Inspiré de faits réels, le film raconte l’histoire extraordinaire et méconnue de la création du film Mary Poppins. C’est aussi l’histoire de la relation houleuse qu’entretinrent le légendaire Walt Disney et l’auteure P.L. Travers, une relation si tendue que le film faillit bien ne jamais voir le jour…

 

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Sans l'ombre de Mary afficheIl aura fallu plus d’un demi-siècle pour que la maison Mickey matérialise sur grand écran son fondateur, père et maître Walt Disney comme il aura fallu vingt ans à ce dernier pour parvenir à séduire l’auteure australienne Pamela Lyndon Travers pour obtenir les droits de son roman sur Mary Poppins. Cette légendaire nurse aux pouvoirs magiques a atteint la consécration dans la comédie musicale fantastique au succès retentissant dès sa sortie au cinéma en 1964, avec la grande Julie Andrews dans le rôle-titre, aux côtés de Dick Van Dyke et David Tomlinson en tant que Mr. Banks. Mais si Mary Poppins fait depuis partie intégrante de l’histoire du septième art, ce fut une toute autre histoire pour parvenir à monter cette œuvre mythique et ainsi remplir la promesse que Walt Disney avait faite à ses enfants. Et c’est ce que nous conte avec délice Dans l’Ombre de Mary, la promesse de Walt Disney (Saving Mr Banks), dont le récit, écrit par Kelly Marcel et Sue Smith, est issu de la Black List de 2011. Car il est question ici de retracer sur deux semaines la relation houleuse entre ces deux conteurs d’histoires, tout en plongeant dans les coulisses de la conception scénaristique laborieuse, basée sur des enregistrements réels, des différentes séances de travail, qui a vu naître en chair et en os au cinéma cette héroïne supercalifragilisticexpialidocious. Et qui mieux qu’Emma Thompson, après avoir déjà joué les nounous dans Nanny McPhee, pour incarner comme une seconde peau cette écrivaine revêche, irritable et à l’accent britannique très prononcé pour faire face à Tom Hanks en savoureux créateur de génie. Peut-être un peu trop lisse d’ailleurs car la caractérisation de cette personnalité aussi légendaire n’amène pas tant que ça de réelles dimensions inattendues.

 

SAVING MR. BANKS

 

Cependant, si PL Travers n’a jamais fait de concession face à ce magnat implacable de la machine hollywoodienne, elle n’a pourtant pas signé les droits lorsqu’elle a décidé à contrecoeur de se déplacer à Los Angeles, en raison des faibles finances et revenus des dernières ventes du livre, sans d’abord prendre la mesure de ce que Disney avait imaginé pour son film. Ainsi John Lee Hancock, qui a réalisé précédemment The Blind Side, permettant à Sandra Bullock de remporter l’unique Oscar de sa carrière, parvient non seulement à magnifier la performance de ce duo crédible, touchant et drôle qui nous dispense de toute caricature, mais aussi à le renforcer grâce au reste du casting. On salue ainsi la sympathie intrinsèque de Paul Giamatti en chauffeur de Travers qui réussit le premier à la dérider, l’obligeance de Bradley Whitford dans le rôle du coscénariste Don DaGradi, la fraîcheur naïve de Michelle Arthur en jeune secrétaire Polly et l’enthousiasme créatif de Jason Schwartzman et de B.J. Novak en frères Sherman, compositeurs émérites de plusieurs chansons mythiques comme Merlin l’EnchanteurLe Livre de la Jungle, Les Aristochats

 

Dans l'ombre de Mary

 

Toutes ces interprétations complètent joliment le tableau de cette œuvre colorée, inénarrable et intelligente renforcée par la partition musicale de Thomas Newman qui apporte sa touche de magie. Kelly Marcel et Sue Smith jouent d’ailleurs intelligemment sur cette corde sensible entre humour et émotion, avec beaucoup de subtilité. Si elles excellent à intégrer des morceaux iconiques de Mary Poppins, on peut néanmoins reprocher un trop plein de séquences en flashbacks – aussi belles soient-elles visuellement – sur l’enfance de Travers avec en particulier son père alcoolique (Colin Farrell), qui a inspiré le personnage de Mr Banks. Pourtant tout semble aussi pleinement mesuré par les coscénaristes, dans cette juxtaposition d’images où le temps et les souvenirs se libèrent de leurs écueils, emmenant Walt Disney à finalement comprendre les fondements de l’histoire de Mary Poppins et d’aider son auteure à s’en affranchir. Cette séquence paroxystique entre les deux protagonistes regorge d’émotion et d’intensité. Au final, Tous les éléments apportés à Dans l’Ombre de Mary parviennent à redonner de l’élan et surtout une dimension plus affective à ce classique musical du cinéma des années 60 qui a bercé de nombreuses générations.

 

 

 

DANS L’OMBRE DE MARY, LA PROMESSE DE WALT DISNEY (Saving Mr Banks) de John Lee Hancock en salles le 5 mars 2014 avec Emma Thompson, Tom Hanks, Colin Farrell, Paul Giamatti, Jason Schwartzman, Bradley Whitford, Annie Rose Buckley, Ruth Wilson, BJ Novak, Rachel Griffiths, Kathy Baker. Scénario : Kelly Marcel, Sue Smith. Producteurs : Alison Owen, Ian Collie, Philip Steuer. Photographie : John Schwartzman. Décors : Michael Corenblith. Costumes : Daniel Orlandi. Montage : Mark Livolsi. Directeur artistique : Lauren E. Pilizzi. Musique : Thomas Newman. Distribution : Walt Disney. Durée : 2h.

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