marches tranquille, tu fais semblant d’aller là, tu fais une petite feinte, un truc improvisé que tu n’aurais pas dû faire mais que t’as bien fait de faire parce qu’au final ça t’a amené ailleurs. Après, tu t’arranges pour pas qu’il te rattrape ». Autrement dit, même s’il est prévu que tout se passe mal, il y a toujours un événement auquel on peut s’accrocher pour faire dévier la trajectoire.

 

Parallèlement à cette intrigue, on suit les aventures d’une main qui, échappée d’une salle de dissection au début du film, semble chercher à retrouver son propriétaire. Cette dernière, comme le suggère l’affiche du film, est pleine d’histoires empreintes d’émotions. Elle vadrouille dans la bouche de métro, dans la rue comme sur le piano d’un jeune homme ou à côté d’un bambin : elle semble savoir ce qui l’attire. Le film suggère très rapidement qu’il s’agit de celle de Naoufel surtout que, plus tard, nous comprenons que la main tient une place particulière dans son histoire. Sur le plan symbolique, ce dernier a aussi perdu la main sur sa vie, qu’il tente de rattraper.

 

Jai perdu mon corps

J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin / Rezo Films

 

À travers ses péripéties, le jeune homme nous livre une leçon sur la part que nous devrions attribuer au rêve dans notre quotidien et revient à une séduction poétique qui tranche avec le rap qu’il écoute en voiture, quand rien ne va plus. C’est en sautant sur un nouveau travail, en courant après l’amour, en rêvant d’igloo et d’ours polaire et en réécoutant les cassettes audio de son enfance qu’il compte bien tracer un nouveau chemin, loin des démons et du commun. Une façon inédite et profondément touchante de construire à l’écran la reconquête de la vie.

 

          Kenza Lalouni

 

 

 

  • J’AI PERDU MON CORPS
  • Diffusion : depuis le 6 novembre 2022
  • Chaîne / Plateforme : Netflix
  • Réalisation : Jérémy Clapin
  • Avec les voix de : Hakim Faris, Victoire Du Bois, Patrick d’Assumçao, Bellamine Abdelmalek, Hichem Mesbah, Maud Le Guénédal, Nicole Favart, Quentin Baillot…
  • Scénario : Guillaume Laurant et Jérémy Clapin
  • Production : Marc du Pontavice
  • Superviseur de la 3D : Pierre Ducos
  • Montage : Benjamin Massoubre
  • Musique : Dan Levy
  • Distribution : Rezo Films
  • Durée : 1 h 21
  • Sortie initiale en salles : 6 novembre 2019

 

Commentaires

A la Une

Gladiator II : une bande-annonce épique et intense pour la suite de l’épopée historique

Ridley Scott nous replonge dans l’arène du Colisée de Rome, avec Paul Mescal pour marcher dans les pas de son… Lire la suite >>

Emmanuelle : La relecture se dévoile dans une bande-annonce sensuelle et mystérieuse

Le nouveau long-métrage d’Audrey Diwan, avec Noémie Merlant dans le rôle-titre, révèle les premières images de cette nouvelle version du… Lire la suite >>

RIP : Matt Damon et Ben Affleck à l’affiche d’un thriller criminel sur Netflix

La plateforme de streaming a récemment acquis les droits du film qui sera écrit et réalisé par Joe Carnahan, avec… Lire la suite >>

Robert Englund et John Carpenter, nouvelles étoiles du Hollywood Walk of Fame

Chaque année, plusieurs stars sont célébrées sur le Hollywood Walk of Fame. En 2025, plus de trente personnes le rejoindront…. Lire la suite >>

Here : un premier trailer prometteur avec Tom Hanks et Robin Wright rajeunis

Robert Zemeckis est de retour, avec Tom Hanks et Robin Wright après Forrest Gump, à travers l’adaptation du roman graphique… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 VICE-VERSA 2 1 585 965 3 5 435 773
2 LE COMTE DE MONTE-CRISTO 1 275 985 2 2 463 225
3 UN P'TIT TRUC EN PLUS 471 943 10 8 388 607
4 SANS UN BRUIT : JOUR 1 236 839 2 635 914
5 HORIZON : UNE SAGA AMERICAINE, CHAPITRE 1 121 617 1 121 617
6 BAD BOYS : RIDE OR DIE 119 058 5 1 121 610
7 ELYAS 102 095 1 102 095
8 LA FAMILLE HENNEDRICKS 56 475 2 176 686
9 POURQUOI TU SOURIS ? 56 283 1 56 283
10 BLUE LOCK THE MOVIE - EPISODE NAGI 54 674 1 54 674

Source: CBO Box office

Nos Podcasts